‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 54 sur 380 · LIVRE II. CHAPITKE l · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITKE l

que des Lombards. Qui occupait les emplois publics? Qui percevait les impôts? Qui profitait des taxes dont on chargeait la nation? Les Lombards , toujours les Lombards.

Jamais un Italien ou Romain ne prit part, sous cette domination tutélaire , à aucune délibération j à aucun acte d'intérêt national , et ne fut appelé à aucune charge publique.

C'est la voix grave et consciencieuse de Manzoni qui affirme et prouve ces étranges choses !

Hais la loi romaine sous laquelle on avait laissé vivre les Romains y cette loi, dit Manzoni (1) , établissait des offices , réglait des attributions que la conquête effaça. Les rapports , les con- Qits entre les anciens habitans et les nouveaux, la loi romaine n'avait pu d'avance les régler ! Cette loi romaine, qui était obligatoire pour les Italiens , était-elle une sauvegarde pour le mainlien de leurs droits? Qui interprétait cette loi? Qui l'appliquait comme juge? Des Lombards , vous répondent Maffei et Manzoni (2).

(1) Discorso Storico, cap. m , page 383.

(2) A ces noms quelques critiques seront tentés peut-être <^ s'écrier, comme Montesquieu , à propos du livre de i*abbé Dubos, sur V Etablissement des Francs dans les Gaules : * Mais Tauteur a puisé dans de mauvaises sources pour tin "historien : ce n*est point sur des ouvrages d'ostentation 'tpi'il faut fonder des systèmes. * » La poésie n'est pas la

Mo?(TisQuiBo, Esprit des Loti, L. xxvii, chap. m.

Maintenant comment comprendre que de$ historiens, justement accrédités, aient écrit que les Lombards et les Romains ne formaient plw qu'un seul peuple ? *"

Qu'on le reconnaisse donc : cette fusion des deux peuples j proclamée hautement par Paul Diacre, et par beaucoup d'écrivains d'après lui, n'est rien moins que démontrée : il y a justice à faire prévaloir l'opinion contraire.

Nous croyons, nous, que le nord de l'Italie, ravagé, ruiné d'abord par les Huns , puis sous les Goths , était tombé comme une proie facile entre les mains des Lombards; que ces nouveaux envahisseurs ayant dépouillé, décimé, sous les règnes d' Alboin et de Cleph , tout ce qui pouvait rester d'habitans riches et puissans dans le pays , et ayant ainsi nivelé une population qu'ils daignaient à peine considérer comme formant un peuple , ne lui avaient laissé ses anciennes lois et coutumes que parce que tel était l'usage de ce temps-là.

D'où put provenir cet usage? En chercherons-

seule gloire liuéraire de Manzoni et de Maffei , et les opinions émises par ces deux écrivains remarquables sur l'objet qui nous occupe ne sont point produites dans des oovrages d'apparat , mais dans de savantes et graves dissertations historiques ; elles sont d'ailleurs appuyées sur des faits et des documens sans réplique.

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