‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 331 sur 380 · LIVRE m. — CHAPITtlE · texte numérisé non relu

LIVRE m. — CHAPITtlE

et D'est pas peu surpris ^ à son retour à Pavie '^ de voir Bérenger l'accueillir avec toutes les marques du respect dû à la majesté royale.

Mais Bérenger lui avait tendu un piège ; les trésors immenses que Hugues faisait filer vers les Alpes , pouvant plus tard venir en aide à ce roi pour reconquérir^ par la corruption et par la force ^ le sceptre de Lombardie, son rival préfère qu'il reste en Italie, qu'il y conserve sa royauté plus compromise et moins redoutable sur un trône avili que dans l'exil : car s'il rend le titre de roi à Hugues , il s'en réserve toute l'autorité sous celui de marquis d'Yvrée.

L^astuce de Bérenger exploita merveilleusement cette position équivoque j à double fin , en éludant, sous prétexte d'une autorité plus forte que la sienne , Taccomplissement des promesses prodiguées naguère pour se créer des partisans, tout 611 usant de la plus large faculté pour combler ses affidés de faveurs et de biens au détriment des amis et même des parens du roi. Ainsi, par exemple, on le vit (1) retirer des xnains du marquis ou duc de Toscane, fils naturel de Hugues , le duché de Spoletti pour le conférer au comte Boniface, ve seigneur puisai) MiRAiORU /Iww. dli.j aiiiitH»9(i6.

3S5 DECUÈME ÉPOODE.

sant, beau-firère du roi Rodolphe, dontrhabOe manœuvre à la bataille de Fioreiuniola a^ait ramené la ^cUnre sous les drapeaux du prince bourguignon.

Hugues ne put se courber loog-temps sons le poidft d^un aussi humiliant abaissement 11 ne subit ce supplice que tout le temps nécessaire pour faire secrètement passer en Prorraee ks trésors dont il avait dépouillé l'Italie , et qu'O avait eu l'adresse de soustraire à Tardente convpitise de Berenger.

Quand il se sentit en mesure, il quitta furtivement la Ixmibardie, laissant son fils à la discrétion du marquis d'Yvrée , et repassa les Alpes.

Selon ^elques historiens^ Hugues se serait retiré dans un couvent d'Arles, qu'il aurait doté d'une partie de ses richesses et où il serait mort bientôt après*

D'autres écrivains ^ sur la foi de Liuthpraad, croient avec plus de fondement selon ooos, que ce prince trop funeux ^ à peine arrivé en Provence , sentant sa fin prochaine y se borna à s'envelopper y sdon l'usage de ces temps^là^ dans un habit de moine^ et qu'il attendit la mort sous ce vêtement^ en signe de repentir et en expiation de ses fautes.

Hugues avait régné en Italie vingt et un ans ,

Page 1