CHAPITRE PREMIER
(Depuis Conrad le Grand jusqu'à trédérlc le Belliqneui.)
epuis l'établissement de la marche de Misnie, nous avons vu à plusieurs reprises les comtes de Wettin administrer le margraviat, comme nous les trouvons également margraves de l'Ostmark et de Thuringe.
Cependant, ces margraves n'étaient point encore des vassaux princiers avec des droits héréditaires, mais plutôt de hauts officiers révocables, investis d'un pouvoir presqu'exclusivement militaire; des seigneurs à qui, suivant les intérêts de leur trône, les empereurs conféraient ces fonctions élevées. Toutefois, une tendance naturelle des grands et des petits vassaux à transmettre à leurs familles leurs dignités et leurs charges avec les propriétés qui s'y trouvaient attachées, s'était manifestée dès les temps les plus anciens. Déjà, l'empereur Conrad II (1024 à 4039), les petits
fiefs étaient devenus peu à peu réellement héréditaires.
Les longues luttes intestines, que Rome excita et nourrit entre Henri IV et les princes de l'Allemagne, les querelles entre les Guelfes et les Hohenstaufen, et les vastes projets, les vues lointaines de ceux-ci, durent, par la force des choses, entraîner le droit d'hérédité des fiefs plus considérables de l'empire. Les empereurs, incapables de résister avec succès aux usurpations réitérées de quelques-uns de leurs grands vassaux, trouvaient dans la concession de pouvoirs et de privilèges, le moyen soit de renforcer leur parti, soit de récompenser ceux envers lesquels ils se sentaient quelque obligation. Or, ce droit de succession ne fut pus seulement lu base de la souveraineté patrimoniale future, mais encore le germe de Tordre social et du développement de l'existence politique des nations.
Dans le pays de Misnie, cet important privilège date de Conrad le Grand, auquel l'empereur Lolhaire IF, son cousin, avait conféré le margraviat, à une époque où les grands fiefs commençaient déjà à se fixer dans les familles qui en étaient investies. Conrad le Grand, surnommé aussi le Pieux ou le Riche, parvint, par un heureux concours de circonstances, à pousser son autorité peu considérable d'abord, à un haut degré de puissance, et à se rendre possesseur d'un vaste territoire, fondant ainsi la prépondérance et la richesse de la famille de Wetlin.
Dès les premiers temps de son règne, surtout après la mort de Henri d'Eilenbourg le Posthume et de son propre frère Dédon, il avait réuni à l'ancien comté de
Wettiu, le burgwart (burgwardum) de Zœrbig, le comté d'Eilenbourg , la surintendance du Gau de Suisili, le comte de Brène et tous les biens aliodiaux de la famille, en Thuringe, dans le pays de Brunswick, et ailleurs. A la mort de Henri de Groitsch 1 (4155), il lui échut encore le pays de Pégau et de Zwickau, et en même temps il fut investi, par l'empereur Lothaire, du margraviat de la Lusace inférieure.
En i 144, il hérita des districts de Budissin et de Nisani , après avoir reçu , l'année précédente, par donation de l'empereur Conrad III, le comté de Rochlitz.
Mais ce ne fut pas seulement par l'extension de son territoire que le margrave Conrad se distingua : il eut aussi la gloire d'être un vaillant paladin de l'empire, un pieux défenseur de la religion et de l'Église. En Italie, il combattit avec honneur contre les Normands (1136)*; en Allemagne, contre Albert l'Ours, comte d'Ascanie (1158)*, et, en accord avec l'esprit de son
'Cet Henri de GroiUcb, second fils de Wiprcchl dont il a été précédemment fait mentioo, était margrave de la Basse- Lusace depuis 1131. Berl ne de Groitsch, fille de Wiprccht, qui avait épouse le frère de Conrad, Dédon 111, mort en 1 134. l'était retirée à Groilscb, domaine de sa famille, qu'elle se réserva déléguera Dédon, fils de Conrad, son neveu.
* Il At partie de la seconde expédition de l'empereur Loi ha ire de Saxe en Italie, dirigée contre Roger, duc des Normands, qui s'était attribué, à l'iosu de l'empereur, le litre royal, et qui s'était emparé do la personne du pape Innocent III. Les annalistes saxons mentionnent spécialement les hauts faits de Conrad de Misnie durant le siège d'Ancone.
