LIVRE III. — CHAPITRE IV
lations et des affections les ][>lus nécessaires de la vie, ce monarque ait conçu dès lors le dessein d'associer à sa brillante destinée celle de la plus belle et de la plus vertueuse des femmes?
Préoccupé de toutes ces pensées , il se montre touché des plaintes de l'émissaire d'Adbélard , lui promet de concourir à la délivrance d'Adélaïde, dirige aussitôt des troupes sur la Lombardie , et donne le commandement de cette expédition à son fils Ludolphe.
Si l'on en croit le continuateur de Rhéginon et le chroniqueur de Saxe , cités par Muratori , le jeune prince aurait rencontré dans son expédition des difficultés, des obstacles de tous genres, suscités par son oncle paternel , Henrij duc de Bavière , qui , jaloux de l'importance de la mission confiée à son neveu, aurait persuadé aux Lombards qu'Othon méditait leur complète ruine et les aurait excités à la résistance.
Muratori pense au contraire, avec la religieuse Rosweda, poétesse qui fleurit au x"" siècle, et dont la muse nous a transmis le récit poétique des hauts faits d'Othon-le-Grand et des aventures d'Adélaïde, que Ludolphe ne trouva aucun obstacle dans sa marche , que tout se soumit à sa voix, que partout on reconnut la souveraineté d'Othon, et que le jeune prince dont Béren-
gcr avait évité la rencontre y retourna à la ccMir de Germanie après ce triomphe pacifique (1).
Othon, dès le retour de Ludolphe, se faite de se rendre en Italie pour y consolider sa domination nouvelle, et sans doute aussi dans un autre but que Ton devine; il y conduit des forces imposantes (2), prêtes à refouler Bérengerdans son refuge fortifié, s'il ose en sortir pour lui opposer de la résistance ; mais le roi de Lombardie reste prudemment caché au fond du ch&teaofort qui lui a servi de refuge lors de l'apparition récente de Ludolphe.
Othon arrive à Pavie et y est reçu en souverain. Il envoie aussitôt après de riches présens à Adélaïde et la fait prier de venir dans son ancienne capitale , où l'attendent tous les honneurs dus à une reine. Adélaïde se rend aux vœux du roi de Germanie. Azzon et Adhélard , suivis de nombreux et brillans cavaliers , ac-
(1) Ter paucis secum sociis sccreto resuuipUs IlaliampetUl fortique manu pcaetravit :
KxhortaDs patiis imperio populum dare colluni ; Moxqiie redit, clarum refereus ^iie marte triumphuin.
(RoswEDA , De gestis Oddonts , cité par Muratori, T. v. p. 339, anno 951.)
(2) Tel est du moins le récit de Muratori, doiit la version nous paraît la plus exacte. Dithmar raconte, an contraire, que le roi germain partit pour Tîtalie sans troupe> et sous prétexte de faire un pèlerinage à Rome. ( T. \ . p. 360, anno 951.)