‹ Historie De FranceChapitre 119 sur 168 · PACTE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

PACTE CONTRE LA FRANCE

titre de roi d'Angleterre que le père avait conservé sans réclamation depuis que Louis XIV avait reconnu le roi Guillaume^ Le dauphin et le duc de Bourgogne insistèrent pour l'afîQrmative, au nom du principe dynastique : les ministres d'état se prononcèrent énergiquement poor la négative» au nom des intérêts de la France. Le roi se résigna d'abord à suivre l'avis de ses ministres et à sacrifier son inclination à ses vrais devoirs. Mais à peine était^-il sorti du conseil, que la reine d'Angleterre, femme de Jacques n, vint lé trouver chez madame de Maintenon et le conjura, en pleurant, de n'être pas moins généreux envers son fils qu'envers son mari, de ne pas lui refuser « un simple titre, seul reste de tant de grandeur. > Madame de Maintenon joignît ses instantes prières à celles de la reine déchue. J.uuis céda. Il annonça à Jacques II mourant qu'il reconnaîtrait Jacques IIL Un accès de sensibilité , chez madame de Maintenon , si rarement conduite par le sentiment, fut plus fotal peut-être à la France que tous ses calculs intéressés

Jacques li mourut le 10 st pteinbre et les honneurs royaux fùrent aussitôt rendus à son fils. Louis XIV essaya en vain d'atténuer reffet de cet acte par une espèce de manifeste où 0 énonçait l'intention d'observer le quatrième article du traité de Ryswick, c'est-à-dire « de ne point troubler le roi Guillaume IH dans la possession de ses états. » A la nouvelle de la reconnaissanoe de Jacques m, Guillaume rappela l'ambassadeiu* qu'il avait encore en France et chassa d'Angleterre le chargé d'affaires de Louis XIV. Une explosion de colère éclata dans toute la Grande-Bretagne*. Des adresses turent expédiées de toutes parts à Guillaïune contre h' roi de France, « qui o^ail faire à la nation anglaise l'affront d ' 1 rciendre lui imposer un roi. » Guillaume tenait désormais rAn^'lctorre. Il se réconcilia avec les whigs et repassade Hollande ' en Angleterre au mois de novembre, après avoir réglé avec les États^néraux et l'ambassadeur de Léopold les coutiagents de la

1. Toltaiw, SOeU iê ImU XIV, «iMp. xvu. — Mm, d« Bmrlok, t. !«, p. 169 et

p, 498, note 4.

2, Les surtaxes ou \e» proMbitioos qu'où venait d'établir en France sur les mardModises aaglaiMi, eu répoaM w dénonatntlcn» IumUIm d« GnilItiUM m, avaini d^à trètt^mal disposé les claises oonunergantes.

3»U LOUIS Xi V. (17011

ftiture campagne. L'empereiîr promit de solder quatre-yingt dix mille combattants; la Hollande, cent deux mille! Guillaume, pour la seconde fois depuis un an , déclara le pariement dissous et, en convoqua un autre, fin décembre. Les nblgs Temportèrent de quelques voix, et les tories s'abandonnèrent au mou* vement national pour ne pas perdre toute influence. Guillaume ouvrit la bcssion par un discours trcs-violcnl et très-belliqueux. Les deux chambres répondin ut p.ir des adresses plus violentes encore. Les lords d^'clarùrent qu'il n'y aurait point de sûi*eté € jusqu'à ce que l'usurpateur de la monarchie d'Ef^paL^e eût été mis h la raisuu. » Lescouimunes votèrent h l'unaniiiiiii un contingent de cinquante mille soldats et de trente-cinq uniie matelots, outre les subsides pour les auxiliaires danois et allemands; elles demandèrent qu*on inséri^tdans tous les traités d*allinncc un article interdisant de faire la paix avec la i>ïance, jusqu'à répa^ ration de Foutrage fait au roi et à la nation anglaise. Un bill ÔLOttainder (mise hors de la loi] fat lancé par les deux chambres contre le prétendu Jacques III.

Tout était donc préparé selon les vœux de Guillaume; mais il ne devait pas voir le succès de ses plans. Le 4 mars 1702, une chute de cheval déchira son poumon malade et précipita sa fin. L'opiniâtre adversaire de Louis le Grand expira îe 19 mars, à 51 ans, absorbé , jus(pie dans la mort môme, suivant l'énergique ex[)ression de Saint-Siaioa , par la pensée du système polîtirpie dans lequel il avait mis toute son Ame, et consolé par la certitude que ce système lui survivrait *. Il s'était assuré un sut eesseur moins passionné, mais aussi redoutable jpie lui dans les négociations et plus redoutable dans la guerre. C'était ce John Ghurclilll, comte de Marlborough, qui l'avait trahi naguère*, mais chez qui' il avait re oTinu le seul génie capable de continuer son œuvre; en le faisant l'homme le plus puissant de TAngleteirre, il espérait obtenir de lui une fidélité posthume fondée sur l'intérêt. U l'avait donc foit, dès 1701 , général des troupes anglaises

1. n lalmit k rA i^'!i?t«iTe, pour soutenir m tytième, des force* navtdes l«11et qu'elle n'en avait jamais poss<*clée3; deux cent quatre viturt-rlcux navirea de guem, dout cent trente vaisseaux de ligue. — Saiute-Cruix, t. U, p. W).

2, T. cMem», p. 197.

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