‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 99 sur 380 · LIVRE 11. — CUilPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CUilPITRE IV

Cubasses ; la dépouille des peuples vaincus paraissait aux Romains le plus noble et le plus fructueux moyen de s'enrichir.

Devenue maîtresse du monde j Rome , pour ^séparer les peuples soumis à sa domination tyx'^omique des nations barbares qu'elle n'avait pu dompter, défendit de commercer avec ces suations.

Le négoce des Indes et celui de l' Arabie-Heureuse furent les deux branches et presque les j&€ules du commerce extérieur. Rome porta chez l^cs Indiens et les Arabes, son or et son argent ^n échange de leurs marchandises ; elle y emf^oyait, d'après Strabon , cent vingt navires , et y envoyait cinquante millions de sesterces.

La branche principale du commerce intérieur

était celle des blés qu'on faisait venir pour la

subsistance du peiiple de Rome , ce qui était ,

dit Montesquieu , une matière de police plutôt

qu'un objet de négoce.

Négligé sous la puissance romaine, et de plus décrédité pour les altérations successives que plusieurs empereurs firent subir aux monnaies, le commerce fut anéanti en Europe par l'invasion des Barbares. Il y reparut quand ces hordes commencèrent à se civiliser. Gharlemagne le fit fleurir parce qu'il était le maître des mers. Ce

prince avait^ à Tembouchure de tous les grandi fleuves de son empire y des bateaux , soit poui protéger le commerce , soit pour arrêter les inondations des Barbares, les chasser de ses rivages, et les refouler dans leurs climats ou brûlans w glacés.

Sous ce règne glorieux , les marchands dei côtes de la Toscane et ceux de Marseille, allaient chez les chrétiens de Gonstantinople et chez les musulmans d'Alexandrie en Egypte , échangei l'or et les produits de leur industrie renaissante contre les richesses de l'Asie.

Venise et Gènes , si florissantes depuis, commencèrent dès lors à poser les bases de cette prospérité qui fit long-temps de ces deux villes , deux reines rivales se disputant le sceptre du commerce et de la mer.

Des manufactures d'étoffes de laine s'établirent à Tours, à Lyoïiy Arles , Rome, Re^^enne^ Milan. Cette dernière ville se rendit plus tard célèbre par ses ateliers d'armes. On damasquina le fer à l'exemple de l'Asie ; on fabriqua le verre. Les étoffes de soie n'étaient encore tissues dans aucune ville de l'empire d'Occident; Charlemagne , peu porté pour le luxe , semble avoii voulu laisser à d'autres le soin ou la gloire d( cette conquête. Sous son règne, les Vénitiens,

Page 1