LIVRE r'. — CHAPITRE III
d'évêques et de seigneurs de I^ombardie. Muralori pense que les grands du duché de ^M)letti s'abslinrent de sanctionner ce choix par leurs suffrages^ attendant l'issue de Taventureuse tentative de leur duc.
Amolphe avait déjà reçu les hommages de la plupart des nouveaux rois qui s'étaient partagé les lambeaux de la France. Ce prince n'eut pas (dus t6t appris l'élévation de Bérenger qu'il réunit des troupes pour marcher sur la Lombardie. fiérenger se hâte de lui envoyer d'humbles messages; mais Amolphe veut plus que des actes de soumission par ambassadeurs j il exige que Bérenger lui-même vienne au pied du trône de Germanie lui faire hommage de la cou-
» front des rois de Lombardie, et quand il ajoute que Charn lemagne prescrivit que cette solennité aurait lieu à IVIonza.
» Cette opinion n*est pas vraisemblable sous plusieurs •• rapports.
» Parmi tant d'écrivains contemporains qui racontent les • faits et actions de ces divers princes, il n'en est aucun qui •> ait parlé de Monza à propos de leur couronnement.
M Je parle de Charlemagne et de ses s^CiE^sseurs, dit tou- « jours rhistorien milanais; (]|uant aux rois lombards et » gotbs , il est certain et prouve qu'ils ne se faisaient pas I» couronner en prenant possession du royaume.
» Cassiodare et Paul, dans la description de cette céré- » monie, ne font point mention de la couronne.
» Restent les rois d'Italie du temps de Maximien Aun gmte : cette distraction de l'historien est par trop étrange » et ne peut que faire rire à ses dépens tout homme qui a » quelque teinture d'une bonne érudition. »
\ità l>fiUXliME ÉPOQUE.
ronne lombarde et se reconnaître son inssal; c'est à ce prix seul qu'il consent à confirmer $a royauté.
Bérenger, que menacent les approches d'mie armée formidable j et qui ne peut compter sur l'assistance de tous les grands d'Italie ^ dont le secours lui serait si nécessaire pour conjurer l'orage qui se forme en Germanie contre lui, Bérenger quitte sa capitale et va porter rhommage de sa vassalité à la cour de Trêves.
«( Dans la marche de la société , » dit un pu* bliciste (1) moderne , « tout se tient ^ tout est » indissolublement lié ; l'effet de la veille deïf vient cause du lendemain. Il n'y a pas dam » l'histoire des faits généraux un jour qu'on se » puisse imputer à celui qui l'a précédé. »
Si Bérenger n'avait pas fait fléchir le genou de sa jeune royauté devant le bâtard de Carloman , en qui Rome ne voulait voir qu'un simple roi de Germanie tant qu'il n'aurait pas reçu h couronne d'empereur de la main d'un de ses pontifes , certains successeurs d'Arnolphe n'auraient pas songé , par la suite des temps ^ à exiger foi et hommage de la part des princes d'Ita-
(1) M. DE Barantk , Des Camrtuines et de l'Amtotratie , p. 35.