‹ Historie De FranceChapitre 109 sur 168 · Dtme Royale, p · texte numérisé non relu

Dtme Royale, p

2. Tous lesabusémondé» par Colbert avaient repoussé avec une vigueur effroyable : rink|ditè de la r^rtition des taillM était si énorme, que telle ferme, de 4 A 900 ftsnci de revenu, psyiuit 100 francs eo davantage, tandis que telle autre, de 8,000 à

4,^(X> fraucâ, patronnée par quelque personnage influent, n'en payait que 30 ou 40. — /tiJ., p. 51. Kn outre, l;i multitude des petites tixc.^ vexatoires enjrpiidr^es par ce qu oH uuamtait les affaire» t xiiaordiuaires, était ceul tois pire que toutes les crue» diredet de rimpôt. Ibid.^ p. 55.

8ft0 hOUkS XIV. HW-ilêfi

besoins. — Sur quoi doit éftre assis Timpôt? Sur le refomi et sur les fruits de rindustrie. TotU privilège qui exempte de cette coutribution est injuste et abusif. Cette exemption doit disparaître.

Ainsi Vaiiban ne demande rien moins que rabolition radicale des privilèges pécuniaires de la noblesse et du clergé, en même temps qu'il demande, comme Bois-Guillebert, l'aboUtion de l'iin-

I )( des boissons et de tous les droits qui entravent la circulation

inléiicure.

Avec l'impôt propoi lidimol sur le revenu, la dunp royale, comme il l'appelle, plus de traitants, plus d'afl'airos extraord maires, plus d'emprunts, plus de perception vexatoire et pire que l'impôt luimême ' : le roi liaussera ou i^aissera la dime suivant les besoins de rÉtat, en sorte qu'on ne paie en temps ordinaire qu*UDe demidbnè ou un vingtième, les artisans et manouvriers ne payant m4me qu'un trentième, et qu*en cas de nécessité, l'impôt mon|o graduellement jusqu'à la dtme entière. Mais que Ton se garde surtout de vouloir mêler ce système nouveau avec Tancien, de mêler la dime avec la taille ou les aides; on ruinerait la France ! . — Ceci est un Uème indirect de la capiuilion , essai imparfiedt if impèt sur le revenu enté sur le système établi.

Vauban, toutefois, trop pratique pour vouloir Tabsolu, ne prétend pas faire de rinqxM sur le revenu l'impôt unique, mais seulement l'impôt print ipal et le seul impôt direct ; il consent que l'Étal conserve quelques antres sources de revenus, comme l^- les parties casuelles (confrôh!, papier timbré, postes, etc.), qui sont le [irix (le services rentlus pat l'État aux particuliers on de Tautlienlicité donnée à leurs transactions; 2» un impôt sur le luxe^; 3«» les douanes extérieures, qu'il veut beaucoup diminuer; 4«»rimpOt sur le sel, uniformisé dans toute la France et réduit de moitié ou des deux tiers ^ L'impôt du sel est, on doit le reconnaître,

1. n y anll 180 sortei de draita et de taseï tm tel dioiee de la Jostlce eeulement} peut foire juj^er de la monatrueuso oonii|»lleitioa da ejrtiroc.

2. I. 'eau -'le- vie est une des (k'un'eâ de luxe que vent, avec raison, imposer Vâuban.

II n'a pa» pour les cabarets le même coUiouAiadme que Buiii-UuiUebert.

3. Aojocird'hni Va«lNui ificofdenii «ertalneinent à VfttÉt, entre Um resiottreee •npiilémenuires, le mainUen de PimpAt do tabac. — Il est Jnile «t m» incunvrnient, dit-iî, d'imposer les rentes sur l'Etat comme les autre» rereous. P. 781. 11 craint déjà que l'abou^auce et la cuuuuodité àea rentes ue détoorueat les capitaux de ragricttlturei

me conoessioo fidte aux A6pêM éa principe , tKndJl qite l'impôt sur les consomnislions de luxe ee ramène à ce même principe. 11

pense que la dtme, au luinirniim du vingtième, donnerait environ 60 millions pour le revenu de la terre, près de 15 millions et demi pour le revenu des maisons de ville, de Tindustrie et du coauneroe, des rentes, gages et o£Ëce$. Ce second chiiire est évidemment trop feible ; mais il a recoimii la nécessilMo ménager l'industrie. Le sel, à 18 livres le minot» fournirait 23»400|IM)0 fr. ; les autres impôts environ 18 millions : total, près de 1 17 millions eu temps ordinaire, pouvaiit ctie poussés à plus du 200 millions par exception et en cas de nécessite extrême. Ainsi, Ynuban, comme Boi&-Guillebert , bien qu'avec beaucoup plus de réserve et de niodération, pense que les impôts im peu forts ne sont pas nécessairement im mal, pourvu qu'ils soient bien assis, et qu'il s'agit noDipas de diminuer l'impôt, mais d'augmenter la richesse publique.

