‹ Historie De FranceChapitre 123 sur 168 · L*orth<)gniph« dtTe «a fait KagoUki · texte numérisé non relu

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les premiers, entraloèreDt la noblesse; les garnisons sntridiiennes, rares et faibles, furent comme noyées au milieu d'une Inondation

S.II1S bornes. Vers la fin de l'année, Fi nsm icLtioa déborda pardes^ii- le Waîî et la Leitlia, entoura Pre^lmurix et lança ses lé;;ers cavaliers jusqu'aux portes de Vienne. L'empereur rappela le gros des garnisons de Presbourg et de Passaupour défendre sa capitale, n semblait que la Providence s*obstinât à nous rendre les chances magnifiques que nous laissions périr. Sur les lettres pressantes de Louis XÎV, rélecteur et Marsin, après des hémtations motivées par la tali^me de leurs troupes, se décidèrent enfin à exécuter le plan de Villars : Télecteur, avec quinze mille hofnmes, prit Passau en deux jours (7-8 janvier 1704), enleva, presque sans coup léi ir, les lignes qui protégeaient rentrée de TAutriche et poussa jusqu'à Ens; mais, arrivé là, il recula devant la rigueur de la saison, se contenta de mettre des garnisons à Passau et dans quelques petites places autrichiennes et revint à Munich (20 janvier),

yoccasion perdue ne devait plus se retrouver.

La campagne, cependant, à tout prendre, avait (ini avantap:ensement, puisqu'on avait dégagé la Bavière et entamé l'Autriche. Elle s'était terminée d'une manière encore plus satisfaisante sur le Rhin. Après la prise de Brisach, le duc de Bourgogne, Vauban it Tallard n'avaient pas cru pouvoir assiéger Fre|bourg, comme le désiraient le roi et Villars ; la garnison était forte de six mille homn)es, la circonvallation très-vaste, et l'annek' était si délaln'éc «|u'' ll»' ne comptait pas [ilus de trois cents lioniiii» < ji ir lial.4jllnn au lieu de six cents; encore, la moitié eonsislait-elle en mauvaises recrues : la désertion avait été efl'rayante * . En renonçant à l'attaqoe de Freyboûrg, on renonça à la jonction tant demandée par Villars, et le siège de Landan fax décidé par le roi ; Bourgogne et Vauban retournèrent à la cour, et Tallard seul mena l'armée sur Landau, qui fut investi le 1 1 octobre. Le siép', sans être aussi vivement iin^né que celui de Brisach, marchait luen, lorsque Tallai d apprit que les alliés se préparaient h un grand eflbrt pour secourir la place. Le prince de Hesse-Cassel, détaché de Tarmée des Paysfihs tfvec m gros corps, avait appelé à loi les troupes laissées par

1. T.d-d«aBus, p. 311, les MON* de déim'tim ItidS^uées par VfttrtNUi.

Bade dans les lignes de Bohl. II arriva le 13 novembre à Si)irc ; il avait gagné deux marches sur Pracontal, commandant du corps français de la Moselle, que lé roi avait chargé de secourir Tallard. Heureusement, il reperdit celte avance en s*arrtMant pour attendre un renfort hessois et mayençais. Talhii J ne se laissa point attaquer dans ses lignes; dès le 14, il se porta outre I. milau et Spire avec !n moitié de ses haiaillons et les trois (juarts de ses escadrons, le reste gardant les lignes contre la garnison de Landau; dans la nuit, il fut rejoint par Pracontal, accouru à marche forcée avec sa cavalerie. Le lendemain, il alla aux ennemis, les rencontra en avant du Speyerbach et, croyant voir chez eux un mouvement de retraite, lança la cavalerie à la charge , sans donner le temps à rinfanterie d'arriver sur le champ de bataille. Les escadrons français, avec leur supériorité accoutumée, percèrent d*^ord les escadrons ennemis; mais, pris en flanc par le feu de l'InCuiterie allemande, ils furent mis en désordre à leur tour. Si l'ennemi eût poussé vivement son avantage, la journée eût été perdue ; par bonheur, l'ennemi n'avança qu'avec lenteur et méthode, et nnfanterie française eut le temps d'arriver en ligne. La face du combat changea l>ien vite : nos escadrons, ralliés, culbutèrent une seconde fois la cavalerie ennemie, et nos bataillons, quoique trèsinférieurs en liuiiiLie, marchèrent ù l'inlanlerie allemande, essuyèrent sa décharge sans y répondre et l'enfoncèrent à la baïonnette. La perte des Allemands, eu morts, en prisonniers, eu canons, ne fut pas moindre qu'à iiOelistedt. Landau se rendit deux jours après (17 novembre). La Basse-Alsace fut par là complètement délivrée, la Lorraine mise à couvert, et une grande partie du Palatinat ci8*rhénan fut à la discrétion des Français. La victoire de Spire et la reprise de Landau firent au maréchal de Tallard une réputation fort au-dessus de son mérite.

