‹ Histore de la maison de Saxe-Cobourg-GothaChapitre 6 sur 28 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

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usqu'ici nous avons traité l'histoire de la maison de Wettin, que nous avons vue parvenir successivement au margraviat de Misnie , au landgraviat de Thuringe , au palatinat saxon, au duché de Saxe et à la dignité électorale, — dans toute sa largeur, c'està-dire en portant notre attention sur toutes les principales lignes collatérales qui se sont formées depuis Conrad le Grand, premier margrave héréditaire de Misnie. Le partage dont il a été question en dernier lieu, ayant divisé la maison de Saxe en deux liges, qui depuis n'ont plus été réunies , le cadre de notre sujet se resserre, et nous n'avons à nous occuper dès maintenant que de la Saxe Ernestinc et de ses gouvernants. Nous ne toucherons l'histoire de la ligne colla-

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téralc, que pour autant qu'il s'agira de faire connaître les rapports qui existèrent dans la suite entre les descendants d'Ernest et ceux de son frère cadet, le duc Albert.

La souche de la maison saxonne-crnestine, l'électeur Ernest, duc de Saxe, landgrave de Thuringe et possesseur des diverses terres en Franconie (Cobourg, etc.), qui étaient échues depuis 1355 à la famille des Wetlin, ne survécut pas longtemps au pacte de 1483. Lan suivant déjà, le 26 août, une chute de cheval lui coûta la vie, à I âge de 46 ans. Quelques mois auparavant, il avait assisté à Francfort à l'élection du roi Maximilien, et avait même exercé sur elle une assez forte influence. Il laissa quatre fils. Deux, savoir le second, Albert, et le troisième, Ernest, se vouèrent à l'Eglise \ Frédéric, l'ainé, né en 1463, succéda par droit de primogéniture à l'électoral , et gouverna, en commun avec le plus jeune de ses frères, Jean le Constant, né en 1467, les États patrimoniaux dont ils avaient hérité.

Frédéric, qui figure dans l'histoire avec le glorieux surnom de le Satje, est un de ces princes extraordinaires dont l'activité tomba dans une de ces périodes décisives qui signalent le progrès de la civilisation ; une de ces natures d'élite, dont l'existence se complique avec les grands faits d'une portée humanitaire, et douées en même temps des forces nécessaires pour remplir dignement la tâche difficile dont la Providence les a chargées. Ce qui ajoute à sa gloire, c'est que sa vie fut

• Ernett fut nommé (147G) archevêque de Magctebourç ; Albert mourut en administrateur de Parcheverhi 1 de Mayeitco.

pure et sans tache. H joignait à l'agilité et à la dextérité dans les exercices du corps, un goût éclairé dans les sciences et les arts. Formé à l'école cathédrale de Grimma, il avait atteint, sous le rapport des connaissances humaines, toute la hauteur de son siècle, et I a littérature classique des Romains lui était devenue un champ assez familier pour en tirer, au moment opportun, des pensées lumineuses qui pussent l'éclairer et le guider dans l'accomplissement de ses devoirs politiques. D'une bienveillance extrême envers ses sujets, il s'est toujours montré prince loyal et zélé dans la défense des intérêts de l'empire et de l'empereur. Tous le reconnurent comme un homme judicieux , réfléchi , modéré, équitable; les grands comme les petits s'abandonnèrent avec confiance à ses sages avis. Le surnom de le Sage, dont la postérité l'a honoré, n'est donc pas le résultat d'une vainc adulation, mais la juste récompense d'un mérite incontestable V

* Voici textuellement le brillant éloge que lui At un panégyriste allemand, Chritt. Scheuriius , professeur de droit à l'université de Willenberg et conseiller de l'électeur: ln Friederico mulu sunt qu» laudarc point» : corpus egregium et ipecies principe digna, animus sedatus et trattqulllus, ingenium perspicax, netnoria tenacior, religion is ardens zelus, iogens cupidilas paciset otii. Homo certe ita milis ingcnli, »t omoes diligat, ncmincm oclio habeal, Urdu» ad iraro, ad miserandum promptus, insigni» pietate,clementia monstrabiUs, liberalitale conspicuus, fortissimus rernro ecclesiaslicarum honorisque dhini procnralor et defensor acerrimns. His adjicias illa prtfclara, sine quibus oranis prnstantia in principe derbrmaiur, frugalitalero, honestatem, raansuctudinem, tranboîllitat.m . religionem, sanctimoniam , et taœc omnia egregia. Igitur Friedericus eu m slt omnium virtutum vivax imago inprimis rectos et vividos animos foret et attoUit et bonis omnibus prodest, his honores, bis sacerdotia, bis magistratns offert. Percgrioos aulem huraaniter excipit, attentus audit, liberalitcr tractât, etadeuotibus ita facilem se prabet alque b<-nigntuo, vt cjus lateri baereat quisquis accessit, anemque sermonis suus cuique pador, non principis superbia faciat.

Aussi ses États se ressentirent-ils bientôt de la salutaire influence de son administration, et surtout de l'accord parfait qu'il sut maintenir sans interruption entre lui et son frère co-régent.

En 1493, l'électeur Frédéric, en société de plusieurs princes et vassaux, du célèbre peintre Lucas Kranach, et de son médecin Pollich de Melrichstadt , fit le pèlerinage de Palestine *. Deux ans après , nous le trouvons à la diète de Worms, où l'empereur lui conféra l'investiture de ses États. Ce fut à cette diète de 1495 encore, que l'empire germanique fut doté de la seconde de ses lois constitutionnelles, savoir la soi-disant paix publique perpétuelle (etviger Landfrieik), et que fut constitué le tribunal de la haute chambre impériale ( ReichêkammergetHcfit) .

L'empereur Frédéric III était mort depuis deux ans. Son fils et successeur, Maxitnilien, vouait une confiance sans bornes à l'électeur de Saxe, Frédéric. C'est à ce litre, que lors du voyage en Italie de cet empereur, en 1496, il fut chargé du vicariat général de l'empire *.

» Ce fut à Jérusalem qu'il fui armé chevalier par Henri de Schaumbourg. Le voyage en Palestine ne dura que neuf moi*.

* L'électeur palatin contesta la légalité de cette me*ure, et prétendit, en se fondant sur un privilège impérial obtenu en 1575. a la régence dans toute l'étendue de l'empire. « D'après la bulle d'or, en cas d'interrègne, le gouvernement impérial passait enlre les mains de deux vicaires, les électeurs palatin et de Saxe, qui pourtant ne l'exerçaient pas par indivis, mais l'un dans les provincesdu Rhin, de Souahc et du droit franconien ; l'autre dans celles du droit saxon. L'Antricbe et la Bavière, pendant qu'elle n'était pas possédée par l'électeur palatin, ne reconnaissaient pas l'autorité des vicaires et se trouvaient par conséquent, pendant l'interrègne, placées pour ainti dire hors de l'Allemagne. • Schoell, Hist. abr. des traités de paix. Paris, 1817, t. VI, p. 244.

En 1507 encore, a l'occasion d'un voyage en Italie de Maximilicn, celui-ci

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