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Cm4-171fi) LA B£i9i£ AMM£ ET GEORGES 594

il les avait éridemment leurrés. Était-ce aa profit des tories? — (hiî, d'abord, mais non pas finalement; car il ne faisait rien non

plus pour forlificr les tories et les inetlre à niôine d'imposer leurs conililions à l'héritier prolcslant. Oxford n'avait soii^^c qu'à luimùmc et, depuis que la reine déclinait, il se rapprut liait on secret des whigs, des hahouriem. 'l'ories et jacobiles, BolingJiroke , Ormond, etc., se réunirent enfin pour rabiltre et obtinrent sa destitution de la reine (7 août 171 i] : il était trop tard; quelques jours après, une altaqtie d'apoplexie termina ce règne, qui avait offert un contraste si frappant c :iti < la glorieuse activité de la nation et la complète insignifiance de la personne royale ( 12 août). Ce contraste devait devenir presque normal dans le gouvernement parlementaire de la Grande-Bretagne. Les jacobitcs restèrent immobUes. Les tories se précipitèrent au-devant de Télecteur de Hanovre pour se faire pardonner le passé par leur empressement à saluer le roi George I*', La transmission de la couronne des Stuarts dans la maison de Brunsvrick s'opéra sans la moindre opposition.

Le nouveau roi d'Angleterre entra sur-le-cliaui[) en contcslalioM avec la France }itiur un objet iuiporlant, niais étranger aux intérêts du prétendant. Lcuis XIY avait accompli la plus douloureuse des tond liions de la paix : il avait lait combler le port de Dunkerque, percer les digues et les jetées, miner les écluses; mais, en détruisant les magnifiques travaux qui avaient été une des gloires de ses belles années, il n'avait pu se résigner à abandonner toute position maritime sur cette côte et il avait fait ouvrir, à Foaest de Bunkerque, en tirant vers Mardyck, un nouveau canal d'une lieue de long, capable d'abriter des vaisse.iux de quatre-vingts canons. Georges I*', à peine arrivé en Angleterre, fit * adresser de vives représentations au cabinet de Versailles, soutenant que c'était violer Tesprit du traité d'Utrecht. Le cabinet français prétendit que le canal de Mardyck n'avait pour but que d'enipéchcr la submersion du pays et de faire écouler les eaux de tinatic canaux, qui auparavant s'écoulaient par bs écluses de Dunkerque (octobre - nouiubre 1714). An roinnieiuement de l'année suivante, un nouvel ambassadeur anglais, le comte de Stairs, vint renouveler les instances de son devancier Prior avec

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uur ;î prêté arrogante qui blessa vivoinciil le roi Louis ne voulut point paraître céder à des remontrauces qui ressemblaient à des , menaces, et ie miDistre Torci inlerronipii môme les lapports diplomatiques avec Statrs; cependant les travaux de Mard^ck furent suspendus, ou au moins ralentis.

La cour de France espérait se dédommager bientôt. Les factions avaient été promptement réveillées en Angleterre par ta politique exclusive du nouveau roi. Les avances des tories avaient été repoussées, le parlement dissous, Oxford écarté avec mépris, Mariborough rétabli dans ses charges. Les whigs, rentrés en pleine possession de l'Angleterre, se déchaînaient avec fureur cuiilre le dernier ministère, qià disaient- ils , trahi les

alliés de la Grande-Bretagne et saci ilîé les intérêts nationaux par une i)aix honteuse. Des poursuites criminelles étaient entamées contre les ministres de la reine Amie, et Bolin;j;hroke était arrivé en fuyitii dans cette mùiuc France à laquelle il était apparu naguère comme l'arbitre tout-puissant de la paix. Les tories pcrsc»cutés s'associèrent aux Jacobites : Bolingbroke et ses amis entrèrent dans une vaste conspiration, qui s'étendit rapidement dans toute TAngleterse et l'Êcosse, et que le maréchal de Berwick, frère du prétendant, appuyait avec énergie à Versailles. Cette réaction devint quelque diose d*as8ez sérieux, pour que le déloyal Uarlborougb, tout couvert des bienfaits de Georges I*', crût devoir foire des protestations secrètes à Jacques III , afln de se ménager des chances à tout événement*. Louis XIV refusa aux conjurés les troupes qu'ils lui demandaient, mais leur promit uuc assis*

I. Suivant le pr^^ident Hénault [Abrégé chronol. d« VUul. de France), Loni» XIV aurait dit à lord Stiira : — Mnnsi.ur l'Hinhassadcnr, j'ai toujoni-^ été le m.iitre , M cllcz moi, quelquefois chez iea autre»; ne m uu fatleâ p<ui ^uuveuir. » Voila re affirme, d'aprte le témoficnage de M. de Ttoivl, qw ce propoe n*» poiat été tenu. Lee tni»ts historiques sont rarement authentiques. — Sur raffaire de Mardyck, v. Fla^san, llht. de la diplomatie (ninç^ute, t. IV, p. — Lamberti, (. Vlll, p. 678} t. IX, p. — Saiut-Simou, l. JUJ, p. i:i8.

S. 7. Lèmontei, MM. é» le a^mM, 1. 1*'» p. »7. Voici qoî pevt foire Juger Je la moralité de ce grand capituino. En avril 1713, il écrivait à l'éleitet'r de Hano>'re: - ^^' vous prie d'i tre persuadé que jo aérai toujours prt^t h ftp<t«er ma vie et ma tbrtuue pour vuire œrvice. En octobre de la méiue annoe, il déclarait à ua agent jeoobite qu'il aimenii aieuz avoir les main» ooupéet que de rien Uitt qnl pAiétoe pT^ttdMable aux intérêts du roi Jacques. (SliNifr< ptp«r«.)

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