‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 362 sur 380 · T. IL · texte numérisé non relu

T. IL

les et une foule de maux qui, à diverses époques, fondirent sur la chrétienté.

Revenons à la Lombardie en nous résumant... Si elle ne fut pas exempte de quelques vicissitudes sous les rois ou empereurs francs, ces maux ne furent que les faibles contr^MHips des sanglantes agitations qui y à cette époque, travaillaient l'Europe. La période française fut, pour ces contrées, presque un temps de paix et de bien-être au milieu du trouble général ; et quand elle dut subir les nécessités de la guerre, la Lombardie apparut le plus souvent dans les champs de la lutte, comme le bouclier et le glorieux soutien du reste de la Péninsule.

Des abus qui tenaient aux mœurs des temps, et dont n'était exempt aucun autre peuple ; des exactions de quelques grands vassaux que les progrès de l'esprit féodal encourageaient dans leur ambition et leur cupidité , mais que les monarques francs cherchèrent à réprimer et que souvent ils châtièrent ; quelques guerres lointaines où se prodiguaient le sang et For de ses citoyens aussi bien que l'or et le sang de ses maîtres , et dont l'issue , à la vérité , n'intéressait pas toujours directement la Lombardie ; enfin , d'autres guerres d'où dépendaient quelquefois son bien-être, souvent le salut de touleH-

talie j mais dont elle ne fut que bien rarement le sanglant théâtre : telles furent les misères qu'elle connut sous les Francs.

Mais ces sortes de maux se retrouvent aux époques les moins calamiteuses et les plus civilisées dans rhistoirc de toutes les nations. Dom*mages passagers que rachetèrent de glorieux triomphes et les efforts des Francs pour ramener au sein du royaume conquis^ le bienfaitdes lumières et d'une législation progressive : malaise enfin qui, mis en balance avec les biens dus à cette domination de l'étranger, ne doit laisser dans la mémoire des peuples vaincus que des souvenirs de gratitude, et de la sympathie dans tous les cœurs- Un trône à la fois électif et héréditaire , un pouvoir tantôt déféré par l'élection dans des assemblées de grands et d'évéques , sous l'empire de passions violentes et d'ambitions effrénées ; tantôt légué par la seule volonté du prince qui le quittait; quelquefois échu par le droit et sous l'invocation de la primogéniture et de la légitimité ; d'autres fois enfin, tombant aux mains du plus fort et du [dus prompt à le saisir , un tel pouvoir portait dans sa propre nature le germe de sa destruction prochaine.

L'abaissement de la royauté carlovingienne

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amena en Italie l'écroulement de la domination française établie par elle , et minée comme elle par le double vice de son origine^ et d'une constitution encore plus flottante y encore plus indécise.

Trop dépendant de la couronne de France, le trône de Lombardie, outre les embarras et les périls qui lui étaient propres y dut chanceler à chaque coup de bélier porté à la base de Tédifice qui Vétayait. Et nous avons vu des mains lombardes pousser^ elles aussi y à ce fatal ébranlement qui amoncela de nouvelles ruines sur les débris d'une domination à laquelle la Lomliardie dut de si longues années de gloire et de prospérité.

Les véritables maux vont, du fond de la Germanie, fondre incessamment sur les contrées italiennes et se mêler aux tourmentes dont les germes dissolvans surgiront du sol même delà Péninsule.

Ère nouvelle y ère de troubles y de confusion, d'anarchie qui aura aussi ses momens d'éclat et de gloire, époque flévreuse de transition, crise sanglante où va s'opérer en Lombardie la transformation définitive de la domination française en domination germanique.

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