' C'est Richenza, veuve de Lothaire (mort en 1137), qui institua son allié, le margrave Conrad, contre Albert, auquel Conrad III de Hohcnstaufen avait conféré le duché de Saxe , aux dépens de Henri le Superbe de Bavière, beau-fils de Lothaire, dont les Hoheostaufen voulaient briser la puissance. Conrad de Misnie ado se réconcilier bientôt avec l'empereur, puisqu'il en reçut, comme il est dit plus haut, le comté de Rochlitz. cinq ans après.
siècle, qui exigeait duo prince les sentiments de piété non moins que la valeur physique, il entreprit (1145) un pèlerinage dans la Terre-Sainte, et plus tard (114-7), une croisade contre les Obolriles dans le Mccklcnbourg, avec Henri le Lion. C'est dans la fondation de couvents et dans les nombreuses dotations qu'il prodiguait aux églises, que l'ardeur religieuse de Conrad se manifesta avec le plus d'éclat. Il acheva, sur la prière que lui avait adressée son frère au lit de mort, la construction du couvent de St.-Pierre sur le Laulerberg *. Il le gratifia de riches donations, se réservant pour lui, et après sa mort, pour l'aîné de sa maison, le patronage de cette abbaye, qu'il avait destinée à être la sépulture de sa famille. Il était également le patron de plusieurs autres institutions religieuses à Mersebourg, à Meissen, et dans l'évéché de Naumbourg-Zeitz, ainsi que du couvent d'Ëlchiugen en Souabe, fondé par lui et son épouse Luitgarde. Une riche donation, faite en Palestine au Saint-Sépulcre, démontre encore son dévouement à la religion. Son voyage dans la Terre-Sainte paraît cependant avoir été entrepris en pénitence de la répudiation de son épouse, Berlha de Groitsch ; et de retour en Europe, il apprit en Bavière la nouvelle de la mort de Luitgarde, sœur de l'empereur Conrad 111, qu'il avait épousée en secondes noces 1 .
* C'est dans le courent du Lsuterberg, qui relevait de Tordre des Augustin*, que fut composée la fameuse chronique, dite du Mont-Sertin ou du Pettrsbery, qui comprend l'époque de 1 124 à 1933.
* L'auteur du texte est en erreur. Le motif du pèlerinage eu Palestine, qu'il attribue a Conrad, est celni qui y avait déterminé son frire. Bertba de Groitsch
Le fait suivant nous donne un beau témoignage de son caractère solide et loyal. Une de ses filles avait épousé le roi Suen de Danemark. Ce prince se rendit un jour chez son beau-père , et fit tous ses efforts pour déterminer celui-ci à le délivrer secrètement du prince Waldemar de Schleswig, qui faisait partie de sa suite. Indigné dune aussi lâche proposition, le margrave répondit : « J'aimerais mieux voir mon gendre, ma fille et mon petit-fils attachés au gibet, que de déshonorer ainsi mon nom dans les derniers jours de ma vie. Que le roi vide cette affaire en digne chevalier ; ce n'est que sous cette condition qu'il pourra compter sur mon secours. »
Conrad avait voué toutes ses forces à l'agrandissement et à la consolidation de ses États. Mais un principe déjà dominant à celte époque, et devenu celui de la maison de Wellin jusqu'aux temps modernes, eut une influence nuisible tant sur le pays que sur la dynastie elle-même; c'est le principe de la division des États entre les fils du prince régnant. Se conformant à cette coutume, Conrad distribua son héritage de la manière suivante entre ses fils : l'aine, Othon, lui succéda dans le margraviat; Thkrri dans la Lusace inférieure et les possessions provenant des Eilenbourg; Dédon hérita de Groitsch et de Kochlitz : Henri du comté de Wettin, et Frédéric, enfin, du comté de Brène. Le sixième fils,
n'était pas l'épouse de Conrad, mais de' Dédon. Les historiens ne rapportent qu'une seule union conjugale de Conrad, celle avec Lnitgarde. Je ne «ois pas non plus constaté par les historiens de Saxe , que celle-ci fût la sœur de l'empereur Conrad III, mais bien, qu'elle fut la Aile d'un comte de la Souabe.
