LIVRE 111. — CHAPITRE IV
génie d'Othon est plus grand que le péril qu'il affronte. Ce prince vole au devant des barbares jusqu'à Augusta ( Augsbourg ) en Bavière ; l'ordre, la discipline de son armée , et ses habiles dispositions triomphent du nombre (1). Tout cède au choc impétueux de ses troupes ; partout le champ de bataille se couvre de morts^ et de mourans; ceux qui échappent au fer des Germains se noient dans les eaux du Lech. Rarement l'histoire des peuples eut à consigner dans ses annales le souvenir d'une bataille aussi sanglante et d'une aussi épouvantable boucherie d'hommes.
Neuf siècles et demi après y là aussi , près du Danube et du Lech, dans une merveilleuse campagne de cinq jours dont chacun fut marqué par un trait de génie y par les plus savantes dispositions et par un nouveau triomphe (2) y Napoléon ouvrait cette grande guerre de 1809 qui rendit les armées françaises maltresses de Vienne, et leur brillant empereur, arbitre de la destinée de ceux qui.occufmient alors le trône d'Othon-le-Grand .
Déjà, trois ans avant cette campagne immor-
(1) Ann. 960.
(2) Voir rhistoire très remarquable de la campagne de 1809, par M. le général Pelet.
358 DEUXIÈME ÉFOQUB.
telle f le grand capitaine a^tit forcé Fempereur François II, à qui il avait arraché Tltalie, de dissoudre la confédération germanique^ d'abdiqué le titre d'empereur d'Allemagne et de se contenter de celui d'empereur d'Autriche. Et cinq ans après Wagram, l'homme géant, Tempereiir et roi y k qui les limites de l'empire de Ciarie-' magne avaient paru trop étroites pour son ambition y languissait vaincu et captif sur l'aride rocher d'une petite tle perdue dans rimmensité de l'Océan ; et par contre-coup, FrançcHs D^ agrandissant son emjHre des débris de Tempiie de Napoléon^ ressaisissait son influence en Allenuigne et sa royauté en Italie !