‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 274 sur 380 · LIVRE 11. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CHAPITRE

d'un bâtard y un enfant avait été proclamé empereur des Romains, titre que Charlemagne, ses descendans et Ârnolphe lui-même , étaient venus chercher sur les bords du Tibre et sous les dômes sacrés de Saint-Pierre.

Le fils de Boson met à profit ces dispositions hostiles du pontife de Rome à l'égard de la cour de Trêves.

Guy, duc de Spoletti , et à peine roi de Lomhardie, a osé ceindre le diadème impérial; pourquoi , lui , roi de Provence , de Bourgogne et de Lombardie ; lui , le fils de Boson et d'Hermengarde; lui, le petit-fils de l'empereur Louis II, n'aspirerait-il pas au même honneur ?

Louis de Provence s'en va donc trouver à Rome le successeur de Jean IX... Benoit /V occupait le Saint-Siège Sans hésiter, et sans

doute pour braver la cour d'Allemagne, comme déjà un de ses prédécesseurs l'avait fait en proclamant Guy empereur, malgré la décision de la diète de Tribur, Benoit IV, en dépit cette fois du récent résultat de la réunion de Fourkeim , pose la couronne des Césars sur le front du fils d'Hermengarde (1).

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Liuthpraud raconte qu'après son sacre, le nouvel empereur visita la Lomhardie, et qu'ayant parcouru toutes les provinces de son nouveau royaume y il lui prit envie de voir aussi la Toscane. Âdalbert II en était le duc : Berthe, sa femme, Berthe, Torgueilleuse fille de Waldrade, avait entouré d'éclat cette petite cour ducale, foyer d'élégance et d'intrigues. Tout y fut disposé cette fois pour faire un brillant accueil au nouvel empereur. Les troupes toscanes , dit toujours Liuthprand , réunies sur le passage de Louis , furent si imposantes par leur nombre et la richesse de leur tenue ; princes et coiirtisaiis déployèrent pour cette solennité tant de luxe, tant de magnificence et de pompe , que Louis de Provence laissa, dans un entretien confidentiel avec ses familiers , échapper ces mots qui , bientôt divulgués et mal commentés, devinrent pour lui une fatale imprudence :

(( Cet Âdalbert devrait plutôt prendre le titre » de roi que celui de duc ; car il ne lui manque » rien de ce que j'ai, si ce n'est le nom de rci » ou d'empereur. »

Ce propos fut partout redit : Adalbert et sa femme crurent y entrevoir un trait d'emie el peut-cMro d'ironie el de blâme. C'en fut assez pour l'espril ombrageux de Berthe; ses inlri*

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