‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 69 sur 380 · LIVRE 11. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CHAPITRE II

Ce fut aussi une atteinte mortelle portée à la puissance des rois de la seconde race. En effet, les arrière-fiefs, tant que le fief principal était amovible , ou qu'il revenait au prince après la mort du vassal, dépendirent, sinon immédiatement, au moins d'une manière médiate, de l'autorité royale , toujours présente et maîtresse à travers les mutations des divers grands vassaux qui concédaient ces bénéfices et qui pouvaient changer les arrière- vassaux. L'immutabilité du fief dans les familles concentra sur ces familles le dévouement de l'arrière-vassal, qu'elle isola complètement de la couronne du moment où il ne vit plus, dans le roi, le premier et le plus puissant arbitre de sa destinée.

Cette successibilité, accordée d'abord par insigne faveur, fut ensuite réclamée comme un droit à mesure que l'autorité royale s'affaiblit : elle eut plus tard la force d'une coutume. La puissance des carlovingiens subit la loi do son origine; le génie féodal qui l'avait créée en France , l'étreignit bientôt de ses bras puissans et l'étouffia ; ces désordres eurent du retentissemenl et de l'influence -en Lombardie, où le même principe amena les mêmes conséquences. Les mssaux royaux , à l'exception do ceux qu'envoyaient extraordinaircment les souverains

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pour ailminislrer concurremment avec lt*s cum- Les dont ils étaient les égaux daas ce cas , étaient ordinal renienl subordonnés aux comtes el soumis à leur juridiction (1).

Les comtes el les commissaires royaux veillaient à ce que ceux des vassaux royaux qui tenaient quelque bénéfice du roi en biens fonds, rendissent bon compte de leur gestion. Si les fonds composant le bénéfice étaient mal tenus, et si, un an après avoir été avertis de les mieu^ gérer, les vassaux n'avaient rien fait pour les empocher de se détériorer, les comtes et les commissaires royaux avaient le droit de les leur retirer.

Les évéques , les comtes, les abbés, les monastères curent bienlôi aussi leurs vassaux (2).

(1] On trouve beaucoup de iiigem<:iis rendus par les crantes avec les vassauj: ; ce qui les faisail appeler vaisaitt rfe» comtes , (|uoii|uc, dans le vrai , ils fiisscnl les rasxatix du roi.

Giulini , comme nous le verrons en parlaut de la comjwsilioti (les tribunaux présidés par les comtes, fait mention des PassatLc des comtes; il est probable qu'il eût dit avec plus d'exactitude, vanaux du roi.

(2) Ces vassaux , comme les agetis inférieun , * avaient aussi le nom générique de jtmioret , en opposition an dtre de senior, que ces méme-s vassaux ou agens donnaient, comme marque de respect, h leur comte. Ciidini fait déri-

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