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de Rome ne tardèrent pas à réclamer de nouveau l'intervention du jeune empereur.
Le pape Pascal étant mort peu de temps après le départ de Lothaire, un certain Zizime (1) , romain de naissance y était parvenu à gagner une partie du peuple et à s'en faire élire pape. En même temps Eugène, archiprétre de Sainte- Babine, était élu canoniquement par le clergé. Zizime y qu'une faction soutenait y entretint le schisme pendant quelques mois; mais Louis ayant ordonné à LiOthaire de se rendre à Rome pour la défense d'Eugène II y Zizime se hâta de prendre la fuite à l'approche des Lombards.
Lothaire y cette fois y agit en souverain maître à Rome ; sa parole sévère (2) fît sentir au clergé de la ville des pontifes y tout l'odieux des sanglantes persécutions auxquelles avaient été récemment en butte les partisans de la domination française; il s'éleva avec autorité contre l'espèce d'oppression dont on rendait victimes ceux qui avaient échappé à la mort y et dont les plaintes, il ne le savait que trop, étaient dirigées contre les juges de Rome et les pontifes eux-
(i) Selon le P. Piiichinal, Zinzime, Dict. de ï'IdoL, etc., art. Antipapes, ix* siècle.
[1] I/auteiir anonyme de la Vie de I^uù4e- Pieux. —
MURATOBI.
mêmes ; il fit restituer à plusieurs habitans les biens dont on les avait injustement dépouillés; il se plaignit de l'incurie et de Tignoraoce de quelques papes qui avaient toléré trop d'abus, et signala l'insatiable avarice des juges, et dédara que désormais , selon les antiques usages , les juges seraient nommés par l'empereur. Ceux qui avaient prévariqué dans l'octroi de la justice , ou dans la gestion des affaires publiques , furent envoyés en exil. Cette mesure de rigoureuse équité fut un sujet de vive allégresse pour le peuple romain (1).
Enfin, pendant ce glorieux séjour à Rooie^ et pour prévenir de nouveaux abus dont il n'empêcha pas le retour, Lothaire publia sa célèbre constitution en neuf articles que rapportent Baronius et Holsténius.
Ce décret frappait d'exil quiconque troublerait l'élection régulière d'un souverain pontife.
Des commissaires , nommés par l'empereur et le pape , devaient faire à l'empereur leur rapport sur la manière dont la justice était administrée par les juges , les comtes et les ducs.
Tous les Romains , soit du sénat , soit du peuple, devaient déclarer selon quelle loi ils voulaient vivre, c'est à dire qu'on leur donnait l'op-
(1) MURATORl, Ann. dltal., T. iv, |)ag. ^i60ct ^i63.