LIVRE II. — CHAPITRE
Quand vint le grand jour du couronnement , le pape et le roi de Lombard ie> salués sur leur passage par les bruyans vivats d'un immense concours de peuple j se rendirent à la basilique du Vatican.
Là y Bérenger reçut l'onction sainte, fut proclamé empereur des Romains , et Jean X posa sur son front une couronne d'or enrichie de pierres précieuses. Le clergé et le peuple chantèrent des hymnes en actions de grâces. Puis, on intima silence , et on lut à haute voix le diplôme par lequel le nouvel Auguste confirmait à l'Église romaine et à ses souverains pontifes les donations souscrites en leur faveur par
>» ce poème historique, précieux fragment d'un siècle obs- » car, a pensé quel auteur était contemporain de Bérenger; *» mais en présence de si graves erreurs sur des faits imn portans que le poète aurait dû mieux connaître, puisqu'il 19 se montre lui-même vieux à la fin de son œuvre qu*il ter- » mine au couronnement , laissant k d'autres le soin de ran conter le reste de la vie de Bérenger, Et post imperii diadema resumite laudes, » Je ne saurais me persuader que ce poème ait été com- » posé du vivant de Bérenger. Il paraîtrait toutefois peu >» vraisemblable qu'après la mort de l'empereur, quelqu'un » aitentrepris une aussi longue et pénible tâche. Cependant » il n'est pas hors de possibilité que le marquis d'Yvrée, >» devenu plus tard lui-même roi d'Italie, ait pris soin de » faire honorer, par ce panégyrique, la mémoire de rein- » pereurson aïeul.» Nous ajouterons que la mort peut avoir arrêté le poète au milieu de son œuvre.
les emporeurs précédens^ avec menace de chàliment contre quiconque troublerait les succèsseurs de saint Pierre dans la jouissance de ces dons.
Grande fut la munificence de Bérenger dans la distribution de ses présens en armes ^ ornemens, costumes, couronnes d'or et joyaux de tous genres. Le pape ^ le clergé^ le^ (roupes, le sénat, toutes les églises de Rome eurent leur part de ces largesses. Des pièces 4'or et d'argent fur^it jetées avec profusion au peuple réuni dans la basilique de SaintrPierre , dans les rues et sur les places pubUques (1).
Jean X, au milieu de ces pompes et de ces fêtes , n'oubliait pas quel prix il avait mis à la couronne impériale qu'un descendant de Charlemagne était venu prendre de sa main. Par ses soins et tandis que s'accomplissait la grande fonction du couronnement, la flotte grecque montrait son pavillon le long des rivages d'Italie, prête à combattre tout ce qui tenterait de porter secours aux bandes de Sarrasins campés sur les bords du Garigliano. Les princes de Bénévent , de Gaête et de Naples , émus à la voix du pontife, appelaient leurs peuples aux armes.
(1) Antiq, itaiic, disscrt. ni, p. 108. MURATORI.