LIVRE 11. — CHiLPlTftE III
pense légale , qu'un seul moyen d'exemption : c'était Veribannum. Nous en parlerons en traitant la question générale des impôts et autres ressources pécuniaires de l'Ëtat y sujet où nous conduit naturellement l'article qui précède ; en etfet, le service militaire n'était-il pas un impôt 4^ frappait les hommes libres?...
Les peuples barbares du Nord ne payaient pas d'impôt.
Montesquieu cite un passage de Grégoire de 'l'oors (1), d'après lequel Parthénius pensa être ii^is à mort par les Francs, pour avoir tenté de leur imposer des tributs. Le même auteur rappelle la loi des Visigoths, qui voulait que, quand ^n Barbare occupait le fonds d'un Romain , le J^e l'obligeât de le vendre, pour que ce fonds ^^nlinuât à être tributaire.
Ainsi les Goths en Lombardie ne payaient P^s de tributs sur les terres. Il est probable que les Lombards , dont l'origine était la même , ^'auront point, à leur propre détriment, aboli
^' quand on fréquentait des auberges ou hôtelleries que ^n appelait Brunice; * sans doute cette prohibition avait ^Ur but d'éviter des suites sanglantes aux querelles dont ^^ lieux publics sont trop fréquemment le théâtre.
(1) Grégoire de Tours, Hv. m, chap. xxxvj.
OiCLim.
ces coutumes commodes et primitives , et que , dans cette loi générale établie par eux en Lombardie , que les vainqueurs et les vaincus conserveraient leurs lois et leurs usages y ils n'auront pas abrogé, quant à eux, le privilège si important de Texemption de rimp6t; mais comme la loi romaine exigeait le census ou le tributum (1), il est à présumer que les vainqueurs n'auront pas dégrevé les vaincus de cette charge. Nous n'oserions pas assurer que les Francs , venus après les Lombards , n'aient pas fait comme eux.
Si cette différence j au moins entre les premiers vainqueurs et les vaincus, n'existait pas, comment s'expliquerait cette loi desVisigoths quenous venons de citer? S'il n'y avait pas eu de terres tributaires , comment expliquer tous ces décrets tendant à empêcher des individus de disposer de leurs biens , par des donations feintes en faveur des églises ou établissemens religieux , daiis le but de soustraire ces mêmes biens à Timpôt?
Au reste, peu de terres en Italie devaient être
(1) Uesterait à établir la véritable signification de ces mots qui , quelquefois , furent pris dans un sens si générique , qulon y a compris même les péages des rivières, les voitures fournies dans les tournées royales , etc. Ici , nous ne Tentcndrions que dans Tacception qui spécifierait un impôt direct frappant les terres possédées par des Romains.