‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 8 sur 380 · LIVRE I''. — • CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I''. — • CHAPITRE III

h chaleur de l'&tre ruina ce qui restait encore de présentable dans leurs vétemens.

Le roi se fit un malin plaisir de les mander auprès de lui; et les voyant aussi honteux de leur étrange accoutrement que chagrins d'avoir perdu des objets d'une si grande valeur : c< Fous » que vous êtes y leur dit-il , quelle est mainte tenant la pelisse la plus précieuse , la mienne 1» qui m'a coûté un sou^ ou la vôtre pour laquelle » vous avez prodigué tant d'argent et d'or? )>

Giulini qui y d'après le moine de San Gallo y raconte ce fait, en conclut que le goût d'un luxe eflEréné et la préférence donnée aux modes venant de l'étranger, ne sont pas choses nouvelles pour son pays, que le mal est vieux, et conséquemment plus difficile à guérir. Que ne disait-il que cette maladie a tenu de tous temps et tient encore tous les peuples, et qu'elle est incurable !

Bien qu'occupé, de ce côté des Alpes, par son interminable guerre contre les Saxons , et par une expédition nouvelle contre les Sarrasins , auxquels il enleva (1) la Navarre et les meilleures provinces en deçà de l'Ebre , Charles ne perdait pas un moment de vue ses conquêtes en

(l) Jean de Ferreras, Histoire d* Espagne, T. u, ann, 778.

80 flIEMlËHE l^l>^(jUE.

llalic. Un synode fui convoc|ué on France; le roi y appela îles éviîques et les premiers seigneurs italiens pour faire (larticiper leur patrie au bienfait de ces lois immortelles qui, sous le nom de Capitulaires , sont un des plus glorieux monumensde ce grand règne.

La sagesse de ces institutions, si belles pour l'époque où elles furent promulguées, la gloire de Charles , toujours croissante comme sa puissance, la terreur que des victoires multipliées, mais le plus souvent lointaines pour l'Italie, semblaient devoir attacher à son nom ; enfin ta surveillance de ses comtes pris, pour la plupart, parmi ses plus dévoués serviteurs, ne sufllsaient pas pour lui soumettre complètement la Lombardie et les peuples que ses armes avaient réunis à ce royaume. Un reste mal étoulTé des anciennes rébellions minait sourdement son autorité; enfin, de secrètes intrigues, tant à l'intérieur qu'à l'eslérieur, entretenaient cet esprit de soulèvement qu'encourageaient et souvent justifiaient la morgue et les exactions d'un grand nombre de gouverneurs.

Charles sentit tout le dommage que son absence portaità sa royauté en Italie. Ne pouvant, lui qui sans doute rêvait déjà cet empire d'Occident dont il saisit bientAl après le sceptre,

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