‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 294 sur 380 · LIVRE 11. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CHAPITRE IV

mais Booiface donna ordre de toul massacrer impiloyablement (1).

Bérenger ayanl perdu ses plus braves troupes dana oe désastre y bq retira à Vérone. La vie* toire fut , du reste y si chèrement achetée par Rodolphe y que oe prince dut retourner en Bourgogne pour y racruter des renforts.

Une seconde fois l'empereur eut le tort impardonnable d'invoquer le secours des Hongrois.

Que ne brisa-t-^il plutôt ce sceptre si long* temps et si glorieusement porté I L'abandon vokuttaire d'une puissance dont il n'avait usé que pour assurer le repos et le bonheur de l'Italie y bien£atits qui ne lui avaient valu en retour quç Tenvie et l'ingratitude , aurait attiré le respect sur la retraite et les dernières années de ce noble descendant de Gharlemagne ; tandis que ce fotal recours aux barbares ternit l'éclat d'une belle vie qui touchait à sa fin et servit dans le temps y sinon de justification y du moins de pré-

(1) Jam Rodulphi pctnc amnes milites fugerant, et Benmgarii datç^ vict09ia signo coUigete sptflia satageUmt / quitm Bonifacius algue Gar'iardm subito ex ùisidiis pioperantes, hos tanto levias ffuoHto inopinaiius sauciabant, (LiUTHPRAND.} Notre version diffère* peu de celle deLuilb* prand. Muralori ajoule : Gariardo accetava chiunche se gli remieva prigione ; Bonifazio a niuno dava (juartivrc. (Annal, d'il., T. v. p. 293, ami. 923.)

texte à l'odieux attentat dont ce prince fut mtime.

A la voix de Bérenger, un corps considérable de Hongrois conduits par Salardy leur chef, fondit de nouveau sur le nord de la Péninsule et courut mettre le siège devant Pavie (i).

Vérone elle-même fut ébranlée dans sa fidélité quand elle vit son roi confier la défense de sa cause à d'aussi indignes auxiliaires , à des païens féroces et indisciplinés y aussi redoutables comme alliés que comme ennemis. Les factieux profitent de cette foute du monarque pour porter à son comble l'exaspération des esprits ; des pensées de meurtres et de régicide finissent par se faire jour à travers les plaintes, trop fondées cette fois y des fauteurs de désordres ; et ce fut un habitant de Vérone , un noble nommé Flambertj qui se fit le lâche instrument de leur implacable haine.

La mort de l'empereur fut décidée. Flambert, dont Bérenger avait tenu le fils sur les fonts baptismaux y Flamber t osa se charger de porter le coup... Ainsi est faite la condition des hommes ! Trop souvent la main qui s'arme du poignard étreignit jadis , en signe de gratitude ,

(1) En février 924.

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