‹ Historie De FranceChapitre 118 sur 168 · La Torre, 1. 111, p · texte numérisé non relu

La Torre, 1. 111, p

imi] PACTE GONTKE LA PBAMCE* 384

g^randes positions militaires et maritimes contre la France. Guillaume n'avait omis qu'une chose, c'était de régler un autre partage dans le partage, celui entre l'Angleterre et la Ilollaade; œuvre plus difficile encore que le reste !

La guerre ne coinmença pas cette année aux Pays-Bas ni sur le Rhin. L*empereur et ses alliés n'étaient point encore en état d'attaquer la Belgique, et Louis XIV ne s'occupa qu'à réorganiser militairement ce pays, où tinances, troupes, places fortes, étaient dans le dernier délabrement. Il n'y avait en tout que dix mille hommes de troupes; les cavaliers étaient à pied ; les arsenaux et les magasins étaient vides. La France fut obligée de tout fournir, argent, ustensiles et soldats. Les places fùrent réparées le moins mal qu'on put et l'on couvrit le pays entier par une Immense ligne fossoyée et semée de redoutes, qui s'étendit de la Meuse à la mer, sur soixante-dix lieues de développement ; gigantesque ouvrage qui satisfit et rassura les populations belges , mais dont l'utilité réelle fut bien controversée entre les gens de guerre. Au delà de cette ligne, par la GueWre espagnole, fortement occupée, • on donnait la main à l'électurat de Coio|^ne. L'électeur de Bavière avait entraîné son frère de Cologne dans les intérêts des deux rourottites : singuliers retours de la politique! C'était ce même Clément de Basiére (pic reni[)ereur avait l'ait électeur de Cologne malgré la France et dont l'élévation h Téleclorat avait été la cause immédiate de la Guerre de 1688 Louis XIV, au reste, ne cherchait pas précisément de ce côté des alliances olTensivcs : il ne souliaitait point de porter les hostilités sur le Rhin ni outre Rhin, et ce qu'U voulait de l'Allemagne, c'était qu'elle gardât la neutralité entre lui et la maison d'Autriche. C'était d'accord avec lui que l'électeur de Bavière était allé dans son duché négocier un acte de neutralité qui fut signé, le 31 août, entre le cercle électoral du Hhin et les cercles de Bavière, de Souahe, de Franconie et du Haut-Rhin. La diète germanique parut d'abord disposée à prendre

î. L'ôlocti ur (le Colog'ne avait sî^né un traité seeirt arec le roi <îè«! le 13 féTricr : rélecteur de iiavtére signa le sieo le 9 mars. Le roi conseniit que les deux électeurs ne M dédanMcnt pu offenivement «TMt d'«?otr levé des foreei aniHaeiites et s'en* Çat^oa À ne point fidra de paix que It^ électeurs n'ensHcnt «' tr renais on possoAsioade tonf .jiu' 1;( L'tiprrr ifnr nvait enlevé. - Hi$t. abrégiê <U* TraUêê dê paix^^iic.t fêt de h.ucU, rtïfuuilue par bcbceU, t.!!, p. 22.

la môme attitude ; mais l'empereur, secondé par l'énergique di^omatie anglo-batave, flt de violents et d'opiniâtres efforts pour changer ces dispositions trop pacifiques et pour rallumer les passions de 1689. Les électeurs de Trêves et de Mayence étaient compris dans l'union des neutres comme membres du cercle électoral du Rhin : Louis XIV eût désiré que Félectorat de 'Cologne et Févéché de Liège, avec le cercle de Westphalie dont ils dépen* daient entrassent dans cette association; mais le chapitre archl* épiscopal de Cologne, en lutte avec son archevêque et tout autrichien, s'y opposa et protesta contre Yunion des neutres : les troupes hollandaises et celles de l'électeur palatin menaçaient d'envahir l'électorat poui soutenir le chapitre et la ville de Colog^ne : l'électeur appela les Français dans les places de l'élecloi al et à Liège (novembre 1701). La guerre fut dès lors inévitable sur le Bas- Rhin et il devint trés-probable que ï union des neutres na tsLrdcraïi pas à se dissoudre.

La guerre générale était devenue inévitable à la Ûn de l'année ; elle ne l'avait pas été absolument jusqu'au mois de septembre. La Hollande eût certainement hésité à prendre l'initiative, si l'Angleterre ne l'eût poussée, et TAnglcteri'e elle-même hésitait. Les tories, malgré les démonstrations bdliqueuses de la dernière session, conservaient leur répugnance pour la guerre, et la classe si puissante des fabricants et des couimerçants balançait entre son antipathie pour la France et le souvenir des pertes effroyables infligées au commerce par la guerre de la Ligue d*Augshourg. Guillaume craij^nait de n*ditenhr que bien difficilement les moyens d'exécuter les conventions de la nouvelle triple ; et, dr plus, on était maintenant assuré que Guillaume ne dirigerait pas longtemps la coalition : U lulluit en vain toiili e la phllwsie (jui reiilrainait visiblement vers la tombe. La mort prochaine de Guillaume pouvait prolondément modiùcr la politique euroinmiie.

Sur ces entrelaites , le beau-père et le rival dcGuinaume, le roi détrôné Jacques II , fut pris à Saint-Germain d'une attaque d*apoplexie qui le laissa prolonger quelques jours son agonie. Une question de hi plus haute gravité fut posée dans le conseil de Louis Xiy. La France reconnattrait-elle au fils de Jacques II ce

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