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juauvain' foi ! Les chefs des dnig^onnades jllg•^rent néressaire de cootenix' les mauvais convertis par les exemples faits sur les opiniâtres ; de là un débordement d'horreurs par lequel on vit, comme le dit Saint-Simon , « des orthodoxes imiter contre les liérétiques ce que les tyrans païens avaient foît contre les confesseurs et les martyrs ». Tout était, en fkit, permis aux soldats , sauf le viol et le meurtre ; et encore cette restriction ne fiit-elle pas toi^'ours respectée ; d*ailleur8» beaucoup de malheureux moururent ou demeurèrent estropiés des suites des'tndtements • qu'ils avaient sul)is, et les tortures obscènes, iniligées aux. femmes, ne différaient jrii^re du dernier outrage que par une perversité plus raftinée. Toutes les inventions diaboliques des rouiirrs du moyen âge pour extorquer de l'or h Inus captifs lurent renouvelées çà et là pour arracher des convei-sions : on chaufla les pieds, on donna l'estrapade, on suspendit les patients par les extrémités; on lia de jeunes mères aux colonnes de leur Ut, pendant que leiur enfant à la mamelle se tordait de faim sous leurs yeux, c De la torture à Tabjuratlon, et de celle-ci à la communion, il n*y avait souvent pas vingt-quatre heures de distance, et leurs bourreaux étaient leurs conducteurs et leurs témoins. Presque tous les évèques se prêtèrent à cette pratique subite et inifiie*. » Parmi les ri-foruiés que l'ien ne i)ut ébranler, ceux qui encouragcai<'nt les autres à la résislaiice par i inllneficc de leur caractère ou de leur position sociale, furent envoyis a la Bastille ou dans d'autres prisons d'état ; quelques-uns furent ensevelis dans ces cachots souterrains, dans ces puits ténébreux, étouffants ou glacés, qu'avait inventés la barbarie féodale. On y jelait parfois après eux, pour en redoubler l'ii erreur, desdébhs d'animaux en putréfaction 1 L'hôpital de Valence et la tour de Constance à Aigues-Mortcs ont gardé , dans le martyrologe prolestant, une effrayante renommée. Les femmes se montrant com*' niunémcnt plus inébranlables que les honunes , les plus obstinéei
1. SftintpSimon, t. XIII, p. 116. Il va même plus loin, et accuse la plupart des évôque!» iVavoir »• anim^ bonrrciiuv -. Ce qni est certain, cVst que, comme le dit le Mémoiix» officiel prt'àculé par le luiaiâlrc Brctcuil u Louib XVi sur «l'état des protestante en France, la plus grande iwrtie da clergé, aaivant la doctrine dea jéaoitca, admit sanâ délai, sans difficulté, à la s^nte table, tout ce qui fbt traîné ans égSaea par les dragona. V. fialiiiére, p. 310.
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furent enfeririécs dans des couveiils; il s'y passa quelques ai h-s infâmes; néauiiioins cl* lut rare. Il faut le dire à riionncur d'un sexe souvent trop facile aux suggestions du fanatisme, les religieuses montrèrent beaucoup plus d'humanité et de vraie religion que les prêtres et les moines. Étonnées de voir les femmes huguenotes si différentes de Timage qu'elles s'en étaient faite, elles devinrent presque partout les protectrices des victimes qu'on leur avait données à tourmenter *. L'enlèvement des enfants mit le dernier sceau à la persécution. L'édit de révocation avait seulement statué que les enfànts à naître seraient élevés dans la religion catholique. Un édit de junvicr 1086 ordonna que les enfants de cin(| à seize ans fussent enlevés à leurs parents liéi cliijues et remis à des pareiUs calliolicpies , ou , s ils n'en avaient iias, à des catlioli(jiies dcsiîjnés par les juges^î Les forfaits que nous avons rappelés tout à l'heure pouvaient, à la rigueiu*, être rejetés sur les passions d'agents subalternes; mais ce grand attentat contre la famille et la nature retombe sur le gouvernement seul.
Avec la révocation , la dragonnade s'étendit sur toute la France, à une double exception prés. Quand on crut la grande moisson suffisamment fauchée dans le midi et dans Touest, on se mit à glaner aiUeurs. Les bataillons des convertisseurs marchèrent de province en province jusqu'à la frontière du nord , i)ortant partout la même épouvante. Metz , où les protestanti> étaient nom-