‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 329 sur 380 · LIVRE 111. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE

réunie sous un même drapeau, et dont les glorieux efforts devaient aboutir à un si triste résultat , des hordes de pirates reparurent dans les eaux du golfe de Sembracie , et s'emparèrent aussitôt du grand Fraxinet. Bientôt la Provence fut de nouveau ravagée par des barbares ; dans le même temps des hordes dévastatrices débarquaient sur les rivages de l'Italie méridionale , et y commettaient les mêmes excès (1).

Plus tard, enhardis par la faiblesse, l'incurie et la division des princes de la chrétienté , les infidèles se rendirent maîtres de tous les passages des Alpes maritimes, et interceptèrent, par ce moyen, les communications entre la Provence et la Ligurie, la Savoie, le Piémont et la Suisse.

La position du col de la Turbie (2) entre Nice et Menton, liée au petit Fraxinet du promontoire de Saint-Hospice et aux fortifications de Castillon^ ferma de ce côté , dit l'historien de Nice, les passages des montagnes (3); ils s'y re-

(1) Durante, Hist. de Nice. — Giustiniani , Ann, di Genova,

(2) La magnifique route de la Corniche , tracée et con* fectionnée par les Français sous le règne de Napoléon , et qui conduit de Nice à Gènes, traverse aujourd'hui cette position.

(3) Hist. de Nice. T. r\ p. 163 et iliU. — Beretti, Ckorog, , T. X. Rer, itaL

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tranchèrent en élevant de fortes murailles vïtour des ruines de l'ancien monument d* Auguste, dont il reste quelques vestiges encore. Tous les passages des Alpes furent aussi bien gardés.

L'avilissement des chrétiens à cette ^Mqne fut poussé au point y s'écrie Frodoard, que tous les voyageurs qui, de la Provence, de la Bourgogne et de la Suisse>, voulaient se rendre en Italie, étaient obligés de transiger avec les infidèles pour obtenir la permission du passage.

Telles furent, en partie, les conséquences plus ou moins immédiates de la lâche détermination de Hugues en &ce des derniers remparts des Maures qu'il lui eût été si facile d'enlever. La complète destruction de ce repaire et des barbares qui s'y étaient retranchés , eût peutêtre pour long-temps préservé la chrétienté de ce fléau que les faux calculs de sa politique ne firent que rendre plus désastreux.

D'autres calamités menacèrent Tltalie {«u de temps après le retour de Hugues dans la Péninsule. Les Hongrois reparurent sur les frontières du Nord ; l'or du roi de Lombardie les refoula momentanément loin de ses possessions. Mais un ennemi plus redoutable dont il avait réveillé l'ambition et la haine en le persécutant, en le dépouillant de son patrimoine , Bérenger

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