‹ Historie De FranceChapitre 149 sur 168 · Y. ci-deMOH» p. SOS et soiTantcs · texte numérisé non relu

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inii: IM. \\S POLITIQUES DE l'ÉNEKON. 555

par la robe) doiiiiae les premiers seigrmirs, Fénclon voudrait Tindépendance réciproque des deux puissances : l'Église peut excommunier le prince; le prince peut faire taaourir le pasteur; l*Église n*a pas droit d*élire ou déposer les rois. Les ecclésiastiques doivent contribuer aux charges de l'État par leurs revenus. Le commerce dos évoques avec leur chef doit être Jihro, ainsi ([ue les conciles provinciaux. Il convient que le roi incite dos évV^tjuct) dans son conseil pour les alTaii-cs mixtes. Cette liberté que Feiiclon réclame pour les évè(jue.s, il est loin d'en vouloir faire pari aux curés, car il conçoit l'Église, connue l'État, fort aristocratique. ' n propose un plan pour déraciner le jansénisme : demander une nouvelle bulle à Rome, faire déposer les évéqucs qui refuseront de Taccepter, destituer tous les docteurs, professeurs, etc., imbus de jansénisme*. G*est là pour lui une grande hérésie qu'il faut abattre à tout prix.

Quant à la noblesse, lui attribuer toutes les charges de la maison militaire et civile du roi. Préférer partout les nobles pour les grades. Toute iioljle maison doit avoir un innjorai inaliénable, comme en Espa;.:ne. La libei té du conunerce en gros, sans déroger. Interdiction des mésalliances. D'autres mesures encore doivent être prises pour séparer et fortilier la noblesse. Les nobles doivent être préférés aux roturiers, à mérite égal, pour les fonctions judiciaires. Il faut substituer, Vk où on le pourra, des magistrats d*épée aux magistrats de robe.

Abolition de la vénalité des charges. Gorrigei* et réunir toutes les coutumes en un bon code. Peu de dispositions libres quant aux biens : la loi doit ré^^ler la transmission [irescjuc absolument. Sévère réprobation de tout cuunneree d'argent par usure, hors les banquiers dont on ne ])eut se passer ^ E.vaminer, dans les États-Généraux et Provinciaux, s'il faut abolir les droits d'entrée et de sortie. Établir des manufactures, mais sans prohibition des marchandises étrangères. Libre commerce avec les Anglais et Hollandais : la France est assez riche si elle vend bien ses blés, huiles, vins, toiles, tout ce qui sort de son sol. Bureau de com-

1. C'est précisément la marche qu^ou essaya bientôt «le suu're par ia bulte C'iit-

y nit'is.

'id. liuàhuc't il écrit u;i trait ' «laiv» k- mêuu- nvun.

tnerçants, qae Jes États et le conseil du roi consulteront sur toutes CCS dispositions générales. Espèce de montrdô^U pour ceux qui voudront commercer ef qui n*ont pas4es avances nécessaires (c'est là évidemment ce qu'il avance de plus bardi et de plus neuf; c'est le crédit donné par rÉtat). Marine militaire médiocre. Point de droits différentiels en faveur de la marine marchande *.

Les opinions politiques ou économiques du duc de Boiir.ixogiic, on en a la certitude par si^s (''n ils, qu'a inibliés son biof^rajjhe^ et par les longs récits de Sainl-Sinion, élaienl génciMlenienl conforoif s rîux propositions de Fénelon. 11 est donc iii(iLii)i(ablc que l'administration du jeune i)rincc eût été, sur la plupart des points, aux théories de Fénelon, ce qu'avait été l'administration de Louis XIV aux théories de Bossuet, avec cette difTérence toutefois que, tandis que Louis XIV avait dépassé Bossuet en fait de théorie absolutiste % son petit-fils, au contraire, demeurait en deçà de Fénelon pour ce qui regarde la liberté de l'esprit et la tolérance religieuse. Fénelon reconnaissait que t nulle puissance humaine ne peut forcer le retranchement impénétrable de la liberté du cœur », et indlnait à accorder à tous la tolérance civile Le duc de Bourgogne était fort loin de ce libéralisme. On a peine à comprendre que les fragments qu*il a laissés sur les affaires des protestants soient de la même main qui a écrit de si judicieuses et de si humaines réflexions. 11 n'y a plus là qu'esprit étroit et sectaire quant aux idées, que passion et qu'aveuglement quant aux faits. Le prince juslifie complètement la révocation de l'édit de Nantes et la pcrsérnti(jn , qu'il a[)[)elle une conduite modérée. Il part de cette maxime, « qu'un [jriuce chrétien ne peut permettre que le mai se passe dans ses états > : étouffer toute nouveauté par

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