‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 285 sur 380 · LIVRE Ih — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE Ih — CHAPITRE III

Jean X, aurait été au contraire^ selon Muratori^ qui ne nie pas du reste la source honteuse de son élévation y un homme d'une grande âme y d'un esprit élevé et d'un grand courage. Le panégyriste de Bérenger va plus loin ; il représente Jean X comme un pontife plein de sagesse j de lumières et fort attaché à ses devoirs.

Parmi ces qualités attribuées au successeur d'Ânastase III , il en est que l'impartialité de l'histoire ne saurait lui refuser, tout en laissant à sa mémoire la souillure de son entrée au pouvoir pontifical par des moyens honteux.

Grandeur de vue y sagesse dans le gouvernement de l'Ëglise, fermeté et constance dans l'accomplissement de ses desseins : telles furent les incontestables qualités de ce pontife célèbre, qui ne mérita ni un blâme sans réserve, ni des éloges exclusifs, ni surtout les malheurs qui flétrirent ses dernières années.

S'inspirant du glorieux exemple de Léon IV, Jean X, à peine parvenu au pouvoir, conçoit le projet de détruire les hordes musulmanes qui infestent Tltalie. En même temps que ses ambassadeurs vont rappeler k la cour de Gonstantinople les promesses de secours faites au fils d'Alenolphe , et assistent à Tarmement d'une flotte qui doit lui venir en aide dans le golfe de

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â08 DEUXIÈME

mort de Léon, qui suivie de Bénévent , vint aicri des promesses que oe|. "^ à Landolphe. Les \\\

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®^ ae Provence, continuait, lui cWùï* uuvre aveugle , à porter le vain titre tf em- ^reur. Jean X comprit la pensée du rw de Lombardie, et aussitôt il montra la couroime impériale à l'ambitieux monarque (2). Bérenger, à ce signal qu'il attendait , rassemble ses troupes ; à leur tête il se rend à Rome et y fait une entrée triomphale.

Une nouvelle heureuse précède sa venue, comme un fortuné présage pour les succès bel-

(i) MURATORI, T. V, p. 251, aono 915.

(2) Dona duei {Berengario) nUttit , Mcriê adPreia miniitri$ Quo mcmor vxtremi tribuat sua Jura diei Romanis, fauvet Ausonias quo NuwUca terras , Imperii sumpiurus eo pro muntrt sertum Solus et oceiduo Cœsar vœitandus in orbe,

(AnOTiTM. IN Pameg. Bereng,, lilun.)

ciupetrf: lii. âll "ni. Une flotte nombreuse, mi occupaient la Sicile, ■»ges d'Italie pour se- ^ ''^iW^ 'nons campés dans — " !ie par une temdétruite (1).

o, dit, le poète pinégy- ,2), que le roi de Lombardie la grande cité, le sénat, le peu- ^ écoles du toutes les nations qui se -'aient à Rome, Grecs, Saxons, Français el autres, se portèrent à la rencontre du monarque, bannières et enseignes déployées

Tous chantaient les louanges de Bérenger dans leur langue nationale.

Les jeunes nobles Romains fermaient cet imposant cortège; parmi eux on remarquait Pieiro, frère du pape et le fils du consul Teofilallo. Ces jeunes hommes , après avoir baisé les pieds du roi , le complimentèrent au nom de la cité. Jean X, revêtu de ses habits pontificaux et entouré de son clergé , attendait, sur les degrés du péristyle de Saint-Pierre, le prince, qui au milieu d'un immense concours de monde arri-

(1) CkroH. arnbii: , art. il, cilé par MtmATOBi , Annul ti'It.,T. V, p. 252.

(2) Anonvm. , m PiiJieg. Bneng., lib. IV,

2)â I^EUXIÈIfE É1H)QIIfi.

vait sut* une belle haquenée blanche que lui avait envoyée le pontife.

Bérenger mit pied à terre^ et pendant qu'il montait les marches du saiat temple y le pape Jean X se leva du siège où il était assis et s'avança vers le prince ; tous deux j le front radieux de satisfaction, se tendirent cordialement la main et se donnèrent l'accolade de bien -venue aux acclamations joyeuses de la foule.

Les portes de là basilique restaient fermées ; elles ne s'ouvrirent qu'après que Bérenger eût promis par serment de confirmer , quand il aurait ceint la couronne impériale y toutes les donations en biens, en États, en puissance que le Saint-Siège tenait de la munificence des anciens empereurs ses prédécesseurs et ancêtres (1).

(1) Selon le panégyriste, cette entrée scriennelle aurait eu lieu le samedi saint, et le couronnement de Bérenger, comine empereur, le jour de Pâques, en Tannée 916.

IVluratori s'attache à prouver * que ce monarque reçut la couronne impériale le jour de Noël de Tannée 9i5. H appuie cette opinion sur d'assez solides arguoicns; mais resterait alors à expliquer comment une aussi grave erreur a pu prendre place dans un panégyrique dont Taoteur pirait avoir été contemporain de Bérenger, ou au moias avoir vécu peu de temps après la mort de cet empereon peut-être, sous le règne de son petit-fils, comme serait testé de l'admettre Muratori.

Voici ce que dit cet historien (T. v, p. 256, ann. 91 6 J

« Adrien deVaUns^ qui fut le premier à tirer des ténéiirp»

' Toiiic ?, anno MG, 931, 92d, p. 354, 263 ol mil., et 371.

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