‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 341 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE IV

Othon, à cette triste nouvelle , se hâte de retourner en Germanie où il emmène Adélaïde, et laisse à Pavie son gendre Conrad y duc de Lorraine^ avec des troupes suffisantes pour défendre cette capitale contre toute agression du roi dépossédé (1). Mais déchu du trdne, fugitif, réduit à se cacher, Bérenger savait bien qu'il n'avait aucun secours à attendre de ceux qu'avait pressurés son farouche despotisme; loin donc de penser à lutter contre les Germains, il ne songea qu'à fléchir le puissant monarque devenu l'époux de celle qu'il avait si brutalement persécutée : les prières , les flatteries , les présens , tout fut employé par ce prince pour se rendre Conrad favorable, et pour obtenir enfin de lui qu'il l'accompagnerait en Germanie pour l'aider, par son influence , à gagner les bonnes grâces d'Othon et le pardon d'Adélaïde.

Othon , malgré les instances de Conrad , refusa pendant trois jours de recevoir Bérenger. Toutes les démarches du prince italien eussent été infructueuses, même avec l'appui du gendre , si la veuve outragée , si la sainte épouse ,

(1) MuRATORi. — GiuLim, d'après Saint Odillon, RoswEDA et autres.

354 DEUXIÈME ÉroQUE.

&i la reine Adélaïde n'eût fait entendre sa toîx d'ange et n'eût plaidé la cause de son barbare oppresseur , soupçonné, mais non convaincoy du plus l&che des crimes. Othon finit par « rendre aux prières de celle qui demaixhît qu'on oubliât , comme elleHonéme , les persécvtions qu'elle avait endurées. Il permit à Bérenger et à son (ils Adalbert de retourner en Italie avec le titre de rois^ se bornant à exiger que par serment ils se reconnussent ses vassaux , et i détacher du royaume de Lonibardie les lia^ ches de Vérone et d'Aquilée qu'il donna m prince Henri , son frère (1).

De cette époque datent sérieusement les patentions des empereurs d'Allemagne à la soiraraineté de la haute Italie , qui entraine le vasselage du reste de la Péninsule (2).

Bérenger supportait de mauvaise grâce le joug qu'Othon avait imposé à sa royauté r^tée depuis sans force comme sans prestige dans ses mains. Son âme nourrissait en secret une violente rancune contre les évéques et les sagneurs qu'il savait avoir appelé le prince germain en Italie. Azzon surtout, ce loyal guerrier qui, échap-

(1) Continuateur de Rhéginon. — Vannalvtte Saxov — Othon, (vcguede FiHsinga, cités par Muratori, T. » p. 3^3 cl suiv. , anno 952.

(2) PfîFFEND., Hist, Unw,,T, r, Emp. iCAUem,

Page 1