‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 306 sur 380 · UVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

UVRE III. — CHAPITRE I

fai^e couronner ensuite à Milan dans la basilique de Saint- Ambroise y des mains de Tarçhevéque Lambert (1).

Eki|in la voilà sur le front de Hugues, cette courqnne aicquise au prix de tant de prcmiesses qui toutes bienti^ se convertirisnt en autant de déoeptions... Sur ce trône d'où elle avait préci* pjité Je généreux Bérenger, la Lombaidie put enfin contempler ce nouveau monarque de son choix.

Un roi , quelqu'indigne qu'il puisse être du trône j trouve toujours des courtisans et des pai^égyristes. Un écrivainy dont la plume a distillé le fiel sur tant de renommées y Liuthprand a eu le ,co!Mrage de transuxetitre aux siècles qui allaient suivre, l'éloge de ce prince (2), honte du trône,

(i) Muratori, contre l'avis de quelques auteurs, * croît et nous parait établir que les deux solennités de Velecttan et du sacre eurent lieu vers le mois de juin de Tannée 926.

(2) Fuii rexHuQO, non mùwris scientia quam tiudûcÙB, nec inferioris fortttudims quam calliditatù, Dei etiam cultar^ sanctœ religiams amatorum amator, in pauperum neceuitànlms curiosus ; erga ecclesias soUtatus, reltgiosos philûscphasqueviros nonsoUan amabat, verum etiam for" tuer honorabat. Qui etsi tôt virtutibus clarebat, muUerwn tamen iUœcebris easfœdabat, (Liuthprand, Hist., tit. iii, «^. V.) •

Nous pourrions ajouter que la flatterie du courtisan

• In not. ad Sigonium^ Saxu ». -»

solennissima volpe^ renard consommé, ^lon l'expression de Muratori.

Liuthprand, dans sa jeunesse , avait été page à la cour de Hugues, qui souvent avait confié des missions d'un haut intérêt au père de cet hisUvrien (1 ); et le sujet reconnaissant transigea avec la conscience de l'écrivain, ou plutôt la violrata, car r impartiale histoire est là pour donner ub formel démenti à chacune de ses assertions élogieuses , et la convertir en bl&me sévère.

Quel homme ! quel prince que cet Hugues !

nie. . . . dolis instructm et arte pelasgà;

Jamais politique plus glaciale, jamais duplidté plus cauteleuse, jamais hypocrisie plus sèche et plus affranchie de scrupule, ne se jouèrent {dus effrontément de la foi des promesses, des droits des peuples et des devoirs d'un roi. Nul homme ne poussa plus loin la cupidité ; nul prince ne brisa

dicta peut-être autant que la gratitude de l'ancien senrileur ce portrait tracé par la plume de Liuthprand.

En effet, cet évêque historien fut chargé de missxns importantes par l'empereur Othon qui , comme nous le ferrons, avait épousé Adélaïde^ veuve de Lothcnre, fibdnroi Hugues ; ce fut sans doute pendant qu'Adélaïde portait le titre d'impératrice, que Liuthprand consacra ces Hgnes louangeuses à la mémoire d'un monarque dont il avait Hé le page, et qui avait été beau-père de cette princesse.

(1) Liuthprand, lib. m, cap. v. — Muratori, T. v, p. 282, anno 927.

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