LIVKE III. — CHAPITRE IV
elle crut , dans sa tendre sollicitude de mère , ne pouvoir porter son choix que sur Othon (1).
Ce fut encore à Othon qu'Adhélard j dans la position critique où se trouvait la veuve de Loihaire , crut devoir adresser ses doléances et ses cfemandes de secours (2). Un Qdèle messager fut chargé par Tévêque de Reggio, de se rendre auprès du roi des (jermains.
La beauté d'Adélaïde, ses angéliques vertus, les malheurs de son veuvage , les indignes traitemetis qu'elle avait supportés avec tant de résignation, enfin sa captivité et sa fuite mystérieuse avaient eu du retentissement à la cour de Germanie.
Othon n'avait pu entendre le récit de tant de merveilleuses choses sans en éprouver quelqu'émotion. . . Ce que vint lui raconter Tenvoyé secret d'Adhélard ne flt qu'augmenter l'intérêt déjà si vif que lui inspirait la fille de Rodolphe.
La politique , peut-être aussi un autre sentiment plus tendre et moins désintéressé que la pitié, vinrent donner plus de force aux sympa-
(1) PUFFENI)., Introd. à l'hist. de rUmv.,]ï\. v, chap. n, Emp. d'Allem.
(2) Sain I Ol>lLL^»^ «a les aulrw» iwèlcs ou historiens déjà elles.
thies de ce prince pour Tauguste viclime qui faisait invoquer son assistance.
Et d'abord 9 la démarche qu'on demandait à sa générosité n'allait-elle pas lui ouvrir les voies de la Lombardie, de cette Lombardie qu'avaient déjà possédée des rois germains? Elle était belle cette couronne qu'Henri-rOiseleur, son père , avait refusée, soit par crainte, soit par dédain; mais qui ne lui paraissait à lui, Othon, ni tant à dédaigner, ni tant à craindre (i). Et puis,Othon s'en souvient : la Lombardie ne servit-elle pas jadis d'échelon à Charlemagne et à d'autres rois après lui , pour monter au tr6ne impérial des Romains ?
Quant à l'autre cause , quant au doux espoir dont put se flatter en secret le cœur d'Othon , ne peut-on pas présumer que, veuf d'Èdithe depuis six ans, peu satisfait du seul fils qu'il avait eu de son premier hymen , et privé ainsi dans l'éclat de sa gloire des plus douces conso-
(1) Qui peut dire si dès ceUe époque le développement progressif de Gènes, de Ven'se et de quelques autres points maritimes de la Péninsule, ne fit pas pressentir an génie clairvoyant du grand honmie toute Timportance deîltalie pour les contrées germaines, comme transit et débouché commercial , et aussi comme moyeu puissant d'influence et de domination sur le reste du inonde. 1^ monde alors, (|uant à ses limites connues , était encore Fanciea monde romain, et la Méditerranée eu était le centre vital