‹ Historie De FranceChapitre 112 sur 168 · Mim, do VfHars, p · texte numérisé non relu

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liouis ]^ se départit point du traité de partage et pressa derechef l'empereur d'accepter (6 octobre). L'empereur répondit négativement pour la dçrniëre fois : il se croyait inaintenant assuré que Guillaume TII n*aideraU pas à lui forcer lamdn.

La réponse dn papo, sur ces entrefaites, était arrivée à TEscurial. Innoccnl XII awiit ou graveinont à se plaindre de'Léopold, qui avait réccmtiient retiuuvelc des pivItMilions suraniiôcs sur les (iefs de l'État Romain autrefois dépeiidauls de l'Euiiiire : on peut croire néaiuuoius que, près de descendre au tombeau aussi bien que celui qui l'intei ro;;(Mit , Innocent laissa parler sa conscience et non son ressentiment. Il posa la question à une coni;ré?:atîon de trois cardinaux, qui la trait5renl non point en casuistes vulgaires, niais en hommes d'état. Ils déclarèrent que les renonciations de la mère et de la femme du Uoi Très- Chrétien n'avaient été faites que pour assurer la paix de la chrétienté et etapécher la réunion des deux couronnes de Franco et d'Espagne ; que, pourvu que le Bourbon qui serait appelé à la succession espagnole renonçât à perpétuité au trdnc de France^ le but serait atteint; ' que rEspagae pouvait parfaitement, si le bien de ses peuples le demandait , rentrer dans le droit commun de Thérédité , auquel on n*avait dérogé qu*cn vue de ce même bien. Le pape ratifia ravis des trois cardinaux , Texpédia au Rot Catholique et mourut • quelcpics semaines après (27 septembre).

Ufi reste d'attachement pour le nom aulricliien retenait encore Charles II ; mais, quand il sentit ses derniers jours apidoeher et que Porto-Carrero le menace de damnation s'il ne se décidait pas pour le clioix le plus conforme à la justice et au bien de ses peuples, il céda enfin : il autorisa ce prélat à faire dresser son testament d'après le sentiment des plus doeles théologiens et juristes. Le testament lui signé le 1" octobre; Charles y recommandait à son successeur d'être fort soigneux de la foi et obéissant au saint-siégc , d'honorer et aider Tinqulsition, de tout sacrifier à la défense de la foi; si quelqu'un de ses sueoesseurs tombait en hérésie, il serait privé de tout droit à la couronne Après ce préambule, il déclarait pour son héritier, « con* formément aux lois , » son parent le plus proche après ceux qui étaient destinés à monter sur le trdne de France; c'est-à-dire le /

TESTAMENT DE CHARLES IL 3«l

duc d'Anjou,, second (ils du (hiupliin. Si le duc d'Anjou si^ nt à hériter du trône de France et qu'il le prcft're à celui d Espagne, le duc de Berri, son plus jeune irèrc, prendra sa place; à défaut du duc de Berri , Tarchiduc Chartes; à défaut de rarcbiduc le duc de Savoie, descendant d'une fille de Philippe II. n est interdit au successeur de. S. M. d'aliéner aucune partie de la monarchie et d'admettre des étrang'crs aux charges du gouvernement

Charles U uiuurut Ireule jours après ce grand acte novembre).

Lsi junte ou conseil de régence , désignée par le testament du lieu roi» écrivit sur-le-champ au rof de France pour lui annoncer que son petit-fils était appelé à l'héritage de Charles II et serait mis cil pusscssion dès qu'il aurait prêté serment d'observer les

lois, privilèges et coutumes de chaque royaume. Le ministre Torci ajoute, dans ses Mémoires, qu'en cas de refus de la part du roi, le courrier devait jiorler ;iiissilAt tl rarchiiluc l'offre qui n'aurait point été acceptée pour le duc d'Anjou. Dans une lettre de Porto^airero à l'ambassadeur d'Espagne à Paris, du 5 novembre, ce cardinal dit seulement à l'ambassadeur de protester si Louis prétend maintenir le traité de partage , et qu'on tâchera de gagner du temps.

Le 9 novenilji t;, ù la rrccplion d'un courrier du cliar^é d'affaires de France, qui prétcda le couri'ïpr de la jinitc, Louis XIV réunit en conseil le dauphin et les tr ois ministres ([ui avaient seuls rang de ministres d'état : c'étaient le cliaîicclier Ponlchartrain» le duc de fieauvilliers et le secrétaire d'état des affaires étrangères^ Torci , neveu du grand Golbcrt. Après une première délibération, dont nous ignorons les détails, le roi résolut d'abord de Hiaintenir le traité de p.uUige; puis, ébranlé, hésitant devant çette immcu;>e question, il rappela ses conseillers ^. Torci rouvrit

1. Sur tente l>illkiir« èa toitemMt 4» CbarlM II, t. AMn. du œarqoi» Tord,

miniatre dM «ffdircs étningéret de France; Mém^ du comte de Hurruch, ambassadeur

de rempfn'nr o:i K^pn|Jfne, et son continuateur I.a Torro ' ïï''m. et mijnrinti 'm. sfcrdes de» dtverse$ cours de i Euro]>e, t. I-U ; La Haie, 1725); — ilëm. sfcrtls sur I '•t'ibli-ye iinil ii la muiaon de Bourbon in Es^^fne, extraits de la correj^poudaucc du tniii^ui» de LonvUto; Paris, 1818, t.

