‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 23 sur 380 · LIVRE I". CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I". CHAPITRE IV

cale d'offrir au nouvel empereur la main dlrène, et de lui faire entrevoir la possibilité de réunir^ par cette union , sous le même sceptre , les deux empires d'Orient et d'Occident.

Charles était alors maître de toutes les Gaules ^ de la Germanie et des régions nordiques où n'av'ait jamais pénétré l'aigle romaine. La Pannonie, une partie de l'Espagne^ la Lombardie^ Rome enfln , cette ancienne maîtresse du monde ^ reconnaissaient sa souveraineté.

La vaste ambition de Gharlemagne s'émut un moment à l'idée de tenir sous sa loi le double et gigantesque empire rêvé par Irène. On dit que l'ambassade renvoyée par ce prince à G)nstantinople, eut lieu de flatter l'impératrice; mais Nicéphore y patrice et grand trésorier , soulevant tout à coup les familles puissantes, blessées Je ce qu'on diminuait les revenus de leurs charges pour se ménager l'affection des peuples parla réduction des impôts, mit fin à ces chimériques projets. Il se saisit de la couronne , fit arrêter l'impératrice, et la relégua dans l'île de Lesbos où elle mourut peu de temps après.

Irène avait régné seule pendant cinq ans : c'est la première femme qui ait occupé , en son nom, le trône des Césars.

Gharlemagne, après avoir passé l'hiver k

i i i PREMIÈRE ÉPOUtE.

Home; se rendit à Spoletti (1) et à Ravenne, où , pour assurer le bien-être des peuples dltalie et réprimer bien des abus y il publia quelques nouveaux décrets qui furent ajoutés au code des lois lombardes.

Plusieurs de ces édits ne mentionnent le concours ni d'un synode^ ni de Pépin, que Tempereur réduisait souvent à être plutôt roi de nom que de fait (2).

C'était une faute : quand vous créez une dignité, une charge quelconque , si vous voulez que celui qui en est investi impose aux hommes , aux peuples qui ressortent de son autorité j commencez vous-même par ne pas empiéter sur ses droits et ses prérogatives. Ne point agir ainsi peut quelquefois être sans danger pour le moment, mais l'exemple est presque toujours fu-

(i) Pendant le séjour de Tempereur à Spoletti , oo ressentit , en Italie , leg secousses de ce fameux tremUement de terre qui , entre autres grands dommages , occasioniia la chute de presque toute la toiture de la basilique de Saint- Paul, à Rome. Ce fut, selon plusieurs historiens, par suite de ces désastres et pour cahner la colère céleste , que le pape Léon institua , à Rome , les Rogations, pour les trois jours qui précèdent la fête de V Ascension. Cette cérémonie existait en France depuis le V siècle. Giulini en fait remonter rétablissement aussi à cette époque pour Milan.

(2) Il est même à remarquer que» dans la plupart de ces capitulaires , Tîtalic n*est considérée que comme une province de Tempire. Cunctis reipublica ministris per pravinciam italiiP à nostrà mansuetudine prcppositù.

La présence de Charlemagne en Italie ne fit que suspendre ces hostilités.

Pépin vint en 801 mettre le siège devant Chieti, dans les Abruzzes (1). Ses attaques furent si vigoureuses que la place et tous les châteaux qui en dépendaient, tombèrent en son pouvoir. La ville, livrée à la licence des soldats lombards , fut le théâtre des plus tristes excès et devint la proie des flammes. Roselmo, qui en était le gouverneur pour le duc de Bénévent , fut chargé de chaînes et envoyé à l'empereur qui l'exila loin de l'Italie.

L'année suivante , Pépin s'empara de la ville d^Ortona dans les Abruzzes ; il força la place de Lucera ou Nocera, dans la Pouille, à se rendre après un long siège ; il y plaça garnison lombarde , et la défense en fut confiée à Guinechis, duc de Spoletti. A peine le jeune roi s'estil retiré de la Pouille que Grimoald se porte, en toute hâte, sur Nocera, qu'il emporte d'assaut malgré la plus héroïque résistance; Guinechis tombe aux mains du duc de Bénévent qui, par les égards dont il comble son prisonnier, lui adoucit

(1) Et non Rieti, ville du duché de Spoletti , comme le prétendent quelques historiens. (Mi ratori , Ann. d*ltaL, onitoSOi.)

fleur de l'âge sa brillante carrière; il le suivit de près au tombeau. Le père dut survivre au fils ! La Lombardie entrevoyait de longs jours de calme et de prospérité sous ce sceptre tutélaire j quand elle dut se couvrir de deuil et pieu* rer un jeune monarc[ue ravi à son amour dans l'éclat de nouvefiux triomphes.

Les dernières années de Pépin ne furent ni moins remplies ni moins glorieuses que celles qui les avaient précédées. Deux expéditions entreprises , l'une pour l'utilité de l'Italie toute entière, l'autre plus particulièrement dans l'intérêt de la domination des Francs dans la Péninsule (1), couronnèrent dignement cette intéressante et noble vie.

Dès l'année 804, Alhacan, roi de Cordoue,

die plus ? Jamais La puissance formidable des Francs ne. put parvenir à Le soumettre,

(1) D*après le cardinal Baronius et Baluzius, le royaume de Pépin devait comprendre :

La Lombardie, Venise, OU PLUTÔT LA VÉNITIE, la Bavière et une partie de l'Allemagne.

Jobannes Lucius * en fait aussi dépendre l'Istrie, ta Dalmatie , et une partie de la Pannonie et de VEsclavonie.

Un historien des archevêques de Milan ^ du nom , ou qui a pris le nom de Jean de Deis , raconte que le pape ayant été faire une visite , en 806 , à Charlemagnc , Tévêque de Milan accompagna le souverain pontife dans ce voyage, et que le métropolitain lombard obtini de Tenipe-

* JohaniiPft Ltcius tle regno Dalmal. Lib. i '. - Mlratori, aiui. H'It,, Tom. IV, p. ^99. nwHoSOf).

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