LIVRE 11. CHAPITRE II
sont porteurs jettent la stupeur et la désolation dans le camp des barbares ; tout espoir de salut leur est enlevé; leurs femmes , leurs enfans vont devenir comme eux la proie d'un inflexible vainqueur. Dans ces momens extrêmes le désespoir a des inspirations qui semblent dominer le sort et maîtriser la fortune.
Vna salus victis , nullam sperare salutem : a Vaincre ou mourir ! » Tel est le cri suprême de ces hordes réduites aux abois.
Tandis que les Lombards se livrent sans aucune appréhension de danger, à la joie des festins, que leurs groupes épars et délivrés du poids de leurs armes, font résonner Tair de leurs chants joyeux , que leurs coupes se remplissent et se vident à la ronde, et que de spiritueuses liqueurs joignent à l'enivrant espoir de rinfaillible victoire qui les attend, une exaltation dangereuse , les barbares , comme une mer qui a brisé ses digues, se précipitent avec fureur au milieu de leurs fêtes ; de bachiques refrains retentissent au loin encore , que déjà le sang ruisselle dans une partie du camp des chrétiens; aux chants succède un long cri de destruction et d'épouvante. Tout fuit en désordre et sans armes; les Hongrois s'attachent aux pas des fuyards qui jonchent la terre de leurs morts. Ce
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A celte apparition désespèrent de Ç^ contre Fanaée ' /^ ?
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breuse que Xf'J^ ^ en retraite ./ >^
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s ; leur férocité . de Téminencedes a conjurés, et de la ler- . pour eux a précédé le Iriom-
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™*® Aies , les églises , les couvons sont dé- ^ ,cs et pillés. Des comtes , des évoques, parmi '^quels on cite l'opulent Luitward de Vorcelli. est ancien favori de Gharles-le-Gros , sont dépouillés de leurs richesses et mis à mort.
Gorgés de sang y chargés de trésors et do rapines, les Hongrois retournent Tannée suivant»" chez eux j formant de nouveaux projets d'invasion dans cette belle Ix)mbardie dont la route leur est enfin connue.
Un désastre arrive rarement seul , il en entraîne d'autres à la suite. Qu'un malheur déflore une couronne ; que la main de l'adversité frappe une fois seulement à la porte d'un roi, Tinj^ralitude et la sédition sont là pour y heurter aussi lût après.
L'inconstanco des Italiens trouve un aliin«'ni
■:l) MlRATOKi. Ami. (rif., T. \, p. 218.
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\ défaite de Béreoger. Cet esprit
^ait peut-être^ à la vérité, que
^ 1,1e roi de Lombardie au-
"^ ontré la révolte sur ses
., il Teût étouffée; vaincu, il qu'elle, .ait cette malheureuse expédition de Bé-
.^er contre les Hongrois, des prélats, des seigneurs avaient fomenté une sédition nouvelle et conspiré la ruine du roi de Lombardie. Parmi les principaux factieux Qgurent Sigifredo qui lui devait le comté de Milan , et le gendre même durci, Âdalberty marquis d'Yvrée (1).
Profitant de son absence et de la confusion qu'ont amenée ses revers , les conjurés appellent à Pavie le roi de Provence et de la Basse- Bourgogne , Louis , fils de Boson et petit-fils , par sa mère, de l'empereur Louis IL Le jeune roi se hâte de passer les Alpes à leur voix , et reçoit dès son arrivée dans la capitale , la couronne de Lombardie, sans qu'aucun serviteur ou ancien ami de Bérenger prenne la défense de son maître absent.
Abandonné de toutes parts, Bérenger, dont un bien petit nombre de fidèles suit la mauvaise
(1) Âdalbert était l'époux dr Ghisla ou (iiSETJ.E, fille dr Bérenger.
fortune, n'a d'autre parti à prendre, dans le premier moment , que de s'enfermer à Vérone; mais là , la défection appauvrit encore les rangs si clairsemés de ses partisans. Son jeune rival l'y poursuit, l'en chasse et l'oblige à chercher un nouveau refuge en Bavière , auprès de Louis IV {l).
Louis lY était un enfant de sept ans (2). A h mort de son père Ârnolphe, quelques seigneurs et évéques de la Germanie l'avaient proclamé roi et empereur des Romains , et cette espèce de diète avait écrit au pape :
« Nous avons élu tout d'une voix le fils de )) notre seigneur, bien que très jeune; nous » avons voulu conserver l'ancienne coutume, » suivant laquelle les rois des Francs sont tou- » jours de la même race. »
Rome voulut bien reconnaître dans Louis IV le roi de Germanie , mais non un successeur de Charlemagne à l'empire. Rome était lasse de voir des Marcomans, des Cattes, des bâtards, prendre le titre d'Auguste. On s'y indigna, on ne put qu'y sourire de pitié quand vint la nouvelle que, sur les bords du Mein, dans un village barbare nommé Fourkiem ou Forcheim , le &h
(4) MimAJoni, r. V, p. 2T6.
(2) PiiFFEND., His(. unit., T. n, liv. v, c. il, aiiij. 900.