LIVRE IK — CHAPITRE III
tre leurs attaques furieuses que de solides et infranchissables remparts. Plus que jamais on sentit dans ces temps de crise le besoin d'enceintes bastionnées , derrière lesquelles y à la première alarme , les familles et les richesses mobilières pussent trouver un abri»
I^a Lombardie y moins harcelée que les provinces méridionales par les Sarrasins^ mais plus rapprochée des Hongrois du côté du Nord y ne se montra pas moins empressée que le reste de la Péninsule de pourvoir à sa sûreté en se couvrant de murailles crénelées et de châteaux forts. Tandis que le royaume de Bérenger complétait ce système de défense pour son territoire y en présence des Hongrois qui^ immobiles sur sa frontière, semblaient attendre un signal de l'intérieur pour se mouvoir et attaquer, les Maures, campés sur les bords du Garigliano , l'œil constamment ouvert sur les contrées qui les avoisinaient , portaient la sape et le feu partout où commençaient à s'élever ces refuges tutélaires.
Aténolphe I*% prince de Bénévent et de Capoue , tenta vainement de repousser et de réduire ces barbares. Un jour ayant fait établir un pont de bateaux à TraghettOy il traverse le Garigliano et attaque vivement les Maures qu'il met en déroute complète ; l'ennemi, secouru par des
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habilans de Gaëic , se reforme dans ses lignes, reprend l'offensive et se jette à Fiinprovisie , pendant la nuit^ sur le camp des chrétiens dont il fait un grand carnage; mais les troupes d'Aténolphe se rallient près du p^nt et tiennent tète aux assaillans avec une vigueur telle que les Sarrasins retournent en toute hâte vers leurs retranchemens (1).
La guerre continua ; le prince de Bénévrat se sentant trop faible pour la soutenir seul, songea à invoquer quelque puissant secours.
Le roi de Lombardie eût été peut-être en mesure de faire revivre pour toute l'Italie les beaux temps de Louis II ; mais Aténolphe avait été long-temps l'égal dé Bérenger, et il répognvl
à son orgueil d'invoquer cette protection
Quelque vernis de générosité et de désintéressement qu'on emprunte pour rendre un service, trop souvent on s'en paie par l'abaissement et la confusion de l'obligé. A cette époque on h force tenait lieu de tout^ et où la féodalité enlaçait de ses réseaux de fer le feible et Toppriiné dont elle se constituait la protectrice, demander l'aide d'un grand , c'était en quelque sorte faire acte de vasselage , et le prince de Bénévent ne
(1) Leo OsTiENSisJib. Il, cap. L, cîté par .^li;RATOiti. Atm. dit., T. V, p. 238, anno 908.