‹ Historie De FranceChapitre 152 sur 168 · Mm, de Toni, p · texte numérisé non relu

Mm, de Toni, p

660 LOUIS XIV. [ritt

« souflHraf moins dans Tautrc monde! » Puis se relevant héroïquement : « Laissons mes malheurs domestiques, continua-t-il, € et voyons à prévenir clux du royaume. Je vous remets les forces « oi le Siilut de l'Klat. La fortune peut vous être contraire. S'il « arrivuit ce malheur à l'arniée que vous coaimandez, quel seroit « votre senUiuenl sur le parti que j'aurois à prendre pour ma « personne! » Villars demeura quelques moments en silence, c Je ne suis pas étonné, reprit le roi, que vous ne répondiez pas € bien promptement. En attendant que vous me disiez votre pen> c sée, je vous dirai la mienne. Je sais les raisonnements des cour- € tisans : presque tous veulent que je me retire à Blois, si mon € armée êtoit battue. Pour moi» je sais que des armées aussi con- < sidérables ne sont jamais assez défaites pour que la plus grande « partie de la mienne ne pût se retirer sur la Somme, rivière c très-diffloîle à passer. Je compterois aller à Péronne ou à c Saint- Quentin, y ramasser tout ce que j'aurois de troupes, « faire un dernier ellbrt avec vous, et périr ensemble, ou sauver « l'État »

C'est là pi^ut-étre le jour de sa vie où Louis mérita le mieux le nom de Grand, si la vraie grandeur est surtout dans le caractère.

Villars rejoignit l'armée à la fin d'avril. Il la trouva étendue des lignes du Crinchon, prés d*Ârras, jusqu'à Eslrun, sur TEscaut, le front- couvert par la Scarpe et le Sanzet. Le gros des ennemis était sur la Scarpe, entre Douai et Ânchin. Pendant Tliiver, le maréchal de Montcsquiou, qui commandait sur la frontière, avait ruiné les ponts et les écluses du canal de Lille à Douai et comblé en partie ce canal; les conununications par eau entre* Gand et Douai s*étaient trouvées momentanément interrompues, et les ennemis, n'ayant plus que la voie de terre pour leurs charrois, avaient été relardés dans leur projet d'élablu de grands magasins à Douai. Par compensation, à la m i ilé, ils avaient bn^lé, avec des bombes, les magasins de Iburrages des Français sur ie^ n m;>arts d'Arras (2 mars). Les délais a lïec tés de r.\ngieterre en ti avèrent aussi l^ugénc, bcureusemeat pour les français, dont les res-

K M m, de VUlan, p. HOT.

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sources étaient mal assurées elles forces peu disponibles au priit* (enips.

Les négociations avaient continiié, non point entre les pléni* (lotentiaires assemblés à Utrecht, mais entre les cabinets de Versailles, de Saint-James et de rEscurial. lies Anglais avaient

pi oposi' (juG Philippe V, s'il ne voulait pas renoncer à ses droils éventuels en France, échangeât le trùnc d'Esiiauiie contre les ropuuies de Naplcs et de Sicile et les duchés de Savoie et de MantoiîP, lesquels éials, sauf la Sicile, seraienl réunis à la France, si Philippe V devenait le ehcf de la maison de Bourbon. La couronne d'Espagne passerait au duc de Savoie. La proposition était extrêmement avantageuse à la France : Louis XIV l'appuya vive» ment auprès de son petit-fils; mais Philippe V aima mieux renoncer à son ancienne patrie qu*à la nouvelle et consentit d'abandonner ses droits de succession en Pnnce. Le courrier qui portait à Londres la résolution du roi d'Espaj^^e se croisa avec un courrier anglais qui ap^jui lait à LouisXIV le consenleinenl de la reine Anne à une Irôve de deux mois, pourvu que le roi rernii lunikerque en dépAî aux Anglais jusqu'à ce que les Hollandais eussent accordé àid France un équivalent pour Dunk-^rqne. Le roi demanda quatie mois de (rêve au lieu de deux, promit le dépôt de Dunkerqiie aux Anglais, consentit d'ajouter à la cession de Terre-Neuve celle de rAcadie et de la moitié française de Ftle Saint-Christophe, et de renoncer à Landau; c'était le dernier terme des concessions. A ce prix, Louis espérait que TAngleterre imposerait ia palj à ses alliés. Le 17 juin, la reine Anne communiqua au parlement l'élat des néf,M)ciations : les deux chai)d)res répondirent {>ar des adresses favoi ablcii à la i)aix. La (pieslion essentielle était vidée avec Phili|jpe V ; quant aux garanties, le cabinet anglais demanda au roi qu:^ les renonciations de Philippe V au trône de France et des princes français au trône d'Espagne ftissent ratifiées par les États-Généraux de France. Louis XiV eût regardé Fappel aux États- Généraux comme le renversement de la monarchie : il répondit que, c l'autorité que les étrangers attribuent aux États étant inconnue en France » , i 1 promettait seulement d'accepter la renonciation de Philippe et de la faire publier et enregistrer aux parlements, afnfî.quc celles des princes iran^ais, et de révoquci- les lettres [hiU iUes .le

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