LIVRE 111. — CHAPITRE IV
compagnent la royale veuve... Le duc de Bavière, Henri , se porte à leur rencontre à une assez grande distance de Pavie, avec les plus nobles seigneurs lombards et germains.
La merveilleuse beauté y la dignité calme et gracieuse de la jeune reine , captivent tous les cœurs déjà si profondément touchés par le récit de ses infortunes et de ses admirables vertus. Othon, subjugué comme les autres et plus que tous, par Tempire de tant de charmes , n'a plus qu'une pensée, ne forme plus qu'un vœu ; et ce vœu, peut-être était-il donné à Othon seul de le réaliser.
Touchée des égards , du respect , du tendre dévouement dont l'entourait le roi de Germanie, et de plus, sous le prestige de la brillante renommée du monarque, Adélaïde se sentit de son côté doublement heureuse.des sympathies qu'elle inspirait à un si noble cœur, et du ferme soutien qu'elle assurait à l'avenir de son Emma, de son enfant adoré , en lui donnant pour second père le glorieux Othon... Aussi ne tarda-t-elle pas , comblant les vœux de ce grand prince, à devenir la compagne de sa vie.
Les habitans de Pavie (1) furent témoins de
(1) Quelques auteurs disent à tort que ce mariage eut lieu à Véranp.
cette royale union le jour de Noël de Tannée 951.
Ce n'était pas assez pour Othon que d'aToir replacé sur le front d' Adélaïde unecouronnede reine ; il se hâta de sonder Rome (1) : car, anuDt aussi passionné que prince ambitieux y il brfthit de pouvoir saluer sa nouvelle épouse du Utre d'impératrice.
Agapet II était alors pape ; mais Albéric y ï qui Rome obéissait toujours, empêche le souverain pontife de souscrire au vœu du prince ge^ main... Quand il n'aurait pas pris conseil de a propre prudence , Othon , comme époux de b pieuse Adélaïde , n'aurait pas voulu , par une rupture, par un éclat f&cheux contre la ville des pontifes , enlever de force ce que le temps ne pouvait manquer de lui donner.
D'ailleurs de graves soucis allaient préoccuper son âme.
Ludolphe, ce seul enfant mâle qu'eût le roi de Germanie, n'avait vu qu'avec un extrême déplaisir le nouveau mariage de son père. Le jeune prince ne put bientôt plus maîtriser son ressentiment et partit subitement pour la Saxe, où il ne tarda pas à fomenter une rébellion contre son père et son roi.
(1) Frodoarii.