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tème établi q[i Angleterre depuis 1688 pour relever le prix des grains, non -seulement par la liberté d'exportation, mais par des primes à Texportation et par des'éhfFaYes à importation ; c'està-dire faire tout le contraire de ce qu'on était btdiîtué à fidre en France.
Si Tavilissement du prix des grains a de graves inconvénients, la hausse factice , la tftéone d\x jpaûi cher dans l'intérêt du peuple, n*est pas soutenable; elle est d'ailleurs contradictoire avec les principes de liberté commerciale posés parBois-Ouillebert. Quant à la réforme cOnststant à supprimer les impôts indirecls, payés par toul le iiH)iidc, pour {irossir riiupOl tlircct payé seulement par le peuple laillaile, il se fait de gt'aiides illusions sur le résultat: c'est trop ou pas assez : ce n'est là qu'une demi -l'évolution, et presque une révolution vn arrière : ces coaciusions rcpoudent mal à des pi eniisses si iiardies.
Un esprit moins emporté dans la spéculation , mais beaucoup plus complet et plus pratique, mûrissait pendant ce temps un projet bien autrement large et logique. Vauban avait commencé, depuis vingt ans, à lui seul, une enquête analogue & celle dont le conseil du roi cbargeaît tous les intendants du royaume. De cette même main qui fortifiait la France, il traçait des plans admirables pour l'amélioration du sol qu'il avait si bien mis en défense* : la canalisation du territoire, aujourd'hui presque achevée, n'est que TappUcation de ses patriotiques desseins. En même temps, il créait en quelque sorte la statistique par les renseignements de toute nature qu'il recueillait dans ses voyages continuels à travers le royaume^ : il y dépensait tous les biens dont le roi avait payé ses services; les détails les plus inlinics sur les der-
1. Il n'est pas sans importance do remarquer ici que le 9> r^temc- y^énéral de dvfense du royaume, tel qu« Vaabaii rexccuta, u'étaii fta» eutiôrvuicui le sieo. Sa correspon» dano» ane Catinat montre qu'il n'appiDOvalt pas «me mvHlplicatloD aoiri vxoearfT» dca plaeea ibita*. C*eit ua inconvialâuk, <k;rivait-il, dont on s'apercevra quand on ne sera plus autaut en étal d'tXtMxfÊU que de se défendre. Y. Mm. de Catioat, t. 1«S p. 34.
2. D'après le détdl qu'il donne d'une lieue carrée de terre ordinatre prise eontme étalon, la proportion entre la culture dca oéféalcs et les cultures fourragères ét^t
déjà tout à fait rompue : — Sur 1».88 arpc>nt"«, il v en avait 2707 en labours, 500 seulement en pré» et 230 en terres vagues, i-t » laoindrcs terrea rendaient de 3 1/i 4 4 aemcnees pour une : les bonnes 10, 12 et jusqu'à 19 semences. — Dtmf RaniUê, p. 131.
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nières clastses du peuple étaient ce qui le touchait le plus : son
re^'urd, trop ferme pour se laisser éblouir par les splendeurs de la surface, creusait la soei6t^ jusqu'au toi" pour eu sunder la solidité, et il en voyait les couches superposées ainsi qu'il suit : c près de la dixième partie du peuple est réduite à mendier; des neuf autres parties, cinq ne peuvent faire Faumône à celle-là, dont elles ne diffèrent guère; trois sont fort malaisées; la dixième ne compte pas plus de cent mille familles, dont il n'y a pas dix mille fort à leur aise'. » Après la paix de Ryswick, il s'uceupa de rédiger, avec ses irinuinln'ablcs matériaux, une iuiile de niénioirts sur toutes sortes de matières politiques, économiques et militaires : la plupart sont mailieureusement dispersés ou perdus, n y touchait à presque tout ce qui concerne l'administration d*un grand état. La question capitale, pour lui comme pour B«is-6uil» lebert, était celle de Timpôt : il y consacra non pas im simple méaioire, mais un livre. Il avait reconnu la nécessité d'un changement radical : Colbert avait jui relever les linaiices par de simples relormes; les réformes ne sullisaient |)lus; il fallait une révolution'. Vaùban ne s'attache pas, comme Bois-Guiiiebert , à rechercher les lois abstraites de la richesse et de l'économie politique en général ; il pose nettement le principe spécial de la théorie des hnpùts, (jue Bois-Guillebert n'a pas yu, et il conclut sans hésiter. Colbert a pesé sur les impôts indirects, comme rélatÎTement plus équitables que l'impôt direct auquel la partie riche et iuUucatc de la nation n'est pas soumise; mais celle justice n'est que relative; elle est même devenue tout à fait illusoire, grUoù aux gros droits de détail qui pèsent sur les pauvres seuls. Où donc est la vraie justice? Quel est le vrai principe en matière d'impôt?
Cest que tout sujet doit contribuer à tons les besoins de l Étai eu proportion de ses facultés, et non en proportion de ses