‹ Historie De FranceChapitre 13 sur 168 · LA U ÉVOCATION · texte numérisé non relu

LA U ÉVOCATION

coûterait pas m^inc cette goutte de sang dont purlait le roi

Le vieux chancelier Le Teilier, déjà en proie à la maladie qui devait le conduire au tombeau, rédigea d'une main défaillante la fotale déclaration» que le roi signa le 17 octobre

Louis prétendait, dans ce préambule, ne faire que continuer les pieux desseins de son alëul et de son père pour la réunion de leurs sujets à rÉglise. Il s'exprima sur YÈdii perpétuel et irrévocable de Fîenri IV comme sur un règlement temporaire. « Nos soins, M dit-il , depuis la trôvc (pic nous avons faciliU'»? à cet effet, ont € eu la On que nous nous sommes proposée, puis(iue la meilleure « et la [ilus g^rande partie de nos sujets de la religion prétendue € réformée ont embrassé la catholique, et, d'autant qu*au moyeu

< de ce, rexécution del'Édit de Nantes... demeure inutile, nous € avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux, pour effa-

< cer entièrement là mémoire des maux que cette fausse religion c a causés dans notre royaume, que de révoquer qntièrement ledit « iMii de Nantes, et tout ce qui a été fiiit depuis en faveur de la-

< dite religion. »

Suit l'ordre de démolir incessamment lous les teniiiles de ladite religion situés dans le royaume. — Défense de s'assembler, pour faire l'exercice de ladite religion, en aucun lieu , maison particulière ou fief, à peine de confiscation de corps et de biens* — Injonction à tons ministres de ladite religion, qui ne voudront pas se convertir, de sortir du royaume sous quinze jours, avec diverses ^veiurs à ceux qui se convertiront. — Interdiction des écoles particulières pour rinstruction des enfants de ladite religion. — Les enfants ([ui naîtront de ceux de ladil»' reli;^ion, seront dorénavant liaptisés par les curés des paroisses, ii peine de UOO livres (Vamcnde, et de plus grande, si le cas y échel, contre les [jarents, et srront ensuite les enfants élevés en la religion catholique. — Un délai de quatre mois est accordé aux religionnaires fugitifs pour rentrer dans le royaume et recouvrer la possession de leurs biens; ce délai passé, les biens demeureront confisqués. — Nouvelle défense atix religionnaires de sortir du royaume , à peine de galères pour les hommes et de conflscation de corps et de

1. Lettren de ui;i>Iaine de Maintenon, ajv Ihilhiore, p. 220.

2. £i utftt le 18, cuuime le Uisettt le^ hbiuricus. V. Mt;n, de Foucault, p. 21.^U

k% LOUIS II V. iim\

biens pour les femmes *. Gonfiimation des déclarations oontm

les relaps.

Un dernier article, obieiiu |ii ubablement par les représentations drs Cullierts, statue que les n-licionnaires, « atlciulant qu'il plaise à Dieu les éclairer comme les autres, pourront demeurer dans le royaume, pays et terres de l'obéissauce du roi , y coutmuer leur commerce et jouir de leurs biens, sans pouvoir 'être troublés ni empêchés sous prétexte de ladite religion K » '

L'ÉDir OB RfivocAnoK fut expédié, en toute bAte aiixgouveriieurs^ et aux intendants, sans attendi*e Tenregistrement, qui eut lieu au parlement de Paris le Î2 octobre. Les intendants furent prévenus do ne pas pcrnicltic aux minisires qui abaiidoiineraient le ro}auJiie de disposer de leui^ immeubles ni d'emmener leurs enfants au-dessus de l'âge de sept ans ; monstrueux démembrement de la famille opéré par une volonté arbitraire qui ne reconnaissait plus ni droits naturels ni droits civils 1 Ije roi reconmianda quelques ménagements envers les gentilshommes, les gros marchands et gens de manu&ctures; il ne désirait pas qu'on 8*opiniàtràt t à les faire convertir tout de suite jusqu^au dernier... par des violences considérables'. '»

Le ton des instructions ministérielles changea bien vite, à la réception des dépéclies qui fumuiiceicnl l'elTet de l'édit dans les provinces. Cet eU'el nous en apprenti plus sur la situai ion des populations draijonnées que ne pourraient faire les plus sinistres récits. L'édit qui pruscrivait le culte réformé, qui interdisait à la religion protestante de se perpétuer en lui arrachant les enfantS'' à naître, fut accueilli presque comme un bienlait par les protestans demeurés Adèles k leur croyance. Ils virent , dans le dernier article de Tédit, la fin de ht persécution , et, fiers d*avoir soutenu l'orage, ils réclamèrent la tolérance que le roi leur. promettait et réloi^;nement de leurs bourreaux. Les nouveaux convertis ^ qui, persuadés que le roi voulait forcer tous ses sujets à piofesscr sa

1. Ced fbt intenirété, qtuniaoz famines, conuM M^rluit U détcBtkm pwpé*

titelle et non la mort. Mém. de Foucault, p. 320.

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