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mois de durée, est marqué par une scène odieuse. Etienne rassemble un concile d'évéques et de prêtres dignes de lui ; il fait exhumer le corps du pape Formose et commande qu'on l'apporte au milieu de l'assemblée. Le cadavre est placé sur un siège apostolique, près d'un avocat chargé de sa défense.
« Êvéque de Porto y » dit d'une voix menaçante le pape Etienne à ces restes inanimés , « pourquoi l'ambition vous a-t-elle fait usurper » le siège de Rome ? »
Après ces paroles qui tiennent lieu de sentence , on dépouille le cadavre des vétemens sacrés qui l'ont suivi dans la tombe ; on lui coupe la tète et trois doigts , et on jette dans le Tibre cette tête qui a porté la tiare. Tous les évéques ordonnés par Formose sont dégradés par Etienne. Chassé bientôt du siège pontifical qu'il souille et déshonore , ce déplorable pape est jeté dans une prison où il meurt étranglé (1).
Romain, Gallesin et Théodore ne font que s'asseoir et passent inaperçus sur la chaire de saint Pierre , qui enfin est dignement occupée
(I) (ia|)tus et ipsc, sacraque abicclus ab oede , leuebris carceris iuicitiir, vindis (iiieinnectiluratris, et suiïocaluni ciiido premit iiltio lelo. (FKumjARi), aiiii. 897.)
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par Jean IX, pontife d'une grande sagesse et d'une admirable piété (1).
Mais cette élection ne s'est pas oonsommée sans obstacles ; Jean IX a rencontré un dangereux compétiteur dans Serqins, qui , yakicu ei chassé de Rome j cherche à son schisme un refuge en Toscane, auprès du marquis ou duc Adalbert.
La Toscane se reconnaissait vassale de Lambert ; le fils de Guy s'était prononcé ea CaiYeur (le la candidature de Jean IX. Bientôt les bruits d'une révolte du duc Adalbert, fomentée par les intrigues de Sergius et Tambition de Berthe, sa femme , fille de la femeuse Waldrade et de Lothaire de Lorraine (2) , viennent arracher le jeune empereur au repos qu'il goûte depuis quelques mois dans sa villa de Marengo (3).
Lambert, qu'ont aguerri trois ans d'une vir belliqueuse, réunit à la hâte une centaine Av cavaliers pour les opposer à Tarmée peu nombreuse d'Âdalbert qui ose marcher sur sa capitale. Il attaque les Toscans à l'improviste et pendant la nuit, près de Borgo-san-Donino , enirf
(1) Bkuadlt-Bercastki., Hist. dvVEgl., T. \. p. li^ ^\ sniv. — Mlhatori, T. v, p. 208.
(2) MimATORi. Ann. (Cit., T. v. p. 207, aiino «98. ^3) f;iriJNi, lib. îx.
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Parme et Plaisance (1), les met en pièces, et fait prisonnier l'imprudent Adalbert qu'il conduit à Pavieen triomphe. De là il se rend à Ravennes pour conférer avec le pape Jean IX, qui loi fait approuver les actes d'un concile récemment tenu à Rome. Ce concile condamnait les violences scandaleuses d'Etienne YI à Tégard du pape Formose, et le schisme de Sergius.
De son côté j jurofitant de sa position de protecteur à l'égard du pontife j et attribuant les désordres suscités par l'amlntieux rival de Jean IX à la violation des coutumes introduites par les premiers empereurs francs, Lambert fait reconnaître'expressément par le concile l'obligation, pour les papes nouvellement élus, de ne pas se faire consacrer avant l'arrivée et sans l'agrément des commissaires impériaux. On se rappelle que ce jeune souverain de la moitié du modeste royaume de Lombardie, avait été sacré à Rome par le pape Formose , et portait le titre pompeux mais toujours plus compromis d'empereur. II fallaitque, par suite du schisme de Sergius, les désolations de l'Église de Rome fussent bien grandes pour la rendre humble au pointile laisser revendiquer, par un princed'aussi
(1) MURAIORI,
médiocre importance, les droits des empereurs d'Occident y et pour lui reconnaître solenndlement des prérogatives que les papes cherchèrent si souvent à éluder sous lé^ règnes des premiers descendans de Charlemagne, dans toute la splendeur de leur puissance impériale.
Il faut que, dans ces tristes momens, Tabandon dans lequel languissait TËglise fût extrême, pour que nous la voyions réduite à demander b protection du jeune Lambert et s'en faire une égide contre ses ennemis.
On lit dans Bérault-Bercastel :
« 11 s'était introduit un bitrn grave abus à » Rome , savoir : qu'à la mort du pape on pillait » le palais pontifical , d'où le brigandage se ré- » pandait par toute la ville. On dépouillait de » même les maisons épiscopales à la mort des » évoques.
M Le concile de Rome ne se contenta pas de » défendre ces honteux pillages, sous peine » des censures ecclésiastiques; il menaça les » coupables de tonte Vindignation de l'empe- » reur(i). »
,1; Uisi. de iÉyi , r. v, liv. xwui (898). — Mlr.AiORl, T. \, p. 209. Quod quid facere p-ttsumerit, non soiuin ecvlesiasticn censura, sed etiani impériale imftqnalione feriatur.