LIVRE 11. — CHAPITHE Ifl
voulut pas se constituer le vassal de Tancien duc de Frîoul,
Un recours au roi de France eût sans doute moi^s blessé l'irritable susceptibilité de Liandolphe; mais , nous venons de le voir^ la France, à force d'avoir des rois, n'en avait aucun; la Germanie avait eu trop à se plaindre de Rome lors de l'élévation au trône impérial de Louis IV, pour que la Péninsule, dans un aussi grand péril, osât recourir à la cour de Trêves, que, du reste, la mort d'Amolphe et la grande jeunesse de son successeur avaient jetée dans bien des embarras.
Léon-le-Philosophe occupait le trône d'Orient. Aténolphe tourne les yeux vers ce monarqpuye et lui envoyé un de ses fils.
Léon , séduit par l'espoir bien suranné et tou- ^)urs déçu de relever en Italie la puissance de Constantinople , accueille le jeune prince avec de grandes protestations d'amitié et de brillantes promesses de secours (1).
Aténolphe mourut l'année suivante (2); son Qls Landolphe revint de Constantinople tout glorieux d'en rapporter le titre de patrice en échange de l'hommage qu'il avait fait à la cour d'Orient de la souveraineté de ses États (1). La
(1) LEO OSTIENSIS, Chon., liv. I, C. Ml.
(2) Mdratori, t. y, p. 2/i2, ann. 910.
208 DEUXIÈME ÉIK>QI)E.
mort de Léon^ qui suivit de près celle du prince de Bénévent , vint ajourner raccomplissemait des promesses que cet empereur avait prodiguées à Landolphe. Les Maures continuèrent donc à désoler impunément la malheureuse Italie ; et pendant quelques années , on vit les papes eoxmêmes laisser la Péninsule en proie aux {dos affreux désastres sans songer à plaider, auprès des puissans de la terre , la cause de la chrétienté. Sergius étant mort, Landon lui succède: après Liandon vient Anastdse IIL Ce pape qui ^ comme son prédécesseur, ne laisse aucune trace de son passage au trône pontifical , fait phce enfin à Tarchevéque de Ravennes qui, à Texanple de Sergius, quittant , contrairement aux kris et aux règlemens canoniques , son siège épiscopal , et poussé sur le trène de saint Pierre par les intrigues d'une femme impudique s'est rendu célèbre sous le nom de Jean X.
Nous avons dit que selon Liuthprand et plusieurs historiens après lui, Jean X n'aurait eu pour atteindre à ce faite des grandeurs de l'Ëglise, d'autre titre qu'une figure remarquablement belle, et un commerce criminel avec Théodora, sa protectrice.
(1) Ibid., p. 2!i5, aiino 911.