Hermann, entré dans l'Église, mourut évéque de Bamberg en 4477. La Lusacc supérieure devint réversible à l'empereur. Conrad se relira des affaires et du monde, en se faisant frère laïque parmi les moines du Petersberg (4456). 11 mourut peu de temps après, le 5 février 4457, à lage de cinquante-neuf ans
L'affaiblissement qui devait nécessairement résulter du démembrement des Etats réunis sous le sceptre de Conrad de Wettin, fut heureusement réparé, outre d'autres événements favorables, par l'extinction successive des quatre branches collatérales, qu'amena le partage de Conrad. Ces extinctions firent que, Pan 4290, presque toutes les portions de la succession de Conrad furent retournées à la tige principale.
Otmor le Riche, fils aîné de Conrad . était destiné à propager la ligne de Misnie, et à continuer le mouvement ascendant de l'influence des Wettin. Son gouvernement fut salutaire au pays.
Sur les instances de son épouse Hedwige, fille d'Albert l'Ours de Brandebourg et de Saxe, Othon fonda l'abbaye de Celle près de ÎNossen sur la Mulde (4462-4475). Cette abbaye devint aussi la sépulture de la famille 7 . La nouvelle institution reçut de la part de son fondateur de riches dons et privilèges. Entr'aum très il la dota , dès le commencement, du produit de
* Du temp» de Conrad, est-il rapporté, le pays de Misuie fui cultive par de» colons venu» de Flandre, qui y jouiraient de privilèges considérables. Voyez IA-des»us, comme en Général, sur le regue de Conrad le Grand, Schotttytn. Vie de Conrad le Grand, margrave de Misnie et de Lusaoe. Dresde. 1745. 8. Ejutd. Disquiiitio de Luilgardi». Conradi Magol moris, origine Suevica, Dresd. 1740. 4.
• Depuis Otltnn le Ricbc jusqu'à r'rederic le Sévei-r.
SOO charrues de terrain, et de plusieurs endroits environnants. Plus tard, sous l'empereur Henri VII en ce monastère, qui relevait de l'ordre des bénédictins, obtint le droit d acquérir des fiefs impériaux, sans l'autorisation de l'empereur, ce qui conférait à l'abbé de Celle le rang de prince, mais dans un degré inférieur à celui des princes immédiats. Parmi les biens de ce cloître se trouvait une grande portion de la forêt de Mirîquidi, dont le défrichement fit découvrir, dans les environs des villages de Christiansdorf, Barthclsdorf et Losnitz, qui dépendaient de l'abbaye, des filons considérables de mine d'argent.
En conséquence de cette découverte, Othon, qui antérieurement avait cédé ces villages à l'abbé de Celle, les lui fit échanger contre la petite ville de Rosswein, et s 'étant fait concéder la régale par l'empereur, il appela des mineurs du Harz et de la Bohême, pour exploiter avec soin cette riche ressource de son terrain. Christiansdorf et Losnitz, villages insignifiants, deviennent bientôt une ville entourée de murailles et pourvue de privilèges et d'immunités importants (4 179). Ainsi s'éleva au centre de ces exploitations, qui firent donner à ces forêts le nom de Monts Métalliques (Erz- (jrbirgé), la ville libre de Freiberg, dont la population s'agrandit dans la même proportion que le bien-
8 L'abbaye de Celle, uommée Altcn-Celle, pour la distinguer de celle qui fut fondée plut tard dans la Basse-Lusace, et qui fut appelée Xeu-Celle, adopta dans la suite la rifle de Citeaux, et a produit bien des savants que les annales de la Misnie mentionnent avec vénération. Après sa suppression au iyi« siècle, la bibliothèque qu'elle renfermait , fnt incorporée a celle de l'université de LelpiU.
être se propagea dans tout le margraviat. Une activité industrielle extraordinaire vint se manifester au milieu de ces forêts de l'Erzgebirge, et jusqu'aux temps les plus modernes, une grande pureté de mœurs, jointe à une fidélité et un dévouement remarquable à la maison de Wetlin, a toujours distingué les habitants de ces contrées.
