LIVRE II. — CHAPITRE III
délivra le nouvel empereur d'un de ces hommes dont l'amitié sans lendemain et la haine plus durable sont également à redouter.
Adalbert laissa à sa femme Berthe trois enfans, Guy (I), Lambert y et la trop fameuse Hermengarde qui y peu de temps avant la mort de son père , avait épousé Adalbert j marquis d'Yvrée, veuf de Ghisla ou Giselle, fllle, comme nous l'avons dit , de l'empereur Bérenger.
Il est difQcile de suivre année par année l'histoire de ces temps otecurs. On ne puise quavec peine dans une source qui ne coule pas toujours (2). Quelquefois les événemens font défaut. Est-ce oubli ou omission de la part des historiens , ou est-ce plutôt cette heureuse lacune d'incidens qui se rencontre parfois dans les repos si rares que l'ambition et la folie des hommes accordent aux peuples ? Parfois aussi nous rencontrons dans cette histoire de violentes collisions, dont les causes et le début se cachent
(1) Selon Liuthprand, Guy/ sans doulc en sa C|ualilé de fils aîné, fut reconnu marquis de Toscane par le roi de Lombardie.
(2) Frédégairë, continualeur de Grégoire de Tours.
* LiuTHP., /yff^, lib. II. rh. xv.
Filius ejtis ^îdoàBerengario rcgv mar(fiio patrii lovo €onitituttni\
218 DEUXIÈME ÉIHMHJE.
SOUS le voile mystérieux de ces temps Ainsi Liuthprand nous montre, deux ans apiès la mort d'Âdalbert II , son jeune fils, Gi% de Toscane et Berthe sa veuve , retenus prisonniers par Tempereur Bérenger à ManUme{i).
Pourquoi cette rupture ? quels revers poreat jeter en captivité le fils et la veuve du fier Kdàbert de Toscane? Muratori lui-même Tigaore. La cause nous échappe , mais les suites en soal connues ; elles furent glorieuses pour Berthe. C'est un noble et imposant spectacle, en effet, que de voir cette princesse telle que nous h montrent les historiens d'Italie, puisant de nouvelles forces dans l'excès de son infortune, commandant du fond de sa prison la fidélité à ses troupes , et donnant l'exemple de la constance et du courage aux gouverneurs de ses villes de Toscane. Désespérant de réduire un pays si noblement gardé à ses maîtres absens et dans les fers, Bérenger se vit contraint, après une longue et vaine attente , de rendre h liberté à Berthe et à son fils.
La plume envenimée mais cette fois véridique de Liuthprand ternit un peu l'éclat de reltc belle page historique, rare monument
(1) Aimée 919.