‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 271 sur 380 · LIVRE II. — CHAPITKE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITKE II

A une autre époque, nous avons vu de ces sortes d'injonctions et de menaces; ceux qui portaient alors le titre d'empereur étaient autrement puissans et redoutablesque le fils de Guy ; leurs menaces empêchèrent rarement les abus qu'elles avaient pour but de réprimer; en sorte que j moins que jamais , on dut appréhender de s'attirer le courroux impérial alors que le trop peu redoutable Lambert portait le titre d'em-pereur.

Le jeune monarque se hâta de reprendre y après le concile j le chemin de sa villa de Marengo, pour se livrer aux plaisirs de la chasse, sa passion dominante. Il ne croyait pas, le malheureux prince , courir à la mort , à une mort misérable et prématurée.

Nous avons vu que , lors de la réduction de Milan par Lambert, Maginfredo avait subi le dernier supplice, et que l'on avait crevé les yeux à un fils et au gendre de ce comte. Maginfredo avait un autre fils que le vieux. Landolphe appelle Azzone , mais à qui Giulini et Verry, d'après Liuthprand, donnent le nom d'Ugone ou Hugues. C'était un enfant : sa grande jeunesse intéressa I^ambert, qui l'épargna , l'attacha à sa personne , et finit par l'affectionner au point de le vouloir constamment à ses côtés.

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et de lui donner, en dé{Mt de renvie, la diargt* de comte de Milan qu'avait occupée son père (I).

Un jour, dans une partie de chasse, le corps du jeune empereur fut trouvé gisant par terre et sans vie au fond d'une épaisse forêt.

On ne sut alors et l'on ne sait pas encore d'une manière précise ce qui occasionna cette mort inattendue. Lambert n'avait auprès de loi, dans ce moment , que Hugues , le fils de Maginfredo y le fils de son ancienne victime I

Hugues raconta que l'empereur, courant de toute la rapidité de son cheval contre une béte fauve, était tombé, s'était brisé le cou, et qu'il avait trouvé la mort dans cette chute.

On crut , dans le premier moment, à l'exactitude de ce récit ; mais Liuthprand affirme que le jeune Hugues, exempt plus tard de toute crainte, et peut-être pour acquérir des droits aux faveurf: de Bérenger qui, au bruit de la mort de Lambert, s'était rendu à Pavie et s'y était fait proclamer roi de toute la Lombardie , donna à Bérenger lui-même d'autres détails sur cet événement.

Voici ce que Liuthprand et d'autres auteurs après lui, racontent à ce sujet (2).

(1) LiuTHP., lib. I**, cap. xxii. — GiULiNi, T, n, la

— VKRRY, t. I", p. lU. — MURATOR], T. V, p. 2H. anno 898. — Chron, novai. Part. Il, T. il. Rer. ital.

(2) Verry, t. !•', p. 11^1.

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Lambert y fatigué de la chasse ^ s'était couché à terre pour prendre un peu de repos et de sommeil. Hugues se trouvait seul auprès de son jeune souverain. Oubliant toutes les bontés dont Lambert lavait comblé , ne $e souvenant que de la mort violente de son père et des cruels traitemens infligés à sa famille, le fils de Maginfredo se saisit d'un bâton et en frappa violemment à la nuque l'empereur endormi.

Le vieux et crédule Landolphe raconte , de son c6té, que Hugues, au lieu d'un bâton, se servit d'une grande épine pour donner la mort à son bienfaiteur. II ajoute que cet événement eut lieu f non dans les environs de la uilla de Ma-^ rengo, mais dans le territoire de Modène , près d'un lieu qui, depuis, reçut le nom de Spinu-^ Lamberti , et que l'on nomme aujourd'hui par altération Spilamberto.

Si le nom de Spilamberto n'a pas d'autre origine connue que celle que lui a façonnée le bon Landolphe, nous pensons qu'elle est encore à trouver.

Certes, Hugues étant à la chasse, aurait pu^ pour consommer son abominable dessein , faire usage de toute autre arme que d'une grande épine; mais il lui importait de ne point laisser de trace sanglante de l'attentat , et la blessure

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nécessairement faite , soit par la grande éjnne , soit par toute arme à tranchant ou à pointe, aurait témoigné contre son récit qui , d'abord, laissa chacun conyaincu que Lambert s'était rompu le cou en tombant de cheval.

Quant au lieu de réyénement, l'erreur de Lândolphe nous paraît manifeste.

Les décrets de Lambert , en date des derniers jours de septembre j sont expédiés de Marengo: tout tend à établir que ce prince périt dans les premiers jours d'octobre, et qu'il habitait encore cette résidence , comme l'affirme Liathprand , quand il fut assassiné.

Il est à remarquer, qu'à dater de la mort de Lambert, le nom de Hugues ne paraît plus dans les annales de l'histoire , si ce n'est toutefcHS sous la plume du bon Lândolphe.

Cet écrivain raconte, qu'aussitôt après le meurtre de l'empereur, Hugues, montant sur le cheval de sa victime ( sans doute, observe ironiquement Giulini , parce qu'il valait mieux que le sien), se serait porté précipitamment à Milan, dont il aurait, de concert avec l'archevêque, Êiit relever les murs d'enceinte ruinés par Lambert.

Nous avons dit déjà que cette destruction des murs de Milan, par le fils de Guy, n'eut lieu que dans la crédule imagination de I^andolphe.

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