Tandis que ces grands mouvements s'opéraient dans l'Eturope centrale depuis le Rhin jusqu'à la Theiss et aux Garpathes, la campagne d'Italie s'était engagée sous des auspices qui semblaient promettre l'entière expulsion des Impériaux. Avant même que la Hongrie se fût levée à son tour, l'attaque des Bavarois au cœur de l'Alleuiaf^ue avait ùté à l'empereur les moyens de renforcer surtibunuueut son armée d'Italie : le pnacc Eugène , qui avait

moaj VICTOIKE DE SPIKE. LANDAU KEi>RI& 445

couru à Vienne au commencement de l'année pour réclamer des secours/ jugea la situation de TAutriclie tellement grave, qu*il resta auprès de l'empereur à diriger l'ensemble dç la défense

comme piv^idciit du conseil de la guerre [ministre de la guerre), et laissa l'armée d'Italie h son lieutenant Slahreniber^, le plus capable, après lui, des généraux autrichiens. Slalireuibcrg n'eut jamais plus de vingt - cinq à trente mille hommes à sa disposition : les Français et leurs alliés en eurent au moins cinquante mille. Vendôme ne tira point de ces conjonctures le parti qu'on pouvait espérer. On ne retrouve plus chez lui, en 1703, la vivacité, la netteté de Tannée précédente; on remarque, dans ses ])lans, des variations, une incertitude inaccoutumée et, dans rexécution , de la lenteur et de la négligence. Singulier caractère, tantôt d'une activité foudroyante et digne de César, tantôt d'une paresse à rester au lit la moitié du jour dan^ les moments les plus critiques ! Sa santé, délabrée par les suites de ses débauches, était pour beaucoup dans ces irrégularités bizarres. Des circonstances indépendantes de sa volonté contribuèrent d'ailleurs à lui enlever, en 1703, les avantages de sa siluation. Les Imi)éi"iaux étaient retranchés sur les deux rives du Pô, à l'est du Mincio et de la Seccliia : Vendôme avait tenté au nord du Pô une attaque que les Autrichiens Hrent échouer en coupant les digu^ du Pô et du canal qui va de Ponte- Moiino à Ostiglia, et en mettant tout ce canton sous les eaux ( 10 juin). Vendôme s'apprêtait à reprendre, au midi du Pô, l'at* taqne manquéc au nord de ce lleuve, lorsqu'il re(;ul l'ordre de marcher en Tjrol. 11 oijeit à regret : la jonction avec l'électeur de Bavière, comme on l'a dit tout à l'heure, ne put s'etrectuer, et Vendôme revint sur les bords du Pô. Tout Tété avait été consumé dans cette infiructueuse expédition et un événement se préparait, qui allait changer la fàce de la guerre en Italie : c'était hi défection du duc de Savoie. On l'avait soupçonnée depuis longtemps : on en était nuiiitenant assuré. Victor-Amédée avait très-clairement fait entendre aux deux couronnes qu'on devait a avuir é^ard à ses intérêts : » Louis XIV parut un moment le comprendre, quoique bien tard , et lui lit insinuer l'échange de la Savoie et de Nice contre le MiUmais : le duc entra dans cette ouverture; Louis n'y douma pas de suite, de peur sans doute d'exciter les clameurs des

i^«a LOUIS XIV. Ii703j

Espagnols , qui trouvaient fort commode de regarder la Fnuioedépenser vingt mille hommes et 30 millions par an pour leur conserver le Milanais *. L'empereur sut mieux s*7 prendre et promettre le partage de ce qu'il lie pouvait conquérir pour lui aeul. Dès le mois de janvier 1703, il ftt accepter au due de Savoie ses offres secrètes; c'était le Montferrat, qu'on enlèverait au due de Mantoue pour di&tier sa rlheUim envers VBmpire , plus Alexa»* drie , Yalenza , la LoméUine et le Val de Sesia. L'automne arriva cependant sans que Victor- Amédée efit osé se déclarer; mais Louia XIV avait la certitude qu'il n'attendait que le moment favorablii. Le 29 septembro, Vendôme, sur rordro du roi, fit désarmer et arrc^ter trois mille soldats rju*' Victor -A niédée avait encore au camp français; |niis il marcha sur le Vïem<ni\ avec une partie de l'armce cl suamia le duc de livrer Turin et Suse. Le duc refusa, fit arrêter l'ambassadeur de Francd et tous les Français qui se trouvaient en Piémont, et signa son traité définitif avec l'empereur (25 octobre). Vendôme eût voulu attaquer sur-le-champ Turin; mais la fièvre des rizières et l'épizoolie sur les chevaux avaient trop ruiné l'armée pour qu'il pût tenter ce siège sans des renforts que le roi ne fut pas en état de lui fournir. U fallut ajourner l'entreprise! Vendôme établit son corps d'armée en quartiers dans TAstesan , à portée de Turin , pendant que des troupes venues de l'intérieur de la France envahissaient la Savoie; puis il retourna au camp delà Secchia.

Vendôme comptait accabler le duc de Savoie au printemps ; mais les Impériaux ne négligèrent rien pour secourir leur nouvel allié. Un iiremier détachement, lancé par Stabreuiberj^, avait été coupé et détruit sans itouvoir jzafzncr le Piémont. Stabrendjcrg se d( i ii!a à y marcher eu personne; 11 laissa un petit corps sur la Secchia et , avec tout le reste , il passa tout h coup la Secchia h la Concordia (lin décembre), gagna une ujarche sur VendAme, traversa le Parmesan et la partie du Milanais au sud du Pô; Ven- ' dôme atteignit el sabra par deux fois son an-ière- garde; mais le gros des Impériaux, au nombre de quinze mille hommes, n'en joignit pas moins le duc de Savoie sur le Tanaro ( 16 janvier 1704).

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