Othon était heureusement assez sage pour ne profiter qu'avec circonspection de cette prospérité , qui était venue si subitement embellir son régne. La quantité toujours croissante de numéraire avança le. commerce, et augmenta la richesse du pays. Leipzig fut doté de deux foires r encore florissantes de nos jours, ainsi que de droits et de franchises considérables.
Othon, parait-il, avait posé en principe, et il ne s'en est jamais écarté, que la liberté du commerce est le seul moyen de le faire fleurir, et qu'un commerce florissant, mettant en mouvement une activité variée, amène le bien-être, la richesse et le développement social d'un pays. Aussi remarqua-t-on dès lors dans les villes, misniennes une vie toujours plus animée, un mouvement toujours croissant; Allenbonrg, Chemnitc, Zwickau, Mersebourg, Eisenberg, Naumbourg, Grimma. Budissin, Zittau, Gorlitz, Loramatsch, Meissen, Grossenhayn, Eilenbourg et surtout Freiberg et Leipzig formèrent la plus belle couronne de l'héritage desWettin ; l'importance politique de la Misnie s'accrut de plus en plus et ce pays l'emporta bientôt sur d'autres Étals en culture, en richesse et en population.
D'un autre côlé, le margrave Olhon employa ses trésors à des actes de bienfaisance, à de riches libéralités envers les églises et les couvents ; et ceux-ci méritaient d'autant plus cette munificence de la part du prince, qu'ils étaient alors presque le seul refuge des sciences et des arts. Mais Othon devait subir à son tour les rudes épreuves de la vie; les acquisitions qu'il avait faites dans la Thuringe, au moyen du produit de ses mines, l'entraînèrent dans une désastreuse querelle avec le landgrave Louis III, à la suite de laquelle il fut fait prisonnier sur la Warlbourg. Sa captivité ne finit que par l'intercession de l'empereur Frédéric Barbcrousso. En outre, pendant les dernières années de son règne, et par suite des dispositions qu'il avait arrêtées au sujet du partage de ses Etats, il se prépara les plus vifs chagrins. Conformément au droit féodal germanique, il avait destiné le margraviat à son fils aîné, Albert, et au cadet, Thierri, le comté de Weissenfels et quelques autres possessions; mais ayant, sur les instances de son épouse, changé cette résolution, il assigna le margraviat à son fils cadet et le comté de Weissenfels à l'ainé. Celui-ci, dans son juste regret, prit les armes contre son père, et, assisté de son oncle maternel, le duc Bernard de Saxe, il se saisit de sa personne et le retint prisonnier dans le château de Dewin (Dôben près de Grimma), jusqu'à ce que l'empereur Frédéric I er lui enjoignit de le mettre en liberté. Néanmoins la querelle éclata de nouveau, et ne se termina que par un accommodement qui se fit à Wurzbourg on 1 189. et dont le roi Henri VI s'était entremis : mais
Othon n'y survécut que quelques mois, et mourut le {S février H 90*.
Parmi les frères d'Olhon le Riche, Thicrri avait reçu, comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, la Lusacc inférieure (ou l'Ostmark) et les biens d'Eilenbourg, et Dédon, les seigneuries de Rochlitz et de Groitsch. Thicrri ,0 mourut en 1185 sans enfants légitimes , et Dédon, qui acquit la Lusace au prix de 4,000 marcs d'argent, ne lui survécut que peu de temps, et ne laissa qu'un fils, mort lui-même en 1210 sans héritiers mâles". Les États de Thierri et de Dédon, savoir Rochlitz, Groitsch, Eilenbourg et la Lusace inférieure, tombèrent de nouveau dans la souche principale de la famille, celle de M isnie. Henri , quatrième fils de Conrad le Grand , avait succédé à son père dans le comté de Wettin. A sa mort (4 181), il ne laissa que deux fils : Henri, mort en 1187, et Ulrîc, dont le fils unique,
9 Sur Othon, consulter : (Monis, Misnùr mardi ionis et fundatoru f eterts Crilcr. vila per astetam ctllensem tlescripln (dan* Knaulh, chronique de Altccllc, par* 8, pag. 38). Dresde 1729. Jeniehen, progr. de Otlone divlte. Lipi. 1739; ejusdem progr. de Hcdwige, Oltonis conjuge.