Ainsi que les finances, Vauban voulait qu'on réformât rai incc. C'était l'autre plaie de la France. Jadis, les armées étaient peu nouibrouses et la solde assez forte : on trouvait des soldats sans peine ; mais, maintienant, les armées étaient devenues immense» et la solde n'avait pas augmenté, tandis que toutes les denrées aUaieiit renchérissant Pour remplir les cadres, les olflciers étaient réduits à employer partout la forée et la ruse * ; de là les désertions multipliées de ces soldats malgré eux et la misère de tant de familles péiissant de faim parce qu'on leur arrachait leurs soutiens : de là une autre émigration à côté de celle des huguenots! Faire le procès à de pareils déserteurs, c'était une Iniquité révoltante, et, cependant, si on ne le faisait pas, c les armées sepoknt dépeuplées en peu de temps ». La mpice ne donnait pas lieu à moins de fraudes et de violences que le reenitement de Tannée régulière. \ aub.m proposait qu'on lit le défiombrement de tous !('s fnui; qu'il y a dans le ruy iumc, qu'on mît à part les gens légitimement exempts du service militaire et qu'on divisât tout le reste des familles par cantons de cent feux : les cantons

1. n y avait dans Varh des maisons où l'on attîraît les jeunpg prcns par toutes sort f H i]c niM ? et oti l'on lea reienftit jo&qa'aa moiatat do Ut espédiei au régimenk Ou api>eUit ueU dea (ourê.

Mt LOUIS XIV. II6M)

fourniraient des soldats {làr un tinige au sort Le remplacement serait autorisé, sauf garanties; la solde augmentée , etc.; c'est,

sauf les détails, le système de la conscription actuelle *.

Vaiiban, durant plusieurs années, ne publia rien de ces travaux, qu'il méditait et perfectionnait de jour en jour : il s'cflbrçait sans cesse d'insinuer ses idées au roi et aux ministres. Mais on ne lui emprunta que quelques détitils, par exemple le tirage au sort, qu'on appii([ua, non h l'année, mais à la milice, mauvaise réserve ([u'il voulait abolir ^, ou des améliorations purement militaires, comme l'adoption générale de la baioimetle, qui coruililua définitivement l'infanterie moderne et la rendit supérieure à ce qu'avaient été les légions romaines. Le roi et son conseil reculèrent devant les innovations colossales que proposait le guerrier réformateur : un chef de gouvernement n'entreprend guère de révolution à sdnante ans. Et cependant le mal s'accroissait chaque année, et le cœur patriote de Vauhan se gonflait... On verra plus tard comment Vaidian éclata et se perdit pour avoir voulu forcer ceux qui fermaient Toreille à Tentendre.

Avant Vauhan, un autne grand homme, grand dans un autre ordre de génie, paît été victime du même ssèle pour le hicn public.

Peu après la paix de Ryswick, Racine, que son sens droit et sa vive compréliension rendaient eoinpétt nl presque en toute matière, et qui était admis iL pui^ longues .tHfiée:> dans la familiarité du roi, causait un jour de la misère du peuple avec madame de Mainlcnon : clic fut si fraji|)ée de ses observations sur le mal et sur les remèdes, qu'elle le pria de les lui donner par écrit. Le roi trouva le mémoire de Racine entre les mains de madame de Maintenon, le parcourut et s'écria d'un ton de mauvaise humeur : — « Parte qu'il sait faire des vers, croit-il tout savoir? Et, parce qu'il est grand poète, veut-il être ministre? » Ce fut l'arrêt de Racine. 'Madame de Maintenon, fidèle à sa circonspection égoïste, abandonna l'homma qu'elle avait compromis et fit prévenir

I. Mémoim MMr ét Ytiiten, publié* p«r U. 1* li«nt«iM&i«oloMl Aogoyat ; 1841. C*«t datis un d« OM mémoires qiM Vaabu propoM de Sx«r 1» iMlrasielle «n faaXL

par une '!n ;il1r> (n<u*e qui n'cmp^chc pas d'ajnstor et de tirer, a. OrUuituaace da 26 Janvier 1701 \ ap. Anàennt* Lois françaim, U Jl^, p. 378*

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