‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 73 sur 380 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

intiment d'humanité : le mépris et la méfiance ^iez des maîtres orgueilleux et cruels, voilà ce î^i tenait cette classe malheureuse loin des vicissitudes de la guerre ; ou hien, si on les appela quelquefois, comme chez les Visigoths, dans les '^iigs de l'armée, ce fut pour partager, non '^honneur et les profits d'une expédition guer- ■"iére, mais ses fatigues et ses périls, toutes les ft>is qu'un danger trop grand forçait de recourir ^Ux ressources extrêmes.

Le sort des serfs ou esclaves, à quelques! ^xiances près , était partout le même chez les peuples divers qui couvraient la surface de l'Eu» ■*ope dans ces temps reculés. Partout oppression et ignominieux traitemens ; leurs person- ^^s, leurs familles, leurs biens, de quelque nat^\jre qu'ils fussent, étaient la propriété de leurs ^^igneurs , sauf quelque misérable pécule lon- S>ienient, péniblement amassé, et qui servait Quelquefois à leur rachat. On disposait d'eux pMr donation ou par vente (1); on les cédait, si^ec les terres, à un nouveau propriétaire ; on 1 6s partageait par testament à ses héritiers : ils

(1) Dans les premiers temps , la vente des serfs , en Lom- ^rdie, ne pouvait avoir lieu qu'en présence des comtes ou ^^ rommissaires royaux. Des lois ultérieures permirent M^e celle vente se fit devant des agens inférieui-s , pourvu

244 PREMIÈRE époque;.

olaient garans entr'eux de leur conduite respective.

La servitude , au ix' siècle , bien que mitigée dans ses rigueurs comparativement au régime ides vieilles républiques de Sparte et de Rome,^ n'en était pas moins un outrage à Thumanité.

Des souverains 9 n'osant abolir la coutume^, s'efforcèrent, en multipliant les obligations dea^ maîtres envers les serfs , d'adoucir la situatioo de ces infortunés ; ainsi y par exemple, des lois furent promulguées pour assurer la subsistance des serfs et de leurs familles : l'honnêteté des

que les esclaves ne sortissent pas du royaume : Foras nwrcom nemo mumcipia vendet.

Nous ne savons si Ton a pu dire ensuite de la vente do esclaves en Lombardie , ce que Lingart a écrit sur ce commerce chez les Anglo-Saxons :

« On voyait , dit Thistorien anglais , ces malheureux let- » dus pêle-mêle avec le bétail dans les marchés , et nous « avons des raisons de croire que le prix d'un honune était » ordinairement quatre fois celui d'un bœuf. L'octroi payé >' pour l'achat d'un bœuf, au marché de Lewes, était (faut >» penny ; celui d'un honmie, de quatre. On mettait un iuot «prix aux femmes enceintes. » ( Ling., Histoire d'AngL, ]*' supplément, pages 569 et 570. )

Les ilotes , chez les vieux républicains de Sparte « les esclaves de la république romaine , n'étaient pas mieux traités; et la classe noire ne subit pas un moins monstrueux esclavage au milieu de la superbe philosophie du \ix* siècle , dans d'autres républiques , chez des peuples éclairés par le flambeau du christianisme , et réputés les peuples libres par excellence.

Page 1