10 Ce margrave fui témoin de la cérémonie de la réconciliation enlre l'empereur Frédéric I" et le pape Alexandre III, devant l'église do S'-Marc a Venise, le 24 juillet 1 177. On raconte (Je n'examine pai si c'est avec raison) que le pape, à cette occasion, mit sou pied sur le cou de l'empereur, en réglant les paroles de l'Écriture : Super aspidem H batUitcum ambulabit ; mais le margrave Thicrri ayant fait sentir a son empereur l'outrage de celle humiliation, le pape aurait relevé celui-ci et l'aurait embrassé scion la coutume de* pontifes.
Ce prince était un des plus ardents ennemis de Ilenri le Lion, qu'il provoqua même en duel. C'est lui qui Ht bâtir le château de Laodsberg qui donna lien i la dignité purement titulaire de margrave de Landsberg.
" La mort de Dédon est attribuée a une opération chirurgicale, à laquelle II
décédé à 12 ans ou 4217 , fut le dernier de cette branche de Wetlin. — Le comté de ce nom fut transmis, par suite d'un traité particulier conclu avec Thierri de Misnie, (ils d'Othon le Riche, à la branche de Brène.
Le plus jeune des lils de Conrad , Frédéric, était possesseur de ce dernier comté. Sa race ne s'éteignit qu'en 1290 avec Olhon, qui, deux ans avant sa mort, avait vendu le château, la ville, et tout le comté de Wettin à l'archevêque Eric de Magdebourg, pour la somme de 800 marcs d'argent. De cette manière, le château de Wettin, qui avait élé le berceau de celle illustre maison, lui fut aliéné à jamais ". Quant au comté de Brène , l'empereur Rodolphe le remit,comnie fief vacant, à son petit-fils Rodolphe, duc de Saxe; mais plus tard, sous Frédéric le Belliqueux, ce pays
t'était soumis sur le conseil d'un médecin Ignorant. Il espérait, en se faisant couper la graisse hors do corps, perdre la corpulence extraordinaire qui lui avait fait donner le surnom le G rat.
Dédon avait eu cinq fils, dout deux moururent en bas âge. Des trois autres, deux se vouèrent à l'Église. L'un d'eux cependant, Thierri, rentra dans le monde, ayant souillé son caractère ecclésiastique dans un tumulte, auquel il prit part comme étudiant à Paris. Il se nomma dès lors comte de Sommerschenbourg et épousa Malhlldc, princesse de Tburiuge. — Une fille de Dédon , ayant épousé le duc Berthold IV de Croatie et de Dalmalie, devint la mère d'Agnès, reine de France (épouse de Philippe le Bel); de Gertrude, femme du roi André de Hongrie el mère de sainte Elisabeth ; enfin de sainte Hedwige, épouse de Henri le Barbu, comte de Licgniti. Nous voyons donc, dès le 13"" siècle, le sang des Wettin se communiquer aux familles princières les plus estimées de l'Europe.
» Aujourd'hui Wettin est une petite ville de 3,000 âmes, appartenant a la régence de Mersebourg. On y voit encore le vieux château qu'habitaient autrefois les princes saxons. Elle 'est le siège d'un conseil royal des mines, car on exploite dans le voisinage des houillères assez considérables.
échut de nouveau, avec les territoires du duché de Saxe, à la famille de Misuie
Pour en revenir à l'histoire particulière de ce dernier État, nous avons vu que les successeurs d'Othon le Riche étaient Albert dans le margraviat, et Thierri dans le comté de Weissenfels, et que le différend qui s'était élevé au sujet de la succession d'Othon, encore du vivant de celui-ci , avait été aplani par le traité de Wurzbourg, en 1489. La paix fut de courte durée. Un trésor de 3000 marcs , qu'Othon avait laissé dans le couvent d'Alten-Celle , à l'effet de fonder des messes pour le salut de son âme, suscita de nouvelles querelles entre les frères, et tourna la haine du clergé
13 Le tableau suivant fera mieux ressortir oe qui a été dit sur les cinq branches de Weltin qui se divisèrent la succession de Conrad le Grand, f 1157 :