M-IM9} MORT DE RACINE. 3W
Uaciiip «le ne plius se présenter chez clic jusqu*à noiivf 1 ( idn-. Raeine ne supporta pas ce coup. Il avait pu renoncer ;ui\ j^loins et aux voluptés dn tTié.Afre : il ne put reuoucer à la faveur du roi. Dire que le courtisan avait chez lui survécu au poctc, n'expliquerait pas équitablemcnl les sentiments qui lui bridaient le cœur. Il aimait Louis. Il avait enchidné sa YÎe à celle du Grand Roi, objet d'une eafèce de culte pour son coeur comme pour son imagina* tion. Vlm hors de rintimité royale, ce n'était plus yivre. Le chagrin lui causa une maladie de foie, qui l'emporta au hout d'unan(21aTrfll699)*.
Le pouvoir ne Toulait pas s'engager dans les grandes innova» * tions; il essaya de rétablir les finances et de procurer quelque soulagement au peuple, mais par des expédients ordinaires et tout h fait au-dessous de la situation^. La recelttj totale du tivsor, qui awiitétédc IfiS millions en 1007, fut réiluite, ou 1C08, à 122, qui n'en laissaient net que 73 à l'épnrfrne, 1rs charges dcduiles. Pontehiii lrain, iniilanl f.olbert après la paix de Ninièguc, profita de la eoiuiance relative que nunen.iit la paix pour remboui'ser, par des emprunts au denier 18, les emj)runts contract«'*s pendant ia guerre au denier 14 et au denier 12; puis, le crédit continuant de se relever, il ût de nouveaux emprunts au denier 20 pour rembourser les emprunts au denier 18. Ces opérations diminuèrent la dette; mais les charges annuelles restèrent pourtant accrues de 20 millions depuis 1683, tandis que les ressources du pays avaient diminué*. (Tétait là le reliquat de la guerre. Sans en venir tout droit à la révolution radicale que proposait Vauban» on eût pu conserver et augmenter la capltation en améliorant la répar(itioi]f<A' ce nouvel impôt, et diminuer d'autant les aides et les taillés; mais on n*06a manquer de parole aux privilégiés; la eapHatlon fut supprimée aussitôt après la paix. On se remit à
1. Mémoinê tur la vie Je J. Hacin» ^pa^ son fils L. Racine, t. II, p. 234).
2. En même temps qu'on visait à î'éoonomie, l'habitude Tempurtitit, comme Tatiaita la ft«t« «rtftordfniln da etup de Ck)mpièij:ne ( septembre 1S9S).
3. La dette française était alors d'environ un milliard en capital; la dette hollan» daise de 325 millions; l'an^îla se ilu 228. La IloUaudo avait \>:\yé, pendant la criPïTP, jttsqa'À 78 uùUioas dans une année, environ le tiers de son revenu totdl. Le revenu général de le BoUeade était, à M qu'en «roit, ^eoTlnm 830 affllleiis; eelnl de TAngleterre, de 560 à 570; d#to FtaUM, d*iiB aOllard SO mtlHens à 1,100 mittiene. Fofbonaeie» t. II, p. SM.
m LOUIS xiT. am
faire des alfaires exlraordînaires, pour suppléer à t*m8llffisaiM)é'des impôts, et à rouler sur la pcnle accoiitum<^e.