2. Ce fait a été révèle^ par M. Ernest Moret, d'aprè» les docomenis recueillis par M. Miiriict pour la suite do sa grande publication dt s Xéfjn -iatlotit reladvrs à h succtmon (C£tpjgne tom Lwm HIV» V, K. Moret; Qutnze aiu de règne de Louiê XIV

36Î LOUli» XIV. tnoflj

la discussion en niootront la guerre inévit{â)le dan^tous les cas : si Ton refuse d'aocepCer le t^tament, on aura la guerre contre FEspagne el TAutridbe unies pour repousser le parfage de la monarchie. L'Angleterre et la Hollande soutiendront-^Ues la France , comme elles y sont engagées? — Non-seulement elles ne la soutiendront pas, mais eUfis ne tarderont pus à trouver quelque prétexte pour se joindre à Tennemî. Peut-on s'imaginer qu'elles aient jamais voulu sincèrement accorder à la France les états marithiios d'Italie ? L'acceptation de renipereur eût seule donné valeur au traité de i)artagc. On sera donc seid , et pour soutenir une iTiauvaise caiisot Si l'on accepte , au contraire, on auni pour soi li^wf^ne , (pii fournira tout au moins de grandes positions militaires et maritimes et de grands avantages commerciaux pour soutenir la guerre, et l'on saura bien trouver d'autres alliés en Allemagne et en Italie. JUeauvilliers essaya de réfuter Torci ; il dépeignit en termes pathétiques la France épuisée, dont les plaies commençaient à peine 4 se cicatriser. Il fit voir, dans la guerre universelle qu'amènerait racceptatiou , la ruine de la patrie. Mieux vaut cent fois pour la France, dit-il, la réunion de plusieurs belles provinces & sa monarchie » que Télévation d'un de ses prmces sur un trOoe étranger, qui rendra bientôt les descendants de œ prince étrangers cux-mémes à la liatrie de leurs aXeux. BeauvitUers aurait eu toute raison, s'il ei^t p^ établir contre Torci que la guerre générq^e pouvait être évitée et le traité de partage réalisé par le refus du testament ; mais il n'y réussit pas. U était clair que le traité de partage, qu'il était ^ ne serait |)as exécuté par Guillaume III. Le chancelier résuma les arguments des deux p'uiis, sans oser se pi'onuncer. Le daujjlnu, sorUmt de son a[iaLliie ordinaire, réclama énergiquement l'acceptation et déclara qu'il n'entendait céder S(;s droits personnels qu'au duc d'Anjou, satisfait qu'il serait de dire toute sa vie : < Le nd mon père, le roi mon ûls. • Ijouis XIY décida d'accepter

( 1700-1713), t. 1", p. 32. Co volurce ne devait éire que l i lin iiriM pnrtio d'un vaste ouvrage s\ir Vllis oire Je France au xviu* néc/f , iatcrrompu par la mort *i regrettaltle du jeune et coustcicucieux écrirain. X. Noua avoiia suiTl Tovei, na des Interlocuteura d» oe gnnd dét»at, préféralde-

CITOO] ANJOU, BOI D*£$PAGiNE. 369

Le 12 novembre, Louis signifia sa résolution à la junte d*Es« pagne par une lettre très-dfgne et très-noMe. Le 16, le noo?eiiu

roi Philippe V fut déclaré à Versailles. Après (jiK' rainhassadeur d'Espa'îne eut salué et compliinenlô son jeune niaîlre à {genoux, à la inanière espagiiole, Louis XIV fit ouvrir a toute la cour les deux battants de son cabinet : a Messieurs, dit-il, voilù le roi d'Espagne. > Et, se tournant rers son petit-^ls : « Soyez bon Espagnol; c'est présentement votre premier devoir; maissouvene^vous que TOUS ôtcs né Français, pour entretenir l'union entre les deux nations; c'est le moyen de les rendre heureuses et de coiiberver la paix de TRuropc »

La junte accueillit la réponse de Louis XIV en faisant proclamer sur-ie-chanip Philippe V à Madrid et en priant « le Koi Très-Chréa tien de vouloir disposer de toutes choses en Espagne, et d*étre « assuré que ses ordres seraient aussi exactement suivis comme c en France (24-26 novembre). » Le président du conseil d'Aragon, qui s'était abstenu jusqiic^à de pi'endre part aux actes de !a junte, faute de pouvoirs suffisants pour l epivseuier la couionne d'Aragon dans ce conseil de régence, signa la lettre à Louis XIV avec le pri^sirlent de Castiile et les autres membres de la junte*. L'Aragon se décidait. Les possessions étrangères commencèrent de suivre cet exemple. L'électeur de Bavière, qui s'était fixé à Bruxelles depuis que Guillaume m lui a^ait procuré le gouvernement des Pays-Bas catholiques, fut le premier entre les gmiwrneurs des possessions éti ani^ères ipii fit reconnaître le nouveau munanpie jjar ses aduiinistrés. Louis XIV lui .ivait f.iit espérer -^u nom de Philippe Y l'octroi de la Belgique eu gouvernement héréditaire, et rélecteur nourrissait d'ailleurs une violente haine contre l'empereur, qu'il accusait d'avoir fait enlpoisonner son fils. Vaudemont, prince de la maison de Tyorraine, qui commandait à

ment à Saint-Simon, qui iati'rv < i lit îf»M rA!e:<. — Mem. de Tom, p. û''*'. — Mém. do Saint Simon, t. lil, p. 25. — Mém. de Lu rurre, t. U, p. 159. — ifuivant Louville, madame de Muntenon était de ravie de BeaaTÎIlien et combatUt trés-vivement Tucc^i^taiion daoB d'antres conféruncea moins solennelics qui enrent Uen che« elle. Le uiin'btrc Ue la g;ucrrp, Barbezicux, ht réfuta et la réduisit en quelque aorte au si!<-ncc. — }fem. de Louville, t. I", p. :^7.

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