‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 71 sur 380 · LIVRE II. — CHAPITRE II. 23Y · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II. 23Y

en sûreté sous sa protection. C'était un contrat (ameuté par des sermons; l'inférieur {jtmior)j ^ le prêtant , mettait ses mains jointes dans ceBesde son chef {senior).

On trouve le germe de cette institution, qui fut h base de toutes les autres, chez les Germains de l'époque de Tacite. D'après cet historien, chaque capitaine ou chef était accompagné d'un certain QtHnbre de partisans ou vassaux, qui faisaient son cortège en temps de paix , et le suivaient an combat en temps de guerre. Ils regardaient eomme un devoir indispensable de combattre à ses c6tés , et comme une honte de lui survivre (1). Il y aurait eu honte aussi pour le chef de le céder en valeur à ceux qui le suivaient.

Rien n'indique que ce lien entre le vassal et le seigneur entraînât, vers le ix* siècle en Lombardie , une aussi complète abnégation de soimême, un dévouement aussi absolu ; mais les Saxons, qui, à cette époque, dominaient en Angleterre, y faisaient revivre ces coutumes gernaaines dans leur sauvage et romanesque héroïsme.

On lit dans l'histoire d'Angleterre de Lingard, qwe lorsque Cynewulf, roi deWessex, fut surpris

(1) Tacite, Genn., 13 et i/i.

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^ , était la valeur don- ^^ vlividu, et le wi-

•^^ pouvoir être

^ ^-^^ .0 la demande de

*K constater sa position

4 0 mentionnait le juge-

lOres, trop pauvres pour pouvoir Lideschild , allaient demeurer dans > appartenant à quelque seigneur ou à jue établissement religieux, et y prenaient ^ tènement. L'état de ces individus était mi-^ toyen entre celui des serfs et des hommes libres; on les assimilait aux aidions ^ dont le sort rappelait les anciens affranchis (liber ti).

D'autres hommes libres, sans y être forcés par une extrême pauvreté , cherchaient , en payant un cens à quelques seigneurs ou à quelque congrégation , à se faire considérer comme al-

(i) Giulint * cite une requête et une décision de juges ibnsnneadTairede ce genre. L^acte qui en fait foi est signé p« le tribunal. îl y est dit que quelques juges , ne sachant pass^er, y tracèrent une croix , après avoir posé la main sur la sentence en original, formalité qui se certifiait par CBB mots , Manum posuit. Ç.eX acte est aussi signé par le nc>^ Caire qui affirme le tout.

• Gim.i.^1, Stor, dt MU,, twn. 1".

238 PUEMIÈRE ÉPOQUE.

dans Tobscurité de la nuit (1)^ ses hommes refusèrent d'abandonner leur seigneur et même de lui survivre ; que, le lendemain matin , les quatre-vingt-quatre compagnons de Cyneheard, meurtrier de Cynewulf , quoique enveloppés à leur tour par des forces supérieures, rejetèrent Toffre qu'on leur fit de la vie et de la liberté , et qu'ils aimèrent mieux succomber dans une lutte sans espoir, que de violer la foi qu'ils avaient jurée à un proscrit (2).

Nous nous sommes occupés des grands et des petits vassaux , voyons ce qu'on entendait par hommes libres.

Les hommes libres étaient ceux qui, d'un côté , n'avaient point de bénéfices ou fiefs , et qui, de l'autre , n'étaient ni aidions, ni soumis à la servitude de la glèbe. Pour jouir de la qualité d'homme libre il fallait , en outre, prouver qu'en meubles et immeubles on possédait le wideschild , qu'il ne faut pas confondre avec le widrigild. Le widrigildy comme nous le verrons

(1) Année 786.

(2) LiNGARD, T. 1", pages 22G , 227 el 228. —Cet historien cilc : (a Chronique sax, , 57, 63. — Hunt, 196, 197. -— Fier,, ad anno l^k. — Mabm,, 7. — Ethehr., :W7. — ff'a.sfwih,, ad anno 786.

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