LIVRE 11. — CHAPITRE
rés osèrent ceindre la tiare y le bruit confus des sectes sembla s'apaiser^ et la voix des hérésies se tut comme pour ne pas susciter de trop grandes épreuves à l'Ëglise si tristement travaillée au fond de ses propres entrailles. Chose étrange ! jamais le respect des peuples ^ des rois et du clergé pour le Saint-Siège ne fut plus grand qu'en ces temps malheureux où le bercail de la chrétienté fut confié à d'indignes pasteurs (1)!.. Le secret de cette puissance indestructible ne pourrait s'expliquer si on le cherchait dans dos combinaisons terrestres et des calculs humains. Benoit IV j qui eut à peine le temps d'acquérir des droits à la vénération et aux regrets de la chrétienté 9 légua (2) le siège de Rome à Léon V que renversa l'ambitieux Christophe après deux mois de pontificat , et qui expia dans un cachot où il mourut, l'honneur d'avoir occupé le siège des pontifes. Six mois après (3) , l'usurpateur était à son tour dépossédé par SergiuSj ce prêtre turbulent, rival audacieux de Jean IX, et dont sept ans d'exil n'avaient fait qu'irriter l'ambition. Si l'on en croit Liuthprand , Marosie, fille du marquis ou duc Adal-
(1) Hist. de rEgl., par R.-B. , T. v, liv. xxviii, p. 1.
(2) Année 90:J.
(3) Année 90^.
bert (1) dont la cour avait servi d'asile à Sergius; Marosie, devenue si célèbre par sa beauté, le dérèglement de ses mœurs et son habileté dans les affaires^ aurait été d'un grand secours à ce prêtre proscrit pour s'établir sur la chaire de Rome.
Cette femme, selon le même historien, n'auait fait en donnant la couronne pontificale à Sergius y que couronner un amaat aussi débaudié qu'elle , et poser les bases de sa propre puissance dans la capitale de la chrétienté.
Muratori repousse ces imputations comme injustes ; il cite Frodoard, écrivain coQtemponiB de Liuthprand j et oppose l'opinion du premier de ces historiens aux récits injurieux de l'écrivain lombard qu'il accuse de légèreté y de passion, et surtout do cette jalousie qui fait de l'avilissement des grands noms le triomphe et la joie des esprits médiocres.
Nous croyons que Sergius ne manqua pas de quelques grandes qualités comme prince ; nuis à nos yeux j comme pour Jean X, attaqué aus^ bientôt après par Liuthprand , le blâme d*élre monté au trône pontifical avec le concours d'une Tomme intrigante et justement décriée, pèsesur sa mémoire. Une honteusf^ soudure accole pour
T' Killc du premier lit.