Le contrôleur général Pontcharti ain avait trop do sniraoité pour ne pas sentir dans quelle voie de perdition on s*enlbnçait. Lui aussi, à son tour, comme autrefois son prédécesseur Le Pdktier, il n*aspirait qu*& rejeter sur un autre la responsabilité des finances. Quand madame de Ifaintenon, qui lui trouvait le caractère tnjp indépendant, s'efforça de le pousser hors du contrôle général, il l'eût vulontiers rcmcrciic. Sur ces entrefaites, le chancelier Bouclierat mourut (2 septembre 1G99). L'occasidn fut saisie; l'office de chancelier fut otTerl à Pontchartrain comme une retraite honora|)le; il transmit le ministère de la marine à son fils, qui devait être le plus ftmeste exemple de l'hérédité ministérielle, et le contrôle général fût donné à Chamillart, intendant des finances, qui avait gagné la faveur du rot par son talent au jeu de billard, et la idVLur de rnadainc ûo Maiiitenon par son zèle à ré^ii les aliaias de Saint- Cyr. Piube, rangé, poli, docile envers ses patrons, opiniâtre envers ses inférieurs, il avait les qualités d*un intendant de honne maison; le goAt de madame de Maintenon pour ies médiocrités honnêtes et dévotes bn fit un ministre. Le roi partageait de plus en plus ce goût. Louis le Grand baissait; son coup d*ffiil, autrefois si sûr, était émoussé parTâge; sa prétention à tout inspirer, à tout conduire, à n'être seni que i)ar des machines, devi nait plus absolue à mcbure qu*il était moins capable de la réaliser.
Chamillart donna téte baissée dans les afTaires extraordinaires et les anticipations. Ses intentions néanmoins étaient bonnes. U s^occupa avec conscience, sinon avec intelligence, des intérêts commerciaux et agricoles. Il débuta par quehjues sottises, telles que la défense de fidre de gros bas au métier, de peur quelles bas fins au tricot n'en souffrissent , et la défense d'txpurler les fils, lins et elKin\res de la Breta{j;ne, ce qui découragea la Ctilture dos plantes textiles et réduisit bientôt la France à acheter aux étrangers des chanvres du Nord, des eàbies et des toiles à voiles, elle qui en avait fourni TEurope. L'établissement d'un conseil de commerce, composé du contrôlear général^ du ministre de la marine, de d'Aguesseau père et de quelques autres conseilleis
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4*6tal et inattreB des rcquôtcs , et de douze négociants des principales places de commerce , parat mettre les choses dans une
meilleure voie. Divers droits de sortie qui gênaient l'exportation furont n'duits ou supprimés. La défense de saisir les bestiaux, qui a\ait purlé de si excellents fruits sous Colbfrl, fut ronouvolée pour six ans en 1701 '. Ou encouragea le coininerce loint;iiu : une compagnie s'était formée en 1098 pour le comuierce et l'agriculture de Saint-Domirip^ue ; le eonimcrce libre s'introduisait avec succès à la Chine, tandis que la compngnic privilégiée des Indes Orientales ne se soutenait qu'à grand'peine. Des manufactures nouvelles se fondèrent; par exemple, la cristallerie, la verrerie gravée, ciselée, etc. Mais tout cela ne remettait pas les finances et, d'ailleurs, les événements politiques arrêtèrent bientôt ce progrès ^
Dans cet effort que le pouvoir fit, après la guerre, pour se reconnaître et s*orîenter, en même temps que la situation économique, la situation religieuse du pays attira Tattention du roi. Louis avait voulu en vain détourner ses regards de la grande affaire protestante, où il sentait avec amertume son entreprise avortée. « On croit, » écrivait madame de Maintenon, «anéantir les choses en n'en parlant pas'. » Il fallut bien lum par en parler et par se faire uu i»lau de conduite. On demanda des rensei^^ne- Dieuls et des avis aux iulendanls. 11 i i sulta de ces renseignements qu'il n'y avait guère en Franer plus de catholiques véritables qu'avant la révocation de l'Edit de Nantes; que les nouvcaur ronvcrlis avaient gardé presque généralement Vhhrsie dans le cœur et coutinuaicnt à faire corps entre eux , vivant sans aucune profession extérieure de religion , dès qu'on cessait de leur extorquer par la violence des actes de catholicisme; là où les intendants, excités par le clergé, continuaient à charger les récalcitrants de taxes et de logements militaires, Témigration était incessante. De Taveu de Tiniipitoyable intendant du I^nguedoc, Basville, il j
1. On la renouvela en 170B pour sis autres années. V.n 1677, le» terrett domaniales va^^s avaient été cédées à qui les défrioberait : c'était une très-bonne mesure; inaUimurt nsesMsl, tnot od». fbt nb «■ terres à hU et Ton ne Si point U part den
cultnrfs founrngér^,