‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 342 sur 380 · LIVRE m. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE m. — CHAPITRE IV

pant à toutes les poursuites ^ avait donné un refuge à Adélaïde ; Azzon qui de Canossa avait escorté triomphalement la reine captive j et qui peut-être avait eu le premier la pensée de l'asseoir au trône de Germanie; Azzon était celui de tous les seigneurs lombards contre qui Bérenger méditait les plus sanglans projets de vengeance; Bdais Bérenger redoutaitles représailles d'Othon, et cette crainte maîtrisait les élans de sa haine.

De nouveaux troubles d'une haute gravité survenant tout à coup en Germanie , rendent enfin à Bérenger toute son audace.

Ludolphe y une première fois vaincu et amnistié j mais se sentant secondé par son beaufrère Conrad (1), avait osé de nouveau lever l'étendart de la révolte contre son père , à la nou- ^velle qu'Adélaïde venait de donner un fils à .Othon (2).

Othon dut reprendre les armes pour combattre

(i) Add. 953.

Quelques . auteurs pensent que le concours prêté par Conrad à la révolte de Ludolphe, eut pour première cause l'insuccès de ses démarches auprès d'Othon en faveur de Bérenger. . L'orgueil du duc de Lorraine, disent-ils, fut profondément blessé de rencontrer dans le roi, son beau-père, si peu de déférence pour sa médiation.

Nous ajouterons qu'Othon avait depuis quelque temps ôté le commandement de Farmée d'Italie h Conrad.

(2) FnODOABn, Chrome.

cette rébellioD parricide. Le sang coula. Des batailles meurtrières, l'incendie, le piUage, les massacres , toutes ces désolations qfu'entratnent les guerres civiles, épouvantèrent pendant tnns ans la Germanie.

Ludolphe, pour parer aux revers qu*éproufait sa cause, eut la malheureuse pensée d'appeler à son aide les Hongrois dont le fatal concours vint fournir un aliment nouveau à la conflagration qui dévorait l'Allemagne. Enfin, après trois longues années de luttes exterminatrices, Othon , à force de victoires , fait déposer les armes à son fils rebelle et à son gendre ; le pardon, l'oubli du passé sont la seule vengeance de cette grande àme où se reflètent les douces verios d'Adélaïde.

Mais la lutte entre le père et le fils avait, tout en se terminant , laissé les germes de noovelles guerres ! L'imprudent appel de Ludolphe aux Hongrois , avait élargi la voie à ces barbares ; d'innombrables hordes qui s'étaient armées à son signal , et que sa voix impuissante voulut vainement arrêter quand il n'eut plus besoin de leurs secours , se ruèrent af&mées de sang et de pillage sur tous les points de la Germanie. Le danger était immense : personne n'osait espérer que le roi pût refouler tant d'ennemis ; mais le

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