‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 314 sur 380 · LIVRE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE II

garde ^ dont les intrigues et les efforts réunis l'ont élevé au trône lombard , ne sont que des enfans supposés ; que Berthe les a empruntés à d'autres fenunes et les a fait passer pour les siens propres , afin de pouvoir, sous leur nom j continuer à régner sur la Toscane après la mort de son mari (1) ; qu'en conséquence Lambert n'a aucun droit à la souveraineté d'un duché dont la fraude seule l'a fait maître. Le roi de Lom* bardie pensait que pour peu que ce bruit vînt à se propager et que cette opinion s'accréditât , la déchéance de Lambert, prononcée , effectuée par Hugues lui-même, ne paraîtrait plus ni odieuse , puisque Lambert ne serait plus considéré comme le frère de Hugues, ni injuste, puisqu'on ne verrait plus en lui un fils et un héritier naturel d'Âdalbert.

Lambert s'indigne de ces rumeurs outrageantes répandues par le roi lui-même ; il demande à Hugues, selon la singulière coutume de cette époque, l'épreuve du combat. Le roi désigne pour son champion un jeune homme nommé Téduin; Lambert se présente lui-même dans la lice , il terrasse son adversaire; mais cette victoire du fils d'Adalbert n'empêche pas son perlidc frère

^1) LiiirHPRAND, //w^,lil). m, cap. xiii.

de s'emparer de sa personne y de lui faire crever les yeux , et d'investir Boson du duché de Toscane (1).

Ainsi y l'un après l'autre, devaient tomber^ brisés par la main de Hugues lui-même j <^i qui furent les pruniers j les plus résolus arti* sans de sa grandeur et de sa fortune. •• Déjà l'ombrageux monarque j en reconnaissance de toutes les intrigues ourdies par Hermengarde pour assurer le triomphe de s|i candidature an trdtne de Londiardie, l'avait dès long-tenpfi condamnée à une complète impuissance, dette femme audacieuse vécut depuis aussi délaissée et obscure qu'elle avait été jadis brillante et courtisée.

Hugues 9 après le succès de sa lâche machination contre Lambert ^ songe à réaliser son

(1) MURATORI, Ann. itlt., T. v. — GlULlNl, Storiaé Milano, T. il. Muratori croit que la race d'Adalbert ne s*éteignit pas avec Lambert, et présente des raisons «fser plausibles de croire qu'il resta de lui ou de Guy, son frère , ou même de leur oncle , quelque prince de b maison d*Est « Illustre maison , ajoute Muratori , * qui refleurit de no» » jours dans la royale famille de Brunswick , régnant en An- » gleterre et en Germanie, et dans la maison des ducs de Uo- » dène. » Si Guy ou son frère donna le jour au prince qui fut la tige de la maison d*Est , cette illustre maison , les ducs de Modène et la maison de Brunswick troQYeBt leur soudr commune par les femmes , dans les amours de Lothaire et de Waldrado.

• .4mm. dit., T. ^. p. 292.

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autre projet. Il se rend à Rome où il épouse Marosie dont il avait eu soin de faire sonder les dispositions seorètes avant de hasarder ce voyage ; mais bient6t l'esprit altier de la noblesse romaine se lasse de l'orgueil et de la dureté de ce nouveau maître qui croit déjà tenir en mains le sceptre des empereurs.

Marosie, m^re de Jean XI , avait un autre fils nommé Albérie y qui ne le cédait en rien à Hugues pour Tambition^ pour la violence et Taprêté du caractère , pour la force et rinftexibilité de la volonté. Ce fils supportait plus impa-^ tiemment que personne qn joug d'autant plus intolérable pour lui, qu'en sa qualité de fils du marquis Albéricj il aspirait lui-même à dominer dans Rome.

Un jour, au moment de se mettre à table , le jeune prince, cédant au désir ou plutôt contraint par Tordre de sa mère, donnait à laver au roi ; il le fit de si mauvaise gràcd , que son beau-père irrité le frappa au visage du revers de sa main. A cet intolérable affront, Albérie sort furieux de la salle , assemble ses amis et raconte l'indigne traitement qu'il vient dé subir. On s'écrie de toutes parts : « Quels » outrages le tyran réserve-t-il donc au\ simples » citoyens de Rome, s'il traite ainsi des prin<^es

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» ses égaux ? » Les cloches s'ébranlent , Le peupie est appelé aux armes; Rome n'est plus qu'un vaste camp. On ferme les portes aux troupes lombardes campées hors des murailles y et l'on court assiéger dans le château Saint-Ange le roi Hugues à qui son armée est dans Timpossibilité de porter secours; car cette année ^ rassemblée pour lui servir de pompeuse escorte dans les solennités de son hymen avec Marosîe, n'eût pas été en nombre pour résister aux efforts réunis de tous les habitans de Rome. Aux menaces j aux cris de mort qui l'entourent, Hugues ne pense plus qu'à opposer la fuite. D se fait glisser avec des cordes du haut d'une fenêtre dans les fossés de la forteresse ; il en franchit à grand'peine les escarpemens , parvient, après beaucoup de fatigues et d'obstacles^ à rejoindre ses troupes, et peu soucieux du sort que la rébellion réserve à sa nouvelle épouse laissée par lui éperdue j mourante d'effroi au môle d'Adrien , il se hâte de fuir loin de Rome et de reprendre le chemin de la Lombardie.

Les Romains 9 après ce triomphe, déclarent qu'ils ne veulent plus s'assujettir à la capricieuse autorité d'une femme qui j par son humeur fantasque et ses passions désordonnées, semble devoir leur imposer une honteuse série de despote.*»

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