CHAPITRE IV
BércDger II, roi de LembanUe. — Infortanet «TAétfWiB. - Sa
captivité. — Sa délivrance. - Embarras de sa siiDatlML — Die ne peut compter sur l'aide, ni delà Bonugogne, ni delà France, ni de Constantinople. — Pourquoi il n'eu est pas de même de la C.ermanie. — Of AaM4#-i^atKL ^ âk» fila péQèlr« dtiia la Noiasule. — Otbon y fait reconnaître son autorité. — Entreme de ce prince et d'Adélaïde à Pavie. — Leur mariage. — Otfaoncoaiaiie la couronne impériale. — Il échoue une première fois. — lévolte ee son ills Ludolplie. — Otbon rcfoui «e en Gcnnaale. • Démarches de Béreoger auprès do ce monarque. ~ vi^Awmnw iuteroession d'Adélaïde. — Otbon pardonne à Bérenfcr. — A quelles condilions. —Troubles nouveaux en fif^rinaulf. Ceni* i»auglante. — Fatal appel aux Hongrois. — BataUlo da Uc*. — Complète déroute des Hongrois V9x le théAtr« de noiirt inluortcl le campagne de ISOO.
— De 950 a 960. —
Après la mort de Lothaire , une diète générale fut réunie à Pavie par Bérenger qui , le 15 décembre de la même année (1), ou vingt-quatre jours après le décès de sa victime , fut proclamé roi de Lombardie sous le nom de Bérenger II.
Ce roi nouveau se sentit bientôt mal à Taise sur le trône. Les affreux soupçons soulevés par la mort de Lothaire avaient glacé toutes les
(1) Aii!uV95l).
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âmes. On pressentait partout que Bérènger marquerait parmi les plus intraitables et les plus farouches de tous ces rois que le malheur des temps avait fait passer sur le trône de Pavie. Partout on prévoyait qu'un régime de mé* fiance et de terreur allait plus que jamais peser sur les Lombards. La disgrâce, les persécutions qui atteignirent dans les premiers temps les amis trop dévoués du dernier roi, ne firent quas* sombrir cette disposition générale des esprits* Il ne &llut pas Icmg^temps à Bérènger pour se sentir dans une voie de péril. Un moment il fit trêve aux mesures rigoureuses ; un moment ce furince songea à donner une direction nouvelle aux ténébreuses conceptions de sa politique. . . . La reine Adélaïde ne s'était pas éloignée de Par vie. Bérènger n'ayant pas osé encore se délivrer par la contrainte de la présence de la veuve de sa victime , son audace conçut le projet de tirer parti de cette même présence qui lui avait tant pesé jusqu'alors. Aucune preuve n'établissant que Lothaire est mort par suite d'un empoisonnement j le crime n'étant que soupçonné , un moyen s'offre à l'imagination du despote, d'anéantir le fait et le soupçon même du meurtre. Cet expédient qu'un tel homme pouvait seul imaginer, et qui semble à Bérènger devoir lui ra-
336 DEUXIÈME ÉPOQtE.
mener les esprits les pins prévenus , le réconcilier avec les partisans de Lothaire , et lui faire un ami et un allié du nouveau roi de la Bourgogne transjurane, frère d' Adélaïde, cet expédient curieux n'est rien moins qu'un projet de mariage entre la veuve de Lothaire et le fils du meurtrier de ce malheureux roi.
Willa , épouse de Bérenger, femme hautaine , emportée, vindicative, se chargea de la réussite de ce beau dessein. D'abord elle eut recours aux douces manières et aux caresses ; mais Adélaïde n'opposant que des refus à des oSces que d'autres qu'elle eussent peut-être trouvées brillantes , Willa se livra contre cette malheureuse princesse aux emportemens d'une brutale fureur.
Adélaïde, après avoir subi les plus affreux traitemens (1) sans que sa résolution s'en ébranlât, fut enfermée dans une tour isolée, sur le lac de Benaco, aujourd'hui lac de Garda (i).
(1) Saint Odillon * nous montre Willa , faisant subir \ Adélaïde les plus cruelles tortures, lui arrachant les cheveui* l'accablant de coups, et la foulant même aux pieds.
Innocenscapfa, diversis angustiata cructattbus, cajniH^ €£tsanci distraxtis, fréquenter pugnù exaqitata et coinhus ; und (anttmidem famuta ad ultxmum tretris indusa rarceribm.
(2) Quelques historiens pensent qu'elle fut retenue pri-
• Smxt Oditj^>, abbé de Cluguy. dan» «a fie tir saint f AttéMét: Apuii Ctinis,.,..