‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 276 sur 380 · LIVRE II. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE

se charge de nouveaux nuages; Bérenger, au milieu de ses travaux de restauration sociale j est atteint par une grave maladie (1). Louis de Provence , à cette nouvelle , oublie le serment qui, Tannée précédente , a désarmé le ressentiment de son vainqueur ; il rassemble en toute hâte des troupes nombreuses qu'il conduit au delà des Alpes ; il s'empare de Pavie, que Béranger , miné par la souffrance , n'a pu lui disputer , et il marche sur Vérone où s'est réfugié son rival. La trahison lui ouvre les portes de cette place ; Bérenger n'a que le temps de fuir, et va cacher sa tête mise à prix , dans une retraite ignorée qui échappe à toutes les recherches de son ardent compétiteur.

Le jeune empereur se félicitait du succès de son parjure et se reposait de ses fatigues , quand le bruit de la mort de son rival vint compléter la sécurité que lui avait donnée son facile triomphe ; ce bruit n'était qu'une ruse de Bérenger et de ses partisans.

Louis se croyant enfin , par cet événement , mattre absolu et sans compétiteur du royaume de Lombardie , dissémine ses troupes , prolonge son séjour à Vérone et y vit quelque temps dans une parfaite confiance. Mais l'ennemi veille dans

(1) MiTRATORi, ihid., ann. 90/i.

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pour les y replacer encore, des princes jooets et victimes de leur capricieuse versatilité; et cela au mépris des sermens , des bienfaits reçus, et des liens de famille les plus sacrés.

Délivré de l'empereur Louis y Bérenger se hâta de faire rentrer la Lombardie dans la voie qu'il lui avait tracée, et d'où l'avait détournée cette collision récente : voie de repos, de restauration et de prospérité, s'il n'eût encore racontré des entraves ; les Hongois , les Sarrasins, de nouvelles rivalités à combattre, des séditions toujours renaissantes à réprimer, vinrent au^;menter les travaux et les difficultés d'un règne qui eut et ses fautes et ses phases glorieuses. Selon Andréa Dandolo (1) , les Hongrois ayant de nouveau pénétré en Italie , l'année qui suivit le désastre du fds de Boson , Bérenger aurait envoyé, pour les combattre, vingt mille hommes, dont un bien petit nombre serait échappé à b rage de ces meutes acharnées. Le roi de Lombardie , pour sauver ses États de leurs dévastations, leur aurait, toujours au dire de Dandolo, fait l'abandon de riches trésors. Il est à croire que cet auteur confond les époques et que le

(1) Dandul., In Chron., T. xil. — MUKATOKI, R^ ùaL, ann. 906.

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