LIVRE m. — CHAPITRE IV
vassaux (1). Ce prince, étant parvenu à les soumettre, les avait dépouillés de leurs Ëtats dont il avait doté ensuite sa famille. Le roi de Danemarck, vaincu par ses armes , était devenu son tributaire et avait embrassé la religion du vainqueur.
Depuis le vu** siècle , Mahomet , Charles Martel j Aaron-Al-Raschid , Charlemagne , étaient successivement apparus au monde comme des phares lumineux ; le x"" siècle , ce siècle de fer, de barbarie et d'ignorance , eut aussi son grand homme dans Othon de Germanie.
Bientôt l'Orient et l'Europe eurent leurs regards fixés sur ce monarque , et l'on pressentit de grands événemens à la venue d'un de ces hommes qui, dans des momens de crise décisive, arrivent sur la scène du monde comme des solutions vivantes et providentielles de quelque grand problème.
Quand le génie féodal dut au viii*" siècle remporter sa victoire sur les vieilles royautés. Pépin et Charlemagne furent là pour accomplir l'œuvre, mais aussi pour comprimer le principe qui les avait fait triompher. Nous avons vu ce principe, dans son développement logique et son ap-
(!)PUFKEWD. — Rows. — De Heiss.
pUcatioQ rigoureuse, ruiner les arrièrenlesceiidanè de ces deux grands hommes. Puis l'esprit des peuples, désillusionné par l'excès et l'alMis de ce même principe, n'a bientôt plus aspiré qu'à un autre ordre de choses. Et quand un momrat s'est fait sentir le besoin d'une réaction des grandes monarchies contre le fractionnemeot des empires ou l'isolement des petits États, œuvre fatale de la féodalité , l'homme qui avait mission d'accomplir ce grand acte, Othon de Germanie , n'a pas tardé à paraître sur les pas de Henri VOiseleur qui lui avait préparé h voie, comme jadis Pepin-le-fire/* l'avait fait pour Charlemagne. • • Comprenant les tendances et les besoins de l'époque, compris lui-même par son siècle , il fut pour les peuples comme une boussole de salut dans leur grand naufrage. La Lombardie eut sa part de cette fascination ou plutôt de ce juste enthousiasme , et elle ne tarda pas à entrevoir dans Othon le futur réparateur do tous ses maux .
Peu de temps avait suffi à ce monarque pour inspirer la plus entière confiance aux princes, aux nations^ aux individus, à tous enûn. La reine Berlhe, la veuve vertueuse de Rodolphe , la mère d'Adélaïde , avait besoin d'un tuteur pour son jeune lîls, roi de la Bourgogne transjurano: