‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 303 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE T · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE T

de l'archevêque 7 pour pousser un cri de déchéance contre Rodolphe et se prononcer en faveur du nouveau candidat au trône lombard. Des émissaires furent délégués (1) vers le marquis de Provence pour lui offrir la couronne de Lombardie qu'il eut l'air de refuser d'abord y pour mieux prendre son temps et donner plus de prix à son acceptation. Un tel choix j un tel triomphe étaient dignes de couronner les ténébreuses intrigues de deux femmes justement décriées.

Satisfaite d'avoir assuré la ruine de Rodolphe par tant d'intrigues et surtout par le triste rôle qu'elle lui a fait jouer dans cette comédie dont elle tient et dirige tous les ressorts , Hermengarde rend la liberté à ce jeune roi , plus embarrassant et importun pour elle comme captif , que redoutable dans le libre exercice de sa royauté éphémère en Lombardie.

Rodolphe , honteux de s'être laissé aussi grossièrement jouer par une femme, privé de ses soldats de Bourgogne qui avaient repassé les Alpes, ne rencontrant partout chez les Lombards que des marques de dédain et de mépris, perdant enfln toute espérance do relever, pour le ino-

M) Aniio925.

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ment y une cause si lâchement compromise par ses inconséquences j Rodolphe n'a pas d'autre parti à prendre que de retourner en toute hâte en Bourgogne. Mais son âme ulcérée emporte la pensée secrète de revenir bientôt disputer à quiconque osera s'y asseoir, le trône de cette même Lombardie qui , si elle a été le récent théâtre de sa folle légèreté , le fut aussi naguère de sa valeur à la bataille de Fiorenzuola.

Quelques mois après ces singulières scènes de Pavie , on voyait un seigneur, suivi d'une brillante et nombreuse escorte, s'arrêter non loin des remparts de Milan , et visiter l'inténeor de la basilique de San-Lorenzo^ aujourd'hui renfermée dans l'enceinte de cette capitale. Les murs sacrés qui , cette fois , eurent des oreiUeSj entendirent ce seigneur étranger dire aux cavaliers qui l'entouraient :

« Voila un édifice qui , converti en forteresse, » tiendrait dans le devoir, non seulement les » Milanais , mais encore la plupart des princei^ » d'Italie. »

En approchant des portes de Milan , le même seigneur laissa échapper, d'un ton de forfanlerie , ces mots en langue tudesque :

« Je vcu\ perdre mon nom de Rurrard, si » je n'apprends pas à tous ces manansd*l